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«De 10 milliards en 2003, aujourd’hui je n’ai que 3,5 milliards dans mon compte»


«De 10 milliards en 2003, aujourd’hui je n’ai que 3,5 milliards dans mon compte»
Durant son règne, Abdoulaye Wade aurait enrichi tous ses proches, sauf Samuel Sarr. C’est ce que ce dernier a avoué lors de son audition par les gendarmes-enquêteurs. Selon lui, son passage au gouvernement durant cette dernière décennie l’a beaucoup appauvri.
La Section de recherche de la Gendarmerie basée à Colobane a bien eu la surprise d’auditer un ancien ministre qui s’est évertué à se montrer pas comme les autres que l’opinion «accuse» d’enrichissement illicite. Il s’agit de Samuel Sarr. Le prédécesseur de Karim Wade à la tête du département de l’Energie a tenté d’amener les gendarmes-enquêteurs à comprendre que son mentor, Abdoulaye Wade qu’il chérit tant, l’a «appauvri» durant cette dernière décennie. «Mais comment est-ce possible pour un chef d’Etat qui se glorifie d’avoir créé beaucoup de nouveaux riches?», se demande-t-on. Le procès-verbal de son audition du 1er juin en dit long. D’abord, Sa­muel Sarr aurait reçu la convocation à 11h pour un rendez-vous avec les enquêteurs prévu à 16 h. Ce qui ne l’a pas empêché de déférer en s’y rendant discrètement. Le capitaine Mboup et ses hommes l’ont interrogé pendant 2h 30mn. L’audition a porté sur sa fortune et sur son origine. Celui qui se surnomme «Wadiste éternel» a soutenu que le soutien volontariste qu’il apportait à Wade, l’a appauvri au fil des ans. Pour justifier ses propos, Samuel Sarr a renvoyé les gendarmes à son enquête de moralité réalisée par les services officiels de l’Etat lorsqu’il devait être nommé Directeur général de la Senelec. A cette date, a-t-il indiqué aux pandores, son compte bancaire était crédité de 10 milliards de francs Cfa. Et comme biens immobiliers, il disposait, dit-il, à l’époque, «d’un appartement à Paris, un autre à Londres, cinq villas en Gambie, une villa à Fann-résidence, une villa au Point E». En termes de patrimoine foncier, Samuel Sarr déclare détenir «un terrain aux Almadies, un autre en début de construction à Cambérène et une parcelle à Touba». Cette dernière lui aurait été offerte par le défunt Serigne Saliou Mbacké, khalife général des mourides de l’époque. Outre ses biens immobiliers, Samuel Sarr avoue avoir «une société de fabrication de serviettes hygiéniques en Namibie».

UNE DEPENSE DE 18 MILLIARDS DE FRANCS CFA
Le temps semble lui démontrer que les affaires ne sont pas toujours compatibles avec l’exercice du pouvoir politique, à moins de faire dans le népotisme ou dans le conflit d’intérêts. Le collaborateur de Wade a soutenu devant les gendarmes-enquêteurs que son compte est aujourd’hui crédité de 3,5milliards de francs Cfa. Le procès-verbal renseigne qu’il a vendu ses villas «du Point E, de Fann-résidence et ses appartements de Paris et de Londres». Cependant, Samuel Sarr a pu «construire une autre maison aux Almadies», celle qu’il occupe présentement.
Pour maintenir le lien avec la capitale religieuse de Touba, Sa­muel Sarr a également révélé y avoir construit un toit sur le terrain que lui avait offert le défunt khalife. En outre, le «Wadiste éternel» affirme avoir bâti une nouvelle villa pour sa femme, en Gambie. Quant à sa société basée en Namibie, il a confié l’avoir finalement cédée à 18 millions de dollars. Tout pour indiquer aux en­quêteurs que le pouvoir l’a appauvri. Dans la mesure où son patrimoine se serait rétréci comme peau de chagrin. Au total, Samuel Sarr soutient avoir dépensé «près de 18 milliards» au Sénégal, entre 2002 et 2012. C’est à croire que l’Etat ne lui a pas assuré un minimum de conditions de travail dans l’exercice de ses différentes fonctions de Directeur général de la Senelec, de ministre de l’Energie et de conseiller financier du chef de l’Etat. Le Libéral a fait savoir aux enquêteurs que, durant tout le temps où il a occupé des fonctions publiques, jamais l’Etat ne lui a payé «un loyer pour son domicile», encore moins lui avoir fait jouir «d’une maison de fonction». Il s’est défendu de n’avoir jamais touché un salaire, «ni de l’Etat du Sénégal, ni de la Senelec».

AUTO-PRISE EN CHARGE DE SON CABINET
Samuel Sarr a indiqué qu’il payait de lui-même «l’appartement» qu’il occupait en ville quand il dirigeait la société d’électricité, «à raison de 2,5millions de francs Cfa par mois». Et cet appartement était le bien im­mobilier «de l’homme d’affaires Yérim Sow». De la même manière, il s’acquittait de «ses factures d’eau et de téléphone». Mais ce déballage était encore insuffisant pour convaincre les enquêteurs. Samuel Sarr de poursuivre donc en soutenant qu’il n’a jamais «reçu de frais de mission lors de ses déplacements». Avant de faire remarquer que «seules la Senelec et la Société africaine de raffinage (Sar) ont eu à engager des billets d’avion» pour lui dans le cadre de «missions qui les concernent».
Par contre là où il est difficile à croire, c’est quand l’ancien ministre de l’Energie a souligné devant les «Bérets bleus» qu’il prenait en charge «les salaires du personnel de son cabinet». Or, il est de notoriété publique que tout bud­get d’un ministère contient une ru­bri­que de dépenses dénommée «fonctionnement du Cabinet». Mais Samuel Sarr a juré d’en n’avoir pas joui. Qu’à cela ne tienne, il avoue avoir dépensé sans compter ses propres fonds quand il s’agit de soutenir l’action politique de son mentor, puissant chef d’Etat de l’époque, Abdoulaye Wade.
Par conséquent, la clameur des audits le laisse «serein», se vante-t-il. En effet, Samuel Sarr assure qu’il n’a pas de souci à se faire à ce niveau. D’autant qu’il rappelle avoir reçu «des missions d’audit d’Electricité de France (Edf) et du cabinet Mc­Ken­zie». Mieux, quand Karim Wade lui avait succédé à la tête du ministère de l’Energie, il n’avait pas hésité à lui «envoyer différentes missions d’audit». Il a nommé «l’Inspection générale d’Etat, la Cour des comptes, l’Autorité de régulation des marchés publics (Arpm)», qui se sont penchées sur sa gestion à la Senelec et au ministère de l’Ener­gie. «Au bout du compte, aucun grief n’a été retenu moi», se réjouit-il.

