Daaras : Faillite d’une politique de l’éducation, où crise spécifique des Daaras ?


Daaras : Faillite d’une politique de l’éducation, où crise spécifique des Daaras ?
 L’incendie d’un ‘’ Daara’’ (1)  survenu dans un quartier de la Médina, à Dakar, a remis sur le tapis la problématique du système d’éducation dans notre pays. Mais il n’en demeure pas moins que le débat reste occulté, et renvoie quand au fond, à  la faillite de la politique de l’éducation au sénégalais. Cela de Senghor à nos jours, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.
 En effet, les politiques de ces hommes n’ont pas opté pour un système éducatif qui tient compte des réalités et des intérêts, du pays basé sur le triptyque : Français- l’Arabe- langue maternelle. Si tel était le cas  depuis l’accession de notre indépendance, nous aurions pu faire l’économie de ce débat byzantin que nous connaissons aujourd’hui, sur les ‘’Daaras’’. Car tous les scientifiques qui réfléchissent sur les problèmes de l’éducation, de l’école sénégalaise au sens large, s’accordent sur le fait qu’une classe  pratiquant le bilinguisme (langue maternelle et langue française), a un meilleur résultat que celle qui pratique le monolinguisme par la  langue française, au bout du compte. Donc les problèmes que nous connaissons, découlent d’une  mauvaise option du système au départ. Mais pourquoi ? Par ce que simplement nos dirigeants n’étaient et ne sont pas politiquement libres et indépendants pour décider souverainement d’une option pour un système éducatif  commandé  par des impératifs nationaux. Des lobbies intérieurs et extérieurs ont chacun tiré les ficelles selon  leurs intérêts. A l’interne, les conservateurs religieux liés à des politiciens ont indexé de façon démagogique l’Ecole classique pour ne pas dire républicaine et  laïque, comme une attaque  contre l’islam. Entretenant une confusion entre le Daara et l’école nationale, démocratique appelée à préparer le citoyen à la formation et à son insertion dans l’économie (techniciens agricoles,   ouvriers du BTP,  Sages-femmes, infirmiers  d’Etat,  médecins, professeurs de tous corps et catégories etc.) Le contraire de la mission des Daaras qui postule un enseignement confessionnel.  Pour l’ancienne puissance colonisatrice  la France,  tout système éducatif  qui menacerait ses intérêts stratégiques (économie, culture) ne serait pas de mise. C’est d’ailleurs ce qui explique l’institution de l’Organisation  Internationale de la francophonie (OIF),  qui veille au grain. Malgré tous les  discours racoleurs, politiciens  sur la démocratie et le développement. Telle est la réalité d’un fait néocolonial, de 1960 à nos jours, qui structure notre univers que d’aucuns tentent d’éluder.
           Nos gouvernements, d’hier comme d’aujourd’hui, ont manqué d’assumer tout simplement leurs responsabilités historiques dans le domaine de l’éducation. Et plus globalement  de défendre  notre indépendance et notre souveraineté. Une faute, pour ne pas dire une trahison, lourde de conséquence.   
         Et  durant toute une période historique ils ont violé le droit de plusieurs générations par la non application du droit à l’éducation des enfants découlant de l’article 8 de notre constitution. Cela en détourant les moyens  qui devrait être affectés à l’Education et à la Formation, à d’autres fins. Le prêchi-prêcha sur les 40 % du budget général, consacrés  à ce secteur n’y fait rien. Le sabordage de l’économie contrôlée par des secteurs dont les intérêts ne sont pas en phase avec ceux des sénégalais, allait naturellement agir négativement sur la planification de notre développement, dans tous les domaines. Ce qui fait que les statistiques ne servent plus à grands chose, sinon à la manipulation par les politiciens.
          Par exemple Etat crée des Ecoles de formation pour ses personnels et vient leur dire qu’il ne peut pas les recruter. Alors que le besoin se fait sentir partout. L’Etat a-t-il le droit de former des : Magistrat,  Administrateur Civil,  greffier et leur  dire après leur fin d’étude, ‘’ je n’ai pas prévu de postes budgétaires pour vous ? ‘’. Du n’importe quoi  diront légitiment, ces derniers !!!  Qui doit embaucher un Magistrat ou un greffier si ce n’est l’Administration ?
          C’est  la faillite d’une politique, c’est ce désordre au niveau du système éducatif et son corollaire les enfants de la rue, qui ouvrent la voie aux ‘’Entrepreneurs de Daaras’’ et autres lobbies politiciens,  pour servir aux démocrates et honnêtes gens,  ce discours démagogique, dérisoire sur les ‘Anti’ et autres ‘Contre’  l’Islam, en direction de  tous ceux qui sont contre les enfants exploités.
   Dakar, le 22 mars 2013
   
  Ababacar Fall-Barros
Ancien conseiller Municipal Sacré-Cœur.
Lundi 25 Mars 2013
Dakaractu




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