Des droits de l'homme aux droits à l'omelette


Des droits de l'homme aux droits à l'omelette
Le discours à rationalité pyromane sur fond de rhétorique bancale dont sont porteurs certaines personnalités reconverties entièrement à la fonction de politicien est plus dangereux à la République et à ses citoyens que tous les manquements, dans l’affaire Dias, jusque-là évoqués. En écoutant le Président de la Raddho s’exprimer dernièrement sur l’affaire Dias, on ne peut pas s’empêcher de se demander si finalement il ne fait pas une confusion entre les droits de l’homme et le droit à « l’omelette ». L’absence de retenue et de discernement dans ses analyses inquiète tout esprit averti quant au respect de chacun de la place qui doit être la sienne en toute chose. Le parti pris flagrant de part et d’autre de certains acteurs politiques est effarant. Depuis des années, tout le monde a vu des milices armées et en tenue qui défilent et paradent sans que jamais le débat politique s’en empare. Ce n’est pas parce que ce débat-ci donne droit à une part de l’omelette étatique en cas de victoire qu’il ne faut pas combattre le mal en s’attaquant à la racine. Les acteurs politiques fuient les vrais débats au profit de palabres qui leur donnent leur part de « l’omelette présidentielle ». Il faut ainsi parler, car pour ces acteurs politiques le pouvoir équivaut à un partage de gâteau. Ce qui ne devrait jamais être le cas. Dans quelle démocratie au monde M. Tine a vu une police capable de prévoir tous les cas d’agression ? Que sont devenues les armes découvertes au siège de la Raddho qu’a évoqué le faso.net sur son site, le 20 juillet 2007 ? Tout le monde se rappelle la violation du droit dont M. Tine a fait acte en s’opposant à la volonté du Procureur d’en savoir un peu plus. Ce n’est pas parce que ces gens-là ignorent le droit que leur ignorance doive dicter les règles de conduite à adopter en matière de justice. On ne sait même plus s’ils sont les représentants d’une organisation non gouvernementale ou s’ils ne sont que des politiciens masqués et avides de pouvoir. En vertu de quoi M. Raddho se permet-il d’accuser la police qui a bien fait son travail ? S’il faut trouver un quelconque manquement de la part de la police, il faut la chercher dans la légèreté, compréhensible par ailleurs, avec laquelle Dias a été arrêté. La police a mis la vie de Dias en danger en lui permettant de se pavaner jusqu’à des rassemblements publics, alors qu’il venait d’avouer, évidemment, un crime. La police a plusieurs fois donné à la famille de Ndiaga Diouf l’occasion de se venger à chaque fois que Dias est sorti de la voiture qui le transporter. On aurait vengé Ndiaga à une de ces occasions, la police serait entièrement responsable. Mais comme la famille de Ndiaga est assez éduquée pour se faire justice elle-même, on ne peut que faire des reproches à la police, mais on ne peut pas la condamner outre mesure. En revanche, l’attitude de certains maires est condamnable.

Quand des Maires violent le code pénal

L’occupation de la municipalité de Mermoz par les Maires, afin de rendre impossible la perquisition exigée par le commissaire central, est une obstruction à la justice et une violation sans ambages du code pénal. Comment peut-on réclamer justice et faire, en même temps, obstruction à cette même justice ? Leur acte peut être retenu contre Dias, si la justice ne parvient pas à mettre la main sur l’arme du crime. Une arme dont l’absence n’est plus déterminante, compte tenu des aveux filmés du concerné. En tout état de cause, ce n’est pas l’esprit de justice qui a commandé le carnaval haut en couleurs des maires qui ont illégalement empêché la justice de faire son travail, mais plutôt un esprit de reconquête du pouvoir. Ce n’est pas parce que certains de ces Maires, les plus zélés, doivent leur existence professionnelle à leur seul mandat qu’ils ont pu décrocher grâce au Benno que ce statut leur donne le droit de violer la loi au seul nom de leur survie politique et financière. Il suffit juste de voir la personne qui a été désignée comme leur porte-parole pour comprendre que même l’argument de l’âge que brandit l’opposition pour rejeter la candidature de Wade n’est pas sincère, car ce porte-parole doit être de la même génération que Wade. Quand on choisit d’être Maire, on doit se donner les moyens intellectuels et politiques de connaître sa fonction, avant d’accuser d’honnêtes gens. Si certains des Maires qui critiquaient le commissaire central avaient au moins aussi travaillé individuellement que ce dernier, il y aurait eu moins de boucan dans cette affaire. Certains de ces Maires ont échoué dans leur formation individuelle alors que leur Parti, à l’époque au pouvoir ou pas, leur avait illégalement donné tous les moyens pour réussir. Récupérés et émancipés par des privilèges politiques, ils promettent aujourd’hui de brûler le Sénégal si la situation ne leur est pas favorable. Que seraient devenus certains de ces gens en dehors de la politique ? Que faisaient-ils comme travail ? Ils devraient plutôt aller apprendre les bases minimales du droit et cultiver un minimum de probité morale et d’intégrité intellectuelle afin d’acquérir un esprit de discernement qui leur évitera de perpétrer la faute qu’ils viennent de commettre et les empêchera de se déclarer pyromane de la république.

