Dr Adrien COLY sur la crise de l’eau : « Pareille situation pouvait être évitée. De très bonnes idées existent pour soulager la conduite du lac de Guiers. »

Chargé d’enseignement, le Dr Adrien COLY est Enseignant chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Hydrologue, spécialiste en gestion de l’eau et responsable du pôle gouvernance des territoires de l’eau du laboratoire « Leidi » à la Section de Géographie, il a bien voulu décortiqué pour DakarActu, le problème de l’heure : la crise de l’eau, sa gestion, un pan de la politique hydraulique, la nécessité d’un plan B pour ne plus vivre ce calvaire…
Sans détour.


Dr Adrien COLY sur la crise de l’eau  : « Pareille situation pouvait être évitée. De très bonnes idées existent pour soulager la conduite du lac de Guiers. »
cooly

Professeur, depuis deux semaines la capitale sénégalaise vit une pénurie jamais enregistrée depuis les indépendances. Comment expliquez-vous cette situation ?

De prime abord, il s’agit d’un problème technique qui malheureusement persiste. C’est aussi le résultat d’une stratégie de développement hydraulique visant l’atteinte des objectifs de satisfaction des besoins en eau, basée sur un axe unique que constitue le transfert d’eau du lac de Guiers vers Dakar.
Cette stratégie volontariste manque d’être prudente car la question des ressources alternatives ou la valorisation des ressources d’opportunité, celle de la gestion de la demande ou celle de la sécurité en eau inscrites dans le document « Vision Nationale Long Terme sur l’Eau, la Vie et l’Environnement – Horizon 2025 » n’ont fait pas l’objet d’un traitement rigoureux.
Pareille situation pouvait-elle être évitée ?

Je pense que oui. De très bonnes idées existent pour soulager la conduite du lac de Guiers.
L’utilisation de l’eau de pluie, l’utilisation de l’eau traitée par l’Onas pour l’agriculture, le branchement des maraichers sur les forages de la nappe de Thiaroye, la sensibilisation des usagers sur l’économie de l’eau, … sont autant d’idées à explorer et à mettre en œuvre. Il faut également une démarche prospective orientée sur la gouvernance de l’eau en rapport avec les territoires.
Gérer c'est prévoir dit-on. Les régimes précédents n'ont-ils pas aussi une part de responsabilité dans tout cela ?

Le bilan reste quand même assez positif comparé à certains pays de la sous région.
Face, aux situations de déficit d’eau, la réaction de l’Etat du Sénégal et de ses partenaires a été la mise en place d’ouvrages hydrauliques de grande envergure (barrages de Diama, Barrages de l’Anambé) et de petites retenues collinaires (bassins de rétention,…) afin d’améliorer le stockage de l’eau. Par ailleurs cette maitrise s’accompagne d’efforts de mobilisation (forages) et de transfert de l’eau pour une supplémentation des zones déficitaires (ALG, Adduction Ndiosmone palmarin, Adduction Ndiocksall et branchement multivillageois).
Depuis 1992, le Sénégal s’est engagé progressivement dans la mise en place d’une gouvernance du secteur de l’eau en œuvrant sur les institutions, les instruments, les politiques et la législation.

Comment comprendre les lenteurs notées sur les travaux ?

A ma connaissance, il s’agirait d’un problème de matériel non disponible immédiatement.
Par ailleurs l’absence de plan B et la pression sociale qui y est liée amènent à une certaine forme de précipitation pour un retour à la normale. Malgré la situation, je pense que les règles de procédure en matière d’intervention sur ce type de problèmes doivent être respectées.
La gestion de cette crise a aussi laissé plus d'un Sénégalais sur sa faim. Qu'est qui devait être fait pour alléger la souffrance des Sénégalais ?

Les solutions actuelles (camions citernes,…) doivent être renforcée par une action de communication sur un plan de fourniture en eau alternée des quartiers, visible pour tout le monde. Ce qui réduirait l’impression de chaos observable dans la ville.
D'après vous existe-il une solution définitive, ou un plan B pour ne plus jamais revivre pareil cas ?

Je crois qu’un plan B devra être envisagé pour identifier toutes les crises à venir et solutions plausibles.

Combien représente le business de l'eau au Sénégal ?

Le ministère en charge de l’eau est plus habilité à répondre à cette question.

Enfin, à votre avis est-il indiqué de laisser certains secteurs vitaux, comme l'eau ou l'électricité entre les mains du secteur privé ?

Le secteur de l’eau, en tant que fondement de la plupart des activités de production et de développement, mobilise une partie des richesses du pays. Il contribue à générer des valeurs économiques et sociales. A ce titre le ministère en charge de l’eau doit être considéré comme une institution de souveraineté au regard de son implication socio politique et économique.
Le temps du ministère du développement hydraulique est révolu. Il s’agit aujourd’hui d’un véritable secteur stratégique qui doit être considéré en tant que tel.
Cependant l’expérience a montré que la gestion de l’eau faite par le privé a permis d’améliorer le service. La division actuelle du travail dans le domaine me semble pertinente. Il faudrait seulement diversifier les acteurs privés dans l’exploitation de l’eau.