L’INCULPE DE LA CENTIF
Cependant, la seule structure qu’il reconnaît l’avoir épinglé reste la Cellule nationale du traitement de l’information financière (Centif). Samuel Sarr avoue que la structure qui veille sur le blanchiment d’argent au Sénégal lui reproche d’avoir «échangé en devises étrangère, différentes sommes qui font un montant total de 110 millions de francs Cfa». D’ailleurs, le Rapport avait été transmis au procureur de la République. D’après M. Sarr, le Parquet l’avait imputé au Doyen des juges de Dakar pour ouverture d’une information judiciaire. «J’avais été inculpé dans cette procédure, mais j’avais fini par obtenir un non-lieu», savoure-t-il. Ce faisant, à la fin de l’audition à la Section de recherche de la gendarmerie, le «Wadiste éternel» a promis aux enquêteurs de mettre à leur disposition «la décision du juge d’ins­truction», son «enquête de mo­ralité de 2003», ses «relevés de compte de 2003 et de 2012, les rapports d’audit de l’Ige, de la Cour des comptes, de l’Arpm». Ces différents documents devraient parvenir aux enquêteurs dans les prochains jours suivant son audition. Puis, c’est au tour des gendarmes de l’inviter à coopérer, en se mettant à leur disposition et ainsi d’obtempérer à toutes les probables réquisitions de la justice. Aussi, les enquêteurs ont-ils envoyé des réquisitions à toute personne qualifiée dans cette affaire, aux banques de la place ainsi qu’aux cabinets de notaires.
Quoiqu’il en soit, les réponses servies par Samuel Sarr laissent apparaître des non-dits. Au-delà de la prise en charge de son staff, on peut se demander si un homme d’affaires peut accepter de travailler pour s’appauvrir volontairement durant toute une décennie, alors que le pays qu’il servait a prévu des fonds pour la prise en charge de son cabinet, de ses voyages de travail et de son logement de fonction. Samuel Sarr ne cautionne pas une pauvreté volontaire rien que pour faire plaisir au Pape du Sopi, quoique Wadiste éternel. Dans un système étatique aussi opaque que celui de son mentor Wade, des niches de rattrapage des gratuités affichées étaient bien possibles.
biramefaye@lequotidien.sn
Le quotidien.sn




Jeudi 14 Juin 2012
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1.Posté par Mbaye le 14/06/2012 13:35
Samuel Sarr ment. S'il n'était pas un voleur, il ne plongerait pas dans les magouilles. Avoir été ministre lui a été sans aucun doute extrêmement profitable et plus profitable que de ne pas l'avoir été, même s'il l'aurait été sans salaire, ni villa fonction ni billet avion.

J'ai pas lu le texte ci-dessus (mais ai écouté la revue de presse)

2.Posté par val le 14/06/2012 13:39
Il nous prend pour des cons ! Renoncer à ses privilèges de ministres pour à côté détourner des milliards, n'importe quel voleur accepterait ce procédé pour mieux tromper les gens.

3.Posté par Nouveau au Senegal le 14/06/2012 14:14
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4.Posté par yoro le 14/06/2012 14:27
Mane mome, je n'ai plus confiance à Samuel, depuis qu'il a dit : "Je vais faire des révélations sur des deals de Abdoul Mbaye ........"

Je sous-entends qu'il savait que le PM faisait des deals. D'accord. Mais pourquoi il ne l'a pas dénoncé au temps.
Il n'est pas sérieux cet homme.

En parlant du prochain conseil interministériel, lisez ce que disent les prostituées de Kaolack

5.Posté par baara le 14/06/2012 16:02
prouve ns que tu as gagné cet argent de facon licite en l ayant déclaré aux impots du pays ou tu travaillé.
ds ce pays , on voit des milliardaires qui n ont pa payé des impots proportionnelle a leur gain…

6.Posté par nanon le 14/06/2012 18:12
son seul travail qui lui a rapporté des millards c'est sa participation à l'assassinat de me babacar seye .wade qui était derrière tout ça l'a bien récompensé.ils sont tous des criminels des bandits de grand chemin qui méritent d'être sévèrement punis.

7.Posté par BARRI SAGAR le 15/06/2012 17:26
Mais qui daffa..... Euw!! Il nous prend pour ce que nous sommes pas. Sous d'autres cieux il aurait déjà été condamné à la pendaison et au démembrement pour lourd crime à l'Humanité: voler autant d'argent dans un pays où les gens meurent aux portes des hôpitaux faute de pouvoir payer leurs ordonnances...

Si toute cette racaille s'en tire comme ça à bon compte alors je vais désespérer de mon pays. Mais à voir l'empressement de certains autour du nouveau Président que penser?



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