La valse des pyromanes déclarés de la République

Ceux qui promettent de mettre le pays à feu ne doivent pas avoir quelque chose à perdre. À chaque élection résidentielle, tout le monde parle d’élections historiques sans pour autant que les gens comprennent en quoi un rendez-vous démocratique aussi normal a quelque chose de particulièrement historique. Mais lorsque le vrai débat démocratique est éclipsé, des acteurs sans aucune connaissance de l’État ne peuvent que s’accrocher à une valse de slogans de mauvais goût et à une rhétorique politique de bas étage. Chacun promet de divulguer des secrets, de sortir des CD, de mettre la République à feu. Une telle attitude relève de l’irresponsabilité et constitue la preuve palpable d’un manque de probité morale. Ils ne menacent de chambouler la République que lorsque leurs intérêts sont menacés, mais jamais lorsque le droit d’autrui est bafoué ou les droits du citoyen sont violés. Observez bien ceux qui menacent de brûler la République. Ce ne sont jamais d’honnêtes citoyens qui font preuve d’exemple de réussite individuelle. S’ils ont osé prendre la parole aujourd’hui et menacer de brûler le pays, c’est parce qu’ils ont été émancipés par un pouvoir politique grâce auquel ils ont changé de niveau de vie. Il suffit de jeter un regard sur la pluralité de candidats qui veulent briguer la magistrature suprême pour se rendre compte à quel point le jeu démocratique est devenu un bordel politique : un jeu circonscrit dans une spirale de lâcheté, de trahisons, de combines, de transhumances devenues règles de jeu politique. Même dans certaines familles, la politique est devenue une entreprise en tant qu’unique facteur d’émancipation pour des hommes sans vergogne, sans honte. Ce sont ces mêmes gens qui plongent dans un mutisme perfide lorsque la République a vraiment besoin de leur voix. Ce sont eux qui minimisent les dérivent les plus graves, qui ne se prononcent jamais sur les corporatismes les plus condamnables qui soient. On peut lire dans la presse la voix des enseignants d’un tel Parti, la voix des universitaires d’un tel autre Parti, comme si un Parti devait avoir des fonctionnaires recrutés et payés par l’État. Tout s’amalgame et tout est acceptable tant qu’il ne s’agit pas de faire perdre des sous à un acteur politique. Les dérives républicaines sous Wade ont commencé le soir où il a prêté serment. Il fallait voir tous ceux qui étaient dans les tribunes lorsque Wade violait la Constitution en chantant l’hymne africain à la place de l’hymne national. Certains avaient leur chapelet, d’autre étaient dans leurs idées et d’autres encore rêvaient déjà de leur part de « l’omelette » présidentielle qu’ils allaient partager. Aujourd’hui, certains parmi eux osent parler de la candidature anticonstitutionnelle de Wade. Leur attitude d’hier fait qu’ils ne sont pas crédibles malgré leur exercice subjectif aux principes du droit sur fond de menace du Conseil Constitutionnel. Ils pensent que les membres de ce Conseil sont comme eux, en ignorant qu’il n’y a rien que Wade puisse donner de plus à ces honnêtes gens qui dépasserait ce qu’ils ont déjà eu grâce à leur probité morale, leur réussite professionnelle et leur intégrité intellectuelle.
Lorsque les Sénégalais auront besoin d’une vraie République et de vrais acteurs politiques, ils commenceront par s’affranchir d’un certain type de politicien et commenceront par cultiver un certain type de citoyen. Cette culture politique n’adviendra pas avec la naissance d’un homme nouveau. Le droit et l’esprit du droit sont les seules voies d’une démocratie responsable et les garants d’un équilibre social.



Wagaan Jon
Samedi 31 Décembre 2011
Wagaan Jon




1.Posté par et après le 31/12/2011 01:18
et après, tu ne sais rien, rien de nouveau. c'est le temps de la réaction.

2.Posté par et pourtant le 31/12/2011 12:42
excellente analyse je crois cette que cet article devrait faire penser notre peuple. la politique est devenue du n'importe quoi dans ce pays. franchement merci et bravo

3.Posté par jb le 31/12/2011 12:48
wagaan jon, fallait écrire en ouolo!

4.Posté par abdou gueye le 31/12/2011 17:53
en tout wagaan a bien analysé la situation

5.Posté par DEUGG LA VERITE le 31/12/2011 20:29
Belle analyse , BRAVO.



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