De l’arrestation injuste à la déportation au Gabon et ses résidences surveillées au Sénégal

A cause de son influence considérable vis-à-vis de ses talibés, le fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, accusé de menaces de troubles à l’ordre public, a été arrêté puis exilé au Gabon, suite à la décision du conseil privé du 05 septembre 1895 à Saint-Louis.


De l’arrestation injuste à la déportation au Gabon et ses résidences surveillées au Sénégal
Le prestige de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, après la mort de son père, ne cessait de grandir avec la marée de personnes venant de partout du pays pour lui faire pacte d’allégeance. En effet, cette situation a suscité une jalousie chez l’autorité coloniale au point qu’elle doutât sur son propre sort.
A cet effet, la réunion du conseil privé, qui s’est déroulée dans les locaux de la gouvernance de Saint-Louis du Sénégal, le 05 septembre 1895, a pris la décision d’exiler le Cheikh au Gabon dans des conditions climatiques extrêmement difficiles. Et ce, suite à une correspondance faite en date du 29 août de la même année par le directeur des affaires politiques, Merlin, pour faire part au gouverneur du Sénégal, L. Mouttet, qu’un marabout dénommé Ahmadou Bamba jouissait d’une influence considérable et menaçait, de par ses agissements, de troubler la tranquillité dans le Ferlo, le Cayor, le Baol et le Diambour.
En plus, il est en train de suivre les traces des marabouts comme Maba Diakhou Ba, Ahmadou Cheikhou et Mamadou Lamine Dramé qui avaient pris les armes contre le colonialisme.
Cependant et en réalité, le Cheikh n’a jamais eu l’idée de combattre militairement les français si l’on sait que l’homme de Dieu interdisait même que l’on tue le moindre être vivant qui soit sur terre. Donc tout cela n’était que des accusations dénuées de tout fondement et fomentées par des gens mal intentionnés doublés d’une jalousie incommensurable par rapport à la renommée grandissante du Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, le fondateur du Mouridisme.

Les étapes de l’exil et les résidences surveillées du Cheikh

Après la décision du conseil privé convoqué par le gouverneur du Sénégal, L. Mouttet, le Cheikh devait, en effet, quitter son terroir qu’il aimait tant pour Gabon. C’est ainsi que le 21 septembre 1895,il fut embarqué à bord d’un navire de la marine marchande dénommé «Ville de Pernambouc» à ne pas confondre avec le Cap Lopez comme le pense d’aucuns, pour un exil qui allait durer plus de sept ans. Cette étape du Gabon, où il vivait dans de mauvaises conditions climatiques inhumaines, a été marquée par des visites remarquables dont celle de son frère cadet, Mame Cheikh Anta Mbacké, en septembre 1899.
Le 11 novembre 1902, à bord de la «Ville de Macéio», Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké signa son retour d’exil au Gabon avec beaucoup de succès et de célébrité. Mais, cette situation inquiétait encore une fois l’autorité coloniale qui n’a pas hésité, une seule fois, à faire subir au fondateur du Mouridisme une autre injustice pareille que la première, en le déportant, cette fois-ci, après seulement un an de répit, en Mauritanie, auprès de Cheikh Sidia. Mais avant de rendre à Sout El Ma, il donna des recommandations à deux de ses frères cadets à savoir Mame Thierno Birahim Mbacké communément appelé «Borom Darou» et Mame Cheikh Anta Mabacké, «Borom Gawane».
«Les ‘’talibés’’ (disciples) qui veulent lire ou écrire en arabe n’ont qu’à s’adresser à Mame Thierno. Et ceux qui veulent travailler sans rien apprendre, qu’ils aillent auprès de Mame Cheikh Anta», s’est confié le Cheikh. Qui ajoute tout de même «celui qui ne veut rien des deux recommandations, que celui-là soit chassé du ‘’daara’’ (école coranique)».
A Sout El Ma, malgré l’affluence des talibés qui viennent de partout pour leur guide religieux, et les craintes que cela avait suscité au niveau des autorités coloniales du Sénégal, les témoignages du commissaire du gouvernement général en territoire civil de la Mauritanie ont fait l’objet d’un jugement très positif par rapport à l’attitude du Cheikh dont les autorités coloniales n’ont jamais cessé de ternir.
Le 06 mai 1907, il est mis fin à l’exil dit mauritanien du Cheikh qui sera emmené en résidence surveillée à Thiéyène, une localité située près de Louga, au Sénégal. Dans ce patelin, l’homme de Dieu recevait constamment des visites de chefs coutumiers, de marabouts et de simples gens venant lui apporter des cadeaux composés, entre autres, de chevaux, de chameaux, du mil et de l’argent.
Toujours inquiète, l’autorité coloniale l’envoya pour une dernière fois en résidence surveillée, à Diourbel, en janvier 1912, où celui qui est considéré comme la plus grande figure emblématique de son siècle dans la religion musulmane, en l’occurrence, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, est rappelé à Dieu, le 19 Juillet 1927, après avoir porté haut, en mains de maître, le flambeau Islam.
Jeudi 3 Décembre 2015
Dakaractu




1.Posté par Omar thiam le 04/12/2015 08:23
Dieuredieuf serigne bamba

2.Posté par Observateur le 08/12/2015 20:12
J'invite les Mourides qui prétendent que l'arrestation de Bamba était "injuste" à dire publiquement, au Sénégal, "Je ne reconnais d'autre autorité que celle d'Allah".






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