Détournement de 311 millions à la SGBS : L’agent de sécurité suspecté risque 3 ans

Un agent de sécurité à Dakar intérim service (DIS) chargé d’alimenter des Gab (Guichet automatique bancaire) de la SGBS encourt une peine de trois ans ferme. Ibrahima Khalilou Coly, nom du prévenu, est accusé d’abus de confiance portant sur 311 millions de francs CFA. En prison depuis janvier 2016, il sera édifié sur son sort le 18 mai prochain.


Renvoyée plusieurs fois, l’affaire de détournement survenue à la Société générale de banques au Sénégal (SGBS) dans laquelle est impliqué un agent de sécurité a été finalement plaidée la semaine dernière. Le parquet a requis une peine de trois ans contre l’agent de sécurité de Dakar intérim service (DIS) Ibrahima Khalilou Coly. Celui-ci est poursuivi pour abus de confiance portant sur la somme de 311 millions de francs CFA issus des Gab (Guichet automatique bancaire) de Yoff et Almadies qu’il était chargé d’alimenter. C’est la raison pour laquelle le conseil de la banque a réclamé le remboursement de cette somme et que la société DIS soit tenue comme garant. Une demande contestée par l’avocat de la société. Me El Hadj Basse a demandé que celle-ci soit mise hors de cause. Mieux, il a contesté le rapport vu que DIS a fait état d’un manquement de 125 millions CFA seulement. C’est pourquoi il a demandé, au cas où la société serait déclarée civilement responsable, qu’elle paie la somme de 70 millions uniquement vu qu’elle a déjà versé un acompte de 55 millions. Il a demandé que cette somme soit versée par l’assurance. Qu’à cela ne tienne ! semble rétorquer Me Mamadou Guèye Mbow, conseil de « Sunu assurance » qui estime que l’assurance doit être mise hors de cause. Comme argument, il a soutenu que les conditions de détournement de deniers publics ne sont pas prévues par le contrat d’assurance. Le dernier mot revient aux juges qui rendront leur délibéré le 16 mai prochain.
 
Les faits reprochés à Ibrahima Khalilou Coly remontent entre août et décembre 2016. Les responsables de la SGBS s’en sont rendu compte en découvrant plus tard une différence entre le solde physique et le solde comptable. Attrait à la barre de la première chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar en février dernier, Coly a reconnu les faits. Mais il a avoué avoir détourné 200 millions de francs là où ses supérieurs parlent de 125 millions de francs. Pour se dédouaner, l’agent de sécurité a imputé le manquant à un « djinn » qui lui est apparu sous la forme d’une femme blanche.
Selon ses explications, il l’avait rencontré un jour, lorsqu’il avait quitté le GAB de Ouakam pour alimenter celui des Almadies qui était à cours de provision. Arrivé à hauteur du monument de la Renaissance, il a été intercepté par une dame blanche, « elle m’a appelé par mon prénom et cela m’a beaucoup surpris, mais néanmoins, je me suis arrêté pour lui parler. Au cours de la discussion, elle a posé la main sur le coffre de ma moto qui contenait l’argent ». Toujours selon ses dires, à son arrivée, il a découvert un manquant de 1,8 million bien que le coffre ait été bien scellé. Depuis ce jour, dit-il, il est à la merci de la supposée dame blanche. « A chaque fois que je devais alimenter les GAB, elle m’appelait avec un numéro privé pour me demander de déposer l’argent quelque part. Parfois, elle me donnait des ordres à travers mon rêve. Tant que je ne faisais pas ce qu’elle me demandait, je n’étais pas en paix, j’étais comme possédé », avait laissé entendre Coly. Il aurait demandé à ses supérieurs de le détacher de cette tâche mais ils ne l’ont pas écouté. « Il a fallu que mon frère me prépare des bains mystiques pour que je retrouve mes esprits », a-t-il conclu. A peine a-t-il fini sa déposition que le maître des poursuites a rejeté cette thèse. Toutefois, même s’il a tenté de se réfugier derrière ce djinn, le prévenu a confessé avoir posé des actes de malversation.
« Lorsque je devais alimenter le GAB, je faisais une double ou triple commande. Le surplus de l’argent, je le cachais dans un coin du GAB pour m’en approprier ensuite », a-t-il avoué. A la fin de l’instruction d’audience, le juge correctionnel avait renvoyé les plaidoiries au 6 février. Mais entre-temps, le dossier a fait l’objet de plusieurs renvois.
EnQuête
 
Mardi 18 Avril 2017
Dakar actu



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