Détournement de plus d’un demi milliard : Comment Pierre Edouard Diatta a siphonné Money Express

Comment Pierre Edouard Diatta a t-il réussi à pomper 510 millions de Fcfa des caisses de Money Express ? Réponse...


Détournement de plus d’un demi milliard : Comment Pierre Edouard Diatta a siphonné Money Express
Dans le cadre de l'élargissement de ses activités, la société Money Express dirigée par Meïssa Déguène Ngom a ouvert une succursale en Guinée Bissau dont la gérance a été confiée à Pierre Edouard Diatta depuis novembre 2003.
Ainsi, en sa qualité de «country manager», ce dernier a géré les activités de la boite à Bissau à travers ses deux agences Poste Bandim et Siège. A ce titre, il avait une signature sur le compte Orabank qui lui permettait de faire la compensation des différentes agences, qui est le solde entre les envois et les paiements.
Dans le courant de l’année 2015, il a été constaté que le système instaurant le plafonnement des envois d’argent a bloqué les transferts effectués par Pierre Edouard Diatta et Sérifo Baldé en raison d’un solde dû, dont le gap est chiffré à 510 millions de FCfa, par l’exploitation du logiciel Money Express qui sert à retracer toutes les opérations effectuées auprès de ses agences.
Une vérification approfondie a permis de savoir que, sur le montant du déficit, les agences Poste Bandim et Siège ont enregistré un déficit de 232,3 millions de FCfa. Sommé de justifier ce manquement, il a versé dans des explications évasives avant d’accuser le partenaire de Money Express, le député bissau-guinéen, Sérifo Baldé, d’avoir détourné cet argent.

510 millions de FCfa volés

Entendu par les enquêteurs, le Secrétaire général de Money Express, Abdou Khadim Kane, a déclaré que dans le cadre de la gestion des risques, la société avait mis en place dans le courant de mai 2015, un système instaurant le plafonnement des envois d’argent qui varie selon les partenaires. Après quelques mois de gestion, il indique que le système a bloqué les envois effectués par Pierre Edouard Diatta et Sérifo Baldé.
Des vérifications effectuées ont permis de conclure que le blocage est dû au fait que le système a détecté un déficit qui, après contrôle, s’est chiffré à 510 millions de FCfa. Abondant dans le même sens, le Directeur financier de ladite structure a précisé qu’à la suite du blocage du système, il a été requis par la Direction, à l’effet de mener un audit interne. Il a précisé que ce contrôle a d’emblée révélé un dysfonctionnement inhérent au fait que les envois d’argent sont nettement supérieurs aux paiements.
Le calcul de toutes les émissions et paiements, fait sur la base de l’exploitation du logiciel de Money Express qui retrace toutes les opérations des agences, a permis de faire la distinction entre les agences Bandim et Siège, gérés par Pierre Edouard Diatta, et des autres agences de Sérifo Baldé et de dégager enfin le solde de la compensation.
De ces calculs, il ressort, selon l’auditeur, que le solde global sur le principal est de 551,4 millions de FCfa et 33,1 millions de FCfa en solde de commission qui leur sont dus. Sur ce total, le vérificateur dit avoir découvert que les agences de Sérifo Baldé représentent 289,5 millions de FCfa en principal et 5,6 millions de FCfa en commission.
En ce qui concerne les agences gérées par Pierre Edouard Diatta, le solde en principal représentait 261,9 millions de FCfa et la commission, 27 millions de FCfa. Quant au compte principal, il a enregistré des entrées de fonds de 1,147 milliards de FCfa et des sorties de 1,141 milliards de FCfa, soit un solde de 6,2 millions de FCfa. Sur le principal de 261,9 millions de FCfa, l’auditeur dit avoir défalqué les montants de 6,2 millions de FCfa représentant la différence entre les entrées et les sorties du compte et 23,3 millions de FCfa, représentant le surplus versé dans le compte commission ; ce qui fait ressortir un manquement injustifié de 232,3 millions de FCfa, imputé à Diatta.

Pris, Diatta «vend» le député Sérifo Baldé

Au cours de son interrogatoire, ce dernier a confirmé ce trou avant de confier que les chiffres produits par l’auditeur correspondent aux relevés de compte que la banque Orabank a envoyé à la finance, avant de prétendre avoir découvert ce manquement comme tout le monde. Cependant, il a laissé entendre que ce déficit devrait être en partie imputé au partenaire de Money Express à Bissau, Sérifo Baldé, qui, à l’en croire, aurait détourné un montant avoisinant 60,5 millions de FCfa qu’il a injecté dans ses propres agences.
Il soutient qu’il n’était pas en mesure d’empêcher ce dernier de commettre ces actes puisqu’il était affecté Bissau en qualité de «country manager» et non comme gérant.
Ainsi, il a tenté de dégager toute sa responsabilité par rapport à ce manquement noté, en soutenant sans convaincre que c’est Sérifo Baldé qui cumulait les fonctions de gérant de Bandim et Siège en plus de ses propres agences. Il a fait croire que seul ce dernier serait en mesure de justifier la destination des fonds manquants, non sans l’accuser de les avoir utilisés à des fins personnelles.
Seulement, des données exploitées par la Division des investigations criminelles (Dic) ont permis de constater plusieurs virements effectués par Diatta au profit de tierces personnes établies au Sénégal, notamment son épouse. Interpellé sur toutes ces différentes sommes d’argent envoyées en son nom, il a souligné que la plupart des bénéficiaires sont ses parents ou amis.
Jeudi 7 Janvier 2016
Dakaractu




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