Don de sang dans le monde : Les banques en déficit

Selon l’Oms, le don de sang volontaire et non rémunéré doit augmenter rapidement pour atteindre l’objectif de 2020. Mais la réalité fait froid dans le dos : 34 pays dépendent encore des donneurs familiaux ou même rémunérés pour plus de 75% de leur approvisionnement en sang.


Don de sang dans le monde : Les banques en déficit
Hier était célébrée la Journée mondiale du donneur de sang sous le thème «Le sang, un lien universel». Dans la réalité, les faits montrent un déficit de poches qui pousse l’Organisation mondiale de la santé (Oms) à soutenir que le don de sang volontaire et non rémunéré doit augmenter rapidement dans plus de la moitié des pays du monde pour assurer un approvisionnement fiable en sang sécurisé et destiné aux patients.  
Dans son communiqué, l’organisation insiste sur le lien qui existe entre l’humain et son sang. «Le slogan ‘’Partagez la vie, donnez votre sang’’ attire l’attention sur le rôle des systèmes de don volontaire pour encourager les gens à prendre soin les uns des autres et promouvoir la cohésion sociale», explique l’organisation onusienne. «Bien qu’il puisse y avoir beaucoup de différences au niveau externe, c’est le même sang qui circule dans nos veines», insiste Dr Margaret Chan, directeur général de l’Oms. «Le don de sang volontaire et non rémunéré est un acte qui donne la vie. C’est le plus grand cadeau qu’une personne puisse faire ou recevoir.»
Lors de cette journée, l’Oms a publié les chiffres qui montrent que des efforts doivent être faits pour remplir nos banques de sang. Elle informe qu’on collecte environ 108 millions de poches de sang par an dans le monde. Mais, dit-elle, près de la moitié d’entre elles est l’œuvre des pays à haut revenu, où vivent moins de 20% de la population mondiale. Le taux moyen de don est de neuf fois supérieur dans les pays à revenu élevé comparé aux pays à faible revenu. Cela a bien sûr des conséquences : Dans le monde, 25 pays ne peuvent pas dépister une ou plusieurs de ces infections dans tous les dons de sang à cause de l’approvisionnement irrégulier en kits de test, de la pénurie de personnel, de kits de mauvaise qualité ou d’une qualité insuffisante des services des laboratoires. Par conséquent, l’Oms encourage tous les pays à se doter de services de transfusion reposant intégralement sur le don de sang volontaire et non rémunéré.
«Aujourd’hui, seuls 62 pays assurent près de 100% de leur approvisionnement en sang au moyen des dons volontaires et non rémunérés, alors que 34 dépendent encore des donneurs familiaux ou même rémunérés pour plus de 75% de leur approvisionnement en sang», poursuit l’organisation. «Les dons de sang volontaires proviennent de tous les milieux de la société et ont une chose en commun : placer les autres au-dessus de soi, des personnes que l’on ne connaît même pas», avance Dr Ed Kelley, directeur à l’Oms du département Prestation de services et sécurité. «Chaque fois que l’on donne du sang, on accomplit un acte héroïque d’altruisme», poursuit-il.
Depuis 2004, la Journée mondiale du donneur de sang est célébrée chaque année et son objectif est d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement national en sang et d’en avoir en quantité suffisante, promouvant une augmentation sensible du nombre des donneurs sûrs, volontaires, non rémunérés et qui sont réguliers. 

Le Quotidien
Mercredi 15 Juin 2016
Dakaractu




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