Dr Arona Coumba N'doffène Diouf : « la sortie de Jules Diop est une dérive administrative regrettable et déplorable…cette justice est sélective si elle s’arrête à Karim Wade »

Ministre conseiller spécial du Président Macky Sall, le Docteur Arona Coumba N'doffène Diouf a déploré la sortie du secrétaire d'Etat chargé des Sénégalais de l’extérieur, Souleymane Jules Diop contestant la décision de démettre de ses fonctions le consul de Marseille, Mr Tamsir Faye. « Une dérive administrative… », selon lui. Il a, par ailleurs, sur la traque des biens mal acquis regretté cette accalmie depuis la condamnation de Karim Wade. Indiquant que cette justice « était sélective au cas où » les poursuites s’arrêteraient au seul fils de Wade. Entretien...


Dr Arona Coumba N'doffène Diouf : « la sortie de Jules Diop est une dérive administrative regrettable et déplorable…cette justice est sélective si elle s’arrête à Karim Wade »
La diplomatie sénégalaise est en ébullition avec l’affaire Tamsir Faye. Mais au-delà, cette sortie de Souleymane Jules Diop, secrétaire d'Etat chargé des sénégalais de l’extérieur, n’ajoute-t-elle pas le feu aux poudres ?

L’Etat du Sénégal est bien hiérarchisé, les ministres portent la mission que le Président leur a assignée et dans ce sens, celui des Affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur est souverain dans son ministère. Dans lequel, il a sous sa tutelle, le secrétaire d’Etat et toutes les autres directions y compris les ambassades et consulats à travers le monde. Le Président lui donne entière confiance, il s’agit donc à ses subordonnés dont le Secrétaire d'Etat fait partie, de suivre la ligne tracée au ministre. Le ministre peut prendre des décisions dans le sens de remplir la mission que le Président lui a confiée, il n’appartient pas au Secrétaire d'Etat qui est sous la direction du ministre, de le contredire. Toute autre chose n’est qu’une dérive administrative regrettable et déplorable.

Ces querelles sont aussi internes au parti. Le Président à Fatick a déploré ce manque de solidarité des leaders
 
Ce qui s’est passé à Fatick était la partie visible de l’iceberg. Nous avons un parti qui a fait trois ans pour arriver au pouvoir en plus des 3 années de pouvoir. Nous ne pouvons avoir l’expérience de ceux qui sont là depuis les indépendances. Et ces partis-là ont traversé bien des contraintes. Ces guerres et querelles de positionnement sont tout à fait normales. Mais on note aussi une indiscipline dans ce parti.
Quel que soit son rang, un responsable se doit d’adopter la vision politique du Président et la défendre. Le Président a aussi une grande part de responsabilité. Il devrait prendre le temps d’accompagner son parti dans la maturation. Il est absorbé par les dossiers de l’étranger etc. Le parti dans sa structuration n’a qu’un seul répondant. Le Chef de l’Etat n’a pas de numéro 2, et tout le monde veut qu’il soit l’arbitre de tous les conflits dans le parti. Il devrait déléguer des responsabilités à des personnes de confiance. Cela empêcherait ces conflits récurrents. Un parti doit être structuré, on ne peut pas avoir quelqu'un au-devant et tout le monde derrière. Ce qui s’est passé à Fatick est juste la même chose que ce qui se passe dans toutes les autres régions et départements.

Le mandat du Chef de l’Etat plusieurs fois agité, Macky Sall doit-il prendre une décision au plus vite ?

Ma position n’a pas varié, le Président a pris l’engagement durant les deux tours qu’il va réduire son mandat sans nous consulter. Je n’ai pas rencontré un responsable qui peut affirmer que le Président l’a consulté sur ce dossier là ou lui aurait demandé conseil. Donc, c’est une décision qui l’engage. Il a dit qu’il ne va pas se dédire, et ce sera entre lui et l’opinion. Mais cela m’étonnerait que cette affaire confiée à la Cour Constitutionnelle et qui a fait prêter serment pour un mandat de 7 ans se retourne pour le diminuer à 5 ans. Ce serait un coup d’état constitutionnel. A mon avis, il va renvoyer au Président sa décision du serment qu’il avait prêté.  Pour ma part, je n’ai pas été consulté pour donner mon opinion par le Président, donc tout lui incombe.

La situation de l’énergie au Sénégal est toujours en crise. Les changements apportés par le Président pourront ils sauver la face ?

Je suis ministre conseiller spécial en charge des mines, de l’environnement et de l’agriculture dans le cabinet du Président. Et nous connaissons exactement quels sont les problèmes de la SENELEC. Nous avions fait l’analyse des capacités de la SENELEC à produire de l’électricité ; et il n’y avait pas de problèmes, nous avions aussi analysé la façon dont la distribution de l’énergie était faite. Le problème majeur était donc un problème de management. On a vu aussi que beaucoup de cadres ont été affectés dans d’autres zones et leurs remplaçants n’avaient pas l’expertise nécessaire pour assurer l’intérim. Cela  a bouleversé la qualité de vie des Sénégalais. Aujourd’hui, le Président  a pris ses responsabilités, il y a un nouveau ministre qui est venu et qui a été reconnu sur ses qualités d’ingénieur et de bon gestionnaire et je l’encourage parce que nous avons bon espoir que tous ces couacs seront rectifiés.
Et au regard des projets  (3 centrales électriques et un barrage), nous avons espoir que le Sénégal et les Sénégalais ne souffriront plus de problème de délestage.
 
Sur la traque des biens mal acquis, aucune autre poursuite n’a été engagée depuis la condamnation de Karim Wade. Cette justice n’est-elle pas sélective ?

C’est ce qu’il semble être. Parce que si les condamnations s’arrêtent à la personne de Karim Wade, et ne s’étend pas aux autres, cela va donner raison à ceux qui disent qu’il y avait un acharnement contre Karim Wade. J’espère qu’il y a une continuité dans les autres dossiers judiciaires. Si cette suite n’intervient pas, cela rassemblerait à un acharnement contre une personne. Que les personnes citées répondent devant la justice et les Sénégalais. Sinon qu’on libère Karim Wade!
Jeudi 30 Juillet 2015
Dakaractu




1.Posté par tek le 30/07/2015 10:03
bien dit . voila au moins quelqu'un qui n'a pas peur de ses idées

2.Posté par cesar andrade de sa le 30/07/2015 11:12
le professeur coumba ndoffene Diouf,jules Diop a raison ils sont tous etais nomme par decre presidentiel au meme titre il ne faut jamais abuse du confiance et des prerogative du president de la republique pour sanctioner ces collaborateurs et non ces subordonnes .

3.Posté par cesar andrade de sa le 30/07/2015 11:16
LE Ministre makeur ndiaye doit recouper dabor linfo et consulter ces conseil et informer le president de la republique avent toutes decision , encore une fois dans une adminitration on ne parle pas de subordonnes ce revolu ont dis collaborateur

4.Posté par tonton le 30/07/2015 14:50
salut coumba fenecate Diouf reste sur terre il faut dire la verité je suis de l apr macky doit respecter son engagement s il le fait pas il perd c'est pas à vous de dire quoique ce soit merçi *

5.Posté par Wax Deuggueu le 31/07/2015 08:41
Waw Professeur et la place du PM dans tout votre argumentaire? Revoyez votre copie waye!



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