DÉBAT SUR LE FRANC CFA, SITUATION DE LA GAMBIE ET LA CRISE DU PARTI SOCIALISTE : Jean Paul Dias et ses camarades livrent leur version

Le secrétariat national du Bloc centriste Gaindé (Bcg) s’est prononcé, hier, sur la situation politique nationale et internationale. Jean Paul Dias et ses camarades ont donné leur point de vue sur le débat sur le francs CFA, la situation qui prévaut en Gambie ainsi que sur la crise du Parti socialiste.


« Aucun continent ne détient une monnaie unique »

«Le BCG tient notre monnaie commune, le franc CFA comme une Bonne Monnaie en comparaison des autres monnaies de la sous-région et celles du Continent. Nul n’a dit que notre monnaie était parfaite ou idéale mais qu’elle était bonne. Aucun continent ne détient une monnaie unique. C’est donc là une utopie qui n’emporte pas l’adhésion du BCG. Le BCG opte pour l’élargisse- ment réfléchi de notre zone CFA plutôt que pour une attitude « intellectualiste » de rejet d’un instrument perfectible. Le BCG ne nourrit aucun complexe d’ancien colonisé.
Toutefois, le BCG admet que la garantie de la France ne se justifie plus car le CFA est majeur depuis longtemps.
Au demeurant, signalons que le CFA s’échange contre d’autres devises dans certains cercles connus des autorités officielles locales, en France et aux USA. Il convient donc qu’il reprenne sa libre circulation entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale comme jadis or cela relève de la responsabilité des seuls africains. La France n’est pas hostile à une indépendance du franc CFA.
Le BCG admet que la thésaurisation des réserves (8 000 milliards) est une aberration économique. La monnaie est une affaire trop sérieuse pour être laissée en les seules mains des seuls théoriciens ou des seuls économistes. Tout le monde admet que le sujet est politique. Voilà pourquoi le BCG prend position. »

« Le recours aux armes, lorsqu’il vous est imposé, fait partie de la vie des nations comme l’intervention chirurgicale fait partie des modes de soins quand les solutions médicamenteuses ne donnent rien. »

« Le BCG se déclare préoccupé par la posture attentiste de la CEDEAO au point de l’amener à faire des bourdes. Comment peut-elle ouvertement, au vu et au su de tout le monde, embarquer le Président élu Adama Barrow en Gambie pour qu’il prenne part à une rencontre internationale à Bamako et qu’à l’issue de ce meeting elle vienne le déposer à Dakar au lieu de le ramener chez lui sous bonne escorte. Tout se passe comme si c’était lui et non Jammeh qui avait fui la Gambie. Jammeh a fermé les frontières ? Et alors ? Techniquement, il est possible de retourner le président Barrow en Gambie sous bonne garde.
Ce comportement qui constitue un mauvais signal est contre productif et risque de renforcer Jammeh dans son entêtement.
En tout cas, si le 19 Janvier 2017, la CDEAO n’a pas imposé le président Barrow à la tête de la Gambie, elle aura adopté une attitude de Tigre en Papier et nul ne devra s’étonner qu’un autre dictateur adopte la même posture dans la sous région.
Lorsque la diplomatie échoue- et c’est le cas- il ne reste que l’intervention armée. Le dilatoire ne mène à rien si ce n’est au regret tardif. Le recours aux armes, lorsqu’il vous est imposé, fait partie de la vie des nations comme l’intervention chirurgicale fait partie des modes de soins quand les solutions médicamenteuses ne donnent rien. Sinon à quoi cela sert-il d’entretenir une armée de professionnels ?
La CEDEAO a le soutien et le feu vert du Conseil de Sécurité des Nations Unies, ceux de l’Union Africaine, ceux de son Sommet de chefs d’Etat, ceux de l’OCI. Elle dispose des capacités militaires du Nigeria, du Sénégal, de la France et des USA. »

« L’Assemblée Nationale doit rejeter toute demande de levée d’immunité parlementaire que rien ne justifie. La place des élus n’est pas en prison »

« Les débordements de la crise au sein du PS ont été de nature à préoccuper le Secrétariat National du BCG ne serait-ce-que par ce que cette formation politique est l’ancêtre direct ou indirect de la plupart de nos partis politiques actuels. Le Ps demeure un parti de référence sur l’échiquier national. En conséquence, lorsque certaines situations prennent de l’ampleur, le BCG ne saurait demeurer indifférent.
Le Secrétariat National du BCG appelle les parties antagonistes au ressaisissement car l’éventuelle implosion du PS ne bénéficierait à aucune d’entre elles.
En outre, cette affaire amène le BCG à conseiller à tous les acteurs politiques du Sénégal, à privilégier le règlement des conflits par des procédures internes ou via l’intermédiation politique à l’exclusion de tout recours à la Justice si ces acteurs politiques tiennent à se faire respecter par tous. Quand les autres vivent leurs conflits, ils ne sollicitent pas les partis politiques en tant que tels.
Les partis politiques doivent éviter l’humiliation réciproque qui consiste à actionner ceux qui n’ont rien à y voir. C’est ainsi que le BCG est d’avis que l’Assemblée Nationale doit rejeter toute demande de levée d’immunité parlementaire que rien ne justifie. De 2005 à 2015, le Parlement a rejeté près de 50% des demandes de levées d’immunités parlementaires. La classe politique ne sera respectée que si elle se respecte elle-même. Elle doit exiger le respect des élus de base par les autorités administratives déconcentrées, le respect des élus nationaux par les mêmes ainsi que par la Justice car ces élus, eux, respectent les autres. La place des élus n’est pas en prison. »
Mardi 17 Janvier 2017
Dakaractu




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