Crise en Gambie : La Jeunesse pour la Démocratie et le Socialisme (JDS) témoigne toute sa solidarité à la jeunesse gambienne combattante


La situation qui prévaut actuellement en Gambie est plus que préoccupante. Elle doit mobiliser toute l’attention de l’opinion publique africaine et internationale. Les institutions internationales, les organisations de défense des Droits de l’Homme et les démocrates de tout bord sont interpellés, car nous ne devons pas rester indifférents aux souffrances inhumaines du peuple gambien, victimes de la violence d’un tyran qui n’hésite pas à tirer sur des populations désarmées qui n’ont commis qu’un seul crime : réclamer les conditions d’une élection libre et transparente.
La répression sanglante des manifestations qui ont eu lieu, les 14 et 16 avril  2016 en Gambie, est sans commune mesure. Les forces de l’ordre et les agents de la National Intelligence Agency (NIA), la police politique du régime, ont fini par cristalliser tous les regards avec l’arrestation et la torture de plusieurs opposants ayant entraîné la mort en détention de l’opposant Solo Sandeng.

Les rassemblements pacifiques de Serrekunda et de Banjul étaient à l’initiative de l’UDP (United Democracy Party), la principale formation de l’opposition, pour réclamer de nouvelles réformes électorales en vue du scrutin présidentiel du 1er décembre 2016. L’opposition exige la limitation des mandats et la nomination d’une personnalité indépendante à la tête de la commission électorale. Quoi de plus normal si l’on se soucie peu de la stabilité de son pays et de la recherche d’un consensus fort autour de la cruciale question électorale.
Cette prise de conscience de la population gambienne sur une question aussi importante qui touche à leur devenