DOHA 2013 : Les leçons de la 13ème édition d'un forum


DOHA 2013 : Les leçons de la 13ème édition d'un forum
Avant toute chose, qu’il nous soit permis de témoigner l’expression de notre très profonde gratitude aux autorités et aux organisateurs du Forum de DOHA, tout particulièrement à Son Altesse HAMAD BIN KHALIFA AL-THANI Emir de l’Etat du QATAR et à son Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères, Son Excellence SHEIKH HAMAD BIN JASSIM BIN JABR AL-THANI dont la gouvernance vertueuse à permis à leur pays de se hisser parmi les premiers dans le monde, par la satisfaction des profondes aspirations de leur peuple en termes de développement durable, de bonheur, de bien être, et de sécurité.

Par un extraordinaire coup de génie dont seul le Bon Dieu tient le secret, les Dirigeants de l’Etat du QATAR ont eu la vision sidérale d’offrir à l’Humanité entière, ce fabuleux rendez-vous du « donner et du recevoir » universel qui réunit tous les ans, depuis 2000, les plus grands experts de la planète dans tous les domaines de l’activité humaine, tant sur le plan  politique, économique, sociale, culturel, diplomatique, sécuritaire et stratégique.

Aussi, ayant eu l’honneur sublime de faire partie des invités officiels de l’Etat du Qatar pour cette 13ème édition du Forum, avons-nous pensé vous en résumer les principales leçons.

Economie, chômage, stratégie, sécurité  et stabilité au cœur des débats

En effet, le Forum a fait ressortir que l’économie mondiale est en profonde mutation, du fait de la multiplicité des nouveaux enjeux et défis économiques et sécuritaires qui interpellent l’humanité. Ce 13ème forum de Doha a été l’occasion de fouiller en profondeur cet agenda économique et sécuritaire planétaire à travers une thématique originale articulée autour du thème central « ENRICHISING THE MIDDLE EAST’S ECONOMIC FUTURE ». Il s’agit d’un thème fédérateur si l’on se réfère à la place qu’occupe le Centre Est asiatique dans l’échiquier économique planétaire. Des pays comme les Emirats Arabes Unis et le QATAR ont dernièrement prouvé leurs capacités à s’adapter à un contexte économique mondial changeant et à tirer leur épingle du jeu économique international. Ils ont su développer des stratégies centrées sur la mise en valeur de leurs immenses potentialités économiques et sur une bonne anticipation par rapport aux niches économiques du futur. Le QATAR est une illustration du fait que chaque pays peut se baser sur ses forces économiques endogènes pour attirer les investisseurs, construire son avenir et tisser un parfait réseau diplomatique international. L’organisation réussie de ce forum est la preuve tangible que le QATAR compte désormais parmi les grandes nations de notre planète.

Le forum a été globalement et hautement instructeur. Toutes les questions politiques et socioéconomiques de la planète on été passées en revue : le chômage, la pauvreté, la dégradation de l’environnement, la percée du terrorisme et l’instabilité aux proche et moyen orients.
Le discours d’ouverture de Son Altesse Sheikh Hamad Bin Khalifa Al- Thani, Emir de l’Etat du QATAR,  a attiré l’attention sur la priorité qu’il faut accorder à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme. A ce propos, il a mentionné deux vœux urgents et fondamentaux : la résolution définitive de la crise syrienne et la création d’un Etat palestinien. Les questions de la sécurité et de la stabilité, comme bases fondamentales de tout développement, ont ensuite été bien abordées par de grands hommes politiques comme François Fillon et Goldon Brown.

Sur les questions purement économiques, les différents ateliers auxquels nous avons pris part ont été d’une facture scientifique inégalable. Les questions du chômage, des circuits financiers et de l’investissement ont été largement débattues. Dans le Centre Est de l’Asie, pas moins de 50 millions d’emplois doivent être créés dans le court et le moyen terme. Il s’agit là d’un constat statistique qui touche toute la planète : le chômage se creuse en Europe et en Amérique, il reste un problème lancinant en Asie et il interpelle à plus fort degré les pays africains. En même temps, la pauvreté chronique continue de gangréner une bonne partie de la planète. Ce n’est pas la question de l’emploi qui se pose en tant que telle, mais plutôt celle des activités et des investissements qui vont créer les nouveaux emplois, renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs et juguler la pauvreté. Cette problématique a été largement abordée au CMED Workshop « Creating New Business, Not Just Jobs ». Les panélistes ont unanimement reconnu la possibilité d’assurer de l’emploi à tous les jeunes en créant une nouvelle génération d’entrepreneurs.
L’auto-emploi est alors la voie la mieux indiquée pour résoudre les problèmes économiques de notre époque. Des programmes ont été lancés aux Etats-Unis, tels que My Business en 2006. Ce programme visait la création de 30 000 emplois et le gouvernement l’avait accompagné par la création de bureaux d’accueil des diplômés. Mais jusqu’en 2009, seuls 3 entreprises ont été créées avec 900 emplois du fait notamment de la forte propension des jeunes à souscrire au salariat. Les solutions à ces résultats décevants reposent sur l’implication des chefs d’entreprise et la promotion du Learning By Doing. Des expériences concluantes de ce type ont été menées aux Etats-Unis, au Japon et au Maroc.

Toutefois, sur cette question du chômage et de la pauvreté, les pays africains sont les plus concernés. Les experts ont identifié les principaux types de coordination envisageables pour développer des stratégies globales intégrant un appui aux pays africains ainsi que la résolution de l’émigration massive. En effet, de telles stratégies devraient satisfaire également la nécessité d’élaborer une politique internationale de migration.


Macky SALL reconnecte l’Afrique à l’Economie mondiale

Ce 13ème forum de Doha a d’ailleurs eu la particularité de sonner l’implication approfondie des africains avec l’invitation d’honneur qui a été accordée au Président de la République du Sénégal, Monsieur Macky SALL. Dans son discours, le président du Sénégal a magnifié les efforts consentis par les africains pour s’adapter aux nouveaux enjeux économiques mondiaux. Dans ce registre, il a rappelé les objectifs
d’intégration internationale de l’Afrique sous l’égide de la commission de l’Union africaine et du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique. Les présentations et discussions dans les différents ateliers ont par ailleurs fait ressortir la place de l’Afrique dans l’économie mondiale et son caractère incontournable dans la résolution des multiples défis socioéconomiques mondiaux. L’Afrique regorge de 30% des réserves mondiales de surfaces non cultivées, et elle est le continent qui contient le plus d’eau douce et le plus de ressources naturelles dans la planète. Dès lors, l’Afrique ne peut pas être absente dans les mécanismes de coopération qui vont permettre de surmonter le chômage et la pauvreté à travers le monde.



Il importe de souligner que, dans leur entretien officiel, son Excellence l’Emir du QATAR et le président du Sénégal ont annoncé un partenariat qui devrait aboutir à l’accueil au QATAR de travailleurs sénégalais pour la construction des multiples infrastructures destinées notamment à l’organisation de la coupe du monde 2022.
D’autres champs de partenariats ont également été identifiés, couvrant toute l’Afrique, notamment dans l’aviation civile, le tourisme, la sécurité, l’agriculture, les infrastructures et les nouvelles technologies.

Le Sénégal comme tous les autres pays de l’Afrique, a déjà expérimenté la coopération avec les pays asiatiques, dont la Chine, l’Inde et les
pays arabes. Cette coopération a permis d’attirer d’importants capitaux en Afrique subsaharienne à partir des années 2000. Ainsi, plusieurs lignes de financements publics ont été ouvertes au profit des Etats africains par des pays comme le Koweït, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arables Unis. Ce dernier pays est en partenariat approfondi avec le Sénégal et Dubaï Port Word est actuellement un partenaire important de l’Etat du Sénégal au Port autonome de Dakar. Devant l’infécondité de la coopération Nord/Sud, les Africains ont alors découvert ces immenses potentialités que leur ouvre une coopération approfondie avec l’Asie qui représente 28% du Produit mondial brut.



En derniers mots, nous dirons que le forum a été d’une très haute productivité scientifique. Sa réussite traduit la forte insertion économique internationale du QATAR qui est devenu un pôle économique incontournable. L’idée générale transversale qui est ressortie de ce forum porte sur le rôle de la sécurité et de la stabilité comme fondements de tout essor économique. La sécurité et la stabilité sont des préalables inaliénables pour le bon fonctionnement des circuits financiers, tant théorisés comme étant la base de l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs susceptibles de juguler la pauvreté par l’éradication du chômage qui est un mal partagé par tous les continents. Néanmoins, la réussite de ces nouvelles orientations sécuritaires et socioéconomiques aura nécessairement pour corollaire la coopération étanche entre les leaders et les masses populaires.

Le Président Macky SALL, invité d’honneur, de par sa brillantissime prestation à la cérémonie d’ouverture, a marqué l’esprit de tous les experts. Il aura réussi l’extraordinaire prouesse d’arrimer l’Afrique toute entière au Forum de DOHA au nom du NEPAD.



Quelles opportunités pour le Sénégal ?



Par rapport à son pays, le Sénégal, il a jeté de belle manière, les bases d’une coopération durable et fructueuse avec DOHA. Il devra, cependant, faire preuve de la plus grande rigueur, et de la plus grande vigilance à l’endroit de ses compatriotes. Il faudra en effet, en bon stratégiste, entre autres projets négociés, qu’il sache répondre positivement, qualitativement et avec diligence à l’attente des Qataris ! Dans le même sens, il devra être particulièrement attentif à la sélection de la main d’œuvre qualifiée, en ne privilégiant que les hommes et les femmes qui ont le savoir-faire et le savoir- être.

En somme à tout point de vue, notre séjour à DOHA a été particulièrement fructueux et nous a permis d’établir de très précieux contacts avec de nombreux partenaires.



Puissions nous souhaiter que les africains, les sénégalais en particulier, comprendre les réalités géopolitiques de cette région et surtout leur sociologie politique pour s’adapter à la réalité culturelle Qatarie afin de pouvoir profiter des résultats incontestablement positifs de la visite du Président Macky SALL.



 Dr El Hadji Mounirou  NDIAYE, Economiste,

 Dr Babacar Socrate DIALLO, Directeur Général du Centre D’Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Dakar, Directeur de l’Ecole Panafricaine d’Intelligence Economique et de Stratégie (EPIES),





DOHA LE 26 MAI 2013
Vendredi 14 Juin 2013
Dakaractu




Dans la même rubrique :

AIDA CHERIE - 22/05/2015