Entretien réalisé par Fara Michel Dièye
Samedi 28 Septembre 2013
Entretien réalisé par Fara Michel Dièye




1.Posté par Badiane le 28/09/2013 02:03
Hormis des generalites, je ne vois aucune sulution concrete proposee par Mr Coly. Comme il l'a dit, il s'agit d'un incident technique qui ne saurait se resoudre a travers les medias.

2.Posté par JOLIE le 28/09/2013 11:09
Je suis désolé mais il a dit une chose importante: qu'il faut une alternance dans les systèmes de distribution palliative. Ce qui est important. C'est important que la population voit que l'eau est disponible tout le temps, c'est juste le gaspillage qui sera interdit. La gendarmerie et les pompiers doivent être omniprésents dans les lieux de distribution et ces derniers multipliés par 4.

3.Posté par Citoyen le 28/09/2013 11:09
Excellent. Félicitation à Dakarctu pour cet appel à des experts respectés par l'UNESCO dans leur domaine d'expertise. Seulement au Sénégal, l'Etat ne met jamais en valeur les réflexions venant des universitaires. En lisant cet entretien, je retiens 2 choses: les hommes politiques sénégalais qui fonctionnent le jour le jour, aucune perspective dans la gouvernance. Ensuite, un gouvernement qui se chargent encore la crise dans toutes les crises observées jusque là. Par ailleurs, je me demande si ces conduites d'eau ne datent pas des indépendances. Si c'est le cas, attendons à d'autres crises pour nous rendre que nous n'avons pas fait plus que le colon. C'est triste. Si c'est le cas, attendons à d'autres crises car nous ignorons les maux des secteurs qui ne le sont pas encore. Soyons sérieux, travaillons et exigeons de nos gouvernants des programmes sérieux. Ce que j'ai aimé dans cette crise, c'est l'éveil de la conscience citoyenne. C'est le grand dangers pour les gouvernants. Il faut toujours les mettre devant leur responsabilités. Sinon, ils s'enrichissent puis vont mourir en Europe et on nous ramène des cadavres de présidents. Où sont les trois président qui ont gouverné le Sénégal?

4.Posté par racine le 28/09/2013 12:11
Il faut cesser de débiter tes généralités.Va travailler pour aller au CAMES au lieu de courir derrière les projets.Vous les profs de l'ugb vous êtes des fainéants.Vous avez les salaires de maîtres de conférences sans avoir le grade.
Cessez d'arnaquer l'état

5.Posté par Un passant le 28/09/2013 12:20
racine tu connais le milieu je devine que tu es enseignant lol mais tu as raison !!!

6.Posté par Citoyen le 28/09/2013 12:35
Racine doit être un jaloux. Il me semble que vous ignorez les succès de l'UGB au CAMES. Tapez sur le NET UGB au CAMES, vous serez étonné. Il y a des Profs très jeunes à l'UGB mais très talentueux. Stp, amuses toi à voir le taux de succès de l'UGB au CAMES. Ils ont même mis en place un comité pour aider les Profs qui vont au CAMES. Ils sortent souvent avec la cote A. Si vous savez ce que cela veut dire bien sûr. Je me rappelle une certaine Penda BA, très jeun jeune mais brillante. Si tu es un intellectuel, tu auras regretté ton poste. Ton commentaire m'a fait voir le site de l'UGB. Les résultats du CAMES y sont d'ailleurs. Plus de 88 pour de réussite. Tu peux voir toi même. Le génie est une longue sueur disait Cheikh Anta si ça te dit quelque chose. Vous vous êtes trompé, je vous encourage à être plus réfléchi la prochaine fois. Lisez et vous serez grand! Il n'a y a de secret, seul le travail paie.

7.Posté par A Citoyen le 28/09/2013 14:49
Racine doit etre un mandarin de l'ucad ou un jeune bouffé par les mandarin ... Jaloux change d'univ va à thies, ugb, bambey ou zig dans ces niv tous les maitres assistants titulaires sont chargé d'enseignement (même salaire qu'un maitre de conferences)...

Exemple moi j'ai 25 ans et je suis chargé d'enseignement je gagne 1 300 000 par mois lol !!!

8.Posté par simple citoyen le 28/09/2013 18:10
Selon ma modeste connaissance, au vu des photos des conduites défectueuses, la SDE ignore le seuil critique de pression au niveau des différents nœuds de son réseau, car selon les débits, l'épaisseur des conduites et leurs diamètres, il y a une pression à respecter tenant compte des normes AWWA. La SDE doit absolument avoir un bureau chargé de la modélisation du réseau afin de pouvoir fixer les seuils de fonctionnement et prévenir les éventuels pressions transitoires. A mon avis nos ingénieurs y compris moi, sommes trop surfacique pas d'études de fond. J’espère que les experts chinois et français déployés sur le site leur feront la remarque, car le risque zéro n’existe pas quelque soit l’épaisseur de la conduite de remplacement.
Mouhamed ND/Poly
Simple citoyen

9.Posté par Pavillon F le 28/09/2013 23:04
En voila un article qui eclaire son lecteur de maniere responsable, sereine et pertinente. Je connais bien le sieur pour ses qualites intellectuelles, sa modestie et son patriotisme.

10.Posté par DEXE le 01/10/2013 09:18
Pauvre Racine, tu ne t'es pas demandé pour quoi la presse n'est pas venu te voir pour que tu te prononce sur la questions.
vete a trabajar jilipollas



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