DR PAPA ABDOULAYE SECK SUR LE REFERENDUM DU 20 MARS 2016 «Mon engagement pour un « OUI » massif à la Médina »


Je ne voudrais pas troubler « une fête » dont d’aucuns ont presque embrouillé l’atmosphère. Mais, loin de la versatilité et des intrigues, il y a lieu, par devoir de citoyen et une démarche républicaine, de lever, par un point de vue et, aussi, une prise de position, le quiproquo ambiant sur une question centrale qui concerne la société. Au demeurant, s’il y a, effectivement, un terme qui, présentement, occupe un score élevé par rapport à son utilisation et aux passions qu’il soulève, c’est, bien entendu, le référendum du 20 mars 2016. A cet égard, je voudrais, à travers cet article, me poser deux questions majeures à savoir: 

1-Quelles sont les raisons objectives qui doivent motiver le vote du OUI et, subséquemment, justifier le OUI massif ? 

2- Pourquoi certains plaident pour le NON?

Les raisons pour un vote massif du OUI

En ce qui concerne, donc, la première interpellation, il y a une panoplie de raisons pour ceux-là qui ont opté pour voter le OUI. D’abord, en votant pour le OUI de ce référendum, on aura, entre autres points, la représentation des sénégalais de l’Extérieur par des députés dédiés à eux, le renforcement de la citoyenneté par la consécration du devoir de citoyen, une opposition mieux structurée, plus forte, avec un chef de l’opposition et une modernisation des partis politiques, une Assemblée nationale avec plus de pouvoir pour mieux contrôler l’Exécutif, le Conseil constitutionnel va cesser d’être l’affaire des docteurs et agrégés de droit ou des Hauts magistrats, simplement parce qu’il y aura la possibilité d’avoir des élus représentants du peuple au sein de ce Conseil constitutionnel . 

Pour le sixième élément, nous disons qu’il n’est pas juste, dans un pays, qu’on ait le droit de voter et qu’on n’ait pas le droit de se présenter : c’est le cas des candidatures indépendantes. Or cette question est réglée par le OUI de ce référendum qui va les autoriser pour toutes les élections. Ce qui veut dire que tout citoyen qui peut voter pour X peut aussi demander à Y de voter pour lui : c’est l’élargissement de la démocratie. Ensuite, une autre raison, c’est la gestion des ressources naturelles, gestion dans le sens d’une plus grande équité. Et on prépare aussi le futur grâce à une plus forte prise en compte des impératifs liés à notre environnement. Ce qui veut dire que ce référendum, s’il est voté, nous allons anticiper sur les préoccupations des générations futures à l’heure où nous avons adopté les objectifs de développement durable. Par ailleurs, nous pourrions élargir l’analyse, en donnant d’autres raisons, mais nous concernant, particulièrement, c’est cela qui nous charme de ce référendum et le fait de dire, aussi, qu’on réduit le mandat à 5 ans. Ce qui est, d’ailleurs, une bonne chose parce que ça permet une meilleure rotation des gouvernants. En tout cas, pour ce qui est de notre pays, c’est des alternances qui seront beaucoup plus rapprochées. Et cela va pousser les gens élus à être dans une dynamique d’obligation de résultat.

Aucun argument pour contester les contenus du projet constitutionnel

Du côté de ceux qui votent NON, je n’ai pas entendu un seul argument contestant une des dispositions contenues dans le projet qui est soumis. Le seul élément que j’entends toujours et partout est ceci : « nous voterons NON parce que le quinquennat ne va pas s’appliquer à l’actuel Président de la République ». Parfois, aussi, certains agitent l’idée de la démission pour qu’une élection présidentielle se tienne, à tout prix, en 2017. Or, est-il logique qu’une personne non frappée d’une incapacité physique ou morale comme le stipule la charte fondamentale du pays, de surcroît démocratiquement élue, abrège son mandat par une démission ? Aussi, est-il logique de démissionner et de revenir quelques semaines après pour demander à être réélu et à retourner au Palais. Dans l’histoire politique du Sénégal, hormis Senghor qui a démissionné pour se retirer définitivement de l’exercice du pouvoir, il n’y a jamais eu d’interruption de mandat pour tous les autres chefs d’Etat sénégalais. Et cela est à saluer car cela dénote une certaine solidité de nos institutions. 

Un référendum n’est pas une élection présidentielle

Que les gens se ressaisissent et calment les ardeurs. Il ne faudrait pas qu’on confonde une élection présidentielle et un référendum qui est une invite portant sur la marche des institutions. Ici, il ne s’agit pas de voter pour dire si le Président Macky Sall va rester au Palais ou pas. Ce référendum est une consultation où le peuple, seul dépositaire du pouvoir, est appelé à se prononcer, avec souveraineté, sur des questions d’intérêt national. Donc, quoiqu’il advienne, le Président Macky Sall, démocratiquement élu pour 7 ans, doit et va rester pour 7 ans, au nom de la démocratie et du respect du droit et des principes vecteurs de la démocratie. 

Fort de cela, non seulement, je m’engage pour le OUI mais, également, je plaide pour que ce quartier qui m’a vu naître, la Médina, se lance dans un élan solidaire et responsable pour un OUI massif. A ce titre, la contribution de notre doyen le Président El Hadj Malick SY «souris» qui a réussi à mettre ensemble les ministres Maïmouna Ndoye Seck, Youssou Ndour, Seydou Guèye, le Maire Ousmane Ndoye  et le responsable politique Sidy Sam est venue à point nommé. Voter OUI et appeler au calme c’est comprendre aussi que le coût d’une reconstruction est toujours plus élevé que celui d’une construction. Alors construisons au lieu de «déconstruire». Le Sénégal, pays de Téranga, est notre patrimoine commun et la contribution positive de tout un chacun est à exiger au nom de notre droit à accéder à l’émergence.

 

Dr Papa Abdoulaye SECK

Ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural

Natif de la Médina

 

Samedi 12 Mars 2016
Dakaractu




1.Posté par Alassane le 12/03/2016 15:30
Pour ma part, je voterai OUI pour ne point laisser se développer cette tentative de confondre référendum et présidentielle. Le travail déjà réalisé par Macky devrait suffire à approuver sa proposition. Tout est en train de bouger dans le bon sens. Laissons les institutions le faire également, comme l'a fait l'agriculture, l'industrie, les mines et j'en passe.Je voterai OUI

2.Posté par fa le 12/03/2016 18:35
Je vote oui



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