Délibéré de la Crei : Tahibou N'diaye et sa bande retiennent leur souffle

Sauf possible report de dernière minute, c’est aujourd’hui que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) fixera Tahibou N'diaye et sa bande sur leur sort. L’ancien directeur du Cadastre encourt 5 ans de prison ferme alors que ses complices, en l’occurrence son épouse et ses deux filles adoptives, risquent 2 ans de prison avec sursis.


Délibéré de la Crei : Tahibou N'diaye et sa bande retiennent leur souffle
C'est aujourd’hui que la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) dont le président est Henry Grégoire Diop va donner son verdict sur l’affaire Tahibou Ndiaye.
Ancien directeur du Cadastre, Tahibou Ndiaye, poursuivi pour enrichissement illicite portant sur près de 4 milliards de francs Cfa, encourt 5 ans de prison ferme si toutefois le maitre de céans suit à la lettre les réquisitoires du maître des poursuites. Ses complices, en l’occurrence son épouse Ndèye Aby Diongue et ses deux filles adoptives Mame Fatou Thiam et Ndèye Rokhaya Thiam, risquent chacune 2 ans de prison avec sursis.
En effet, lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public, après avoir fait l’exposé des motifs de culpabilité des prévenus, a requis 5 ans de prison ferme contre Tahibou Ndiaye. Ce, en sus d’une amende de 3,94 milliards de francs Cfa et la confiscation de tous les biens pour les- quels il a été attrait devant la barre.
Concernant les complices, il a requis contre elles la peine de 2 ans avec sursis, une amende de 3,94 milliards de francs Cfa pour chacune ainsi que la confiscation de tous leurs biens pour lesquels elles ont été attraites devant le prétoire. En outre, le maître des poursuites a demandé au tribunal de fixer la contrainte par corps au maximum.
L’Etat du Sénégal, partie civile dans cette affaire, a réclamé la rondelette somme de 3 milliards de francs Cfa en guise de dommages et intérêts. Les avocats de l’Etat estiment que les juges ont des éléments probants pour entrer en voie de condamnation car, les faits reprochés aux prévenus ne souffrent d’aucune contestation.
Pour eux, les biens des prévenus ont été acquis de façon anormale voire illicite. D’autant plus que l’auteur principal se réfugie derrière les dons pour justifier son patrimoine. L’un des avocats de l’Etat ne s’était même pas gêné de dépeindre l’ancien directeur du Cadastre et sa bande comme «de véritables prédateurs sans scrupules qui se sont accaparés de tous les biens de l’Etat». D’après lui, on a fait de Tahibou Ndiaye, le premier géomètre du Sénégal mais, il a profité de sa position pour spolier les terres du Sénégal.
«Le Sénégal ne mérite pas cela, il faut qu’on fasse attention, et qu’on gère autrement nos biens. Le mauvais comporte- ment d’un fonctionnaire impacte beaucoup sur la crédibilité de notre pays. Quand il y a impunité cela crée un désordre. Notre souhait est que ce procès puisse servir de sonnette d’alarme pour les autres fonctionnaires de l’Etat du Sénégal», a avait déclaré l’ancien bâtonnier Moussa Félix Sow. Son confrère, Me Yérim Thiam avait abondé dans le même ordre d’idées pour dire : «la place de Tahibou Ndiaye et sa famille, c’est à la prison de Rebeuss».
«Faux», avaient répliqué les avocats de la défense qui ont soutenu que l’Etat du Sénégal est incapable d’établir un préjudice matériel ou réel qu’il a subi dans cette affaire. Donc, sa constitution de partie civile est irrecevable.
«C’est une hérésie que l’Etat réclame 3 milliards de francs Cfa», avait fulminé Me Abdourahmane Sô. Les conseils de Tahibou Ndiaye ont ainsi sollicité la relaxe pure et simple de leur client. Henry Grégoire Diop nous édifiera, aujourd’hui.
Lundi 9 Novembre 2015
Dakaractu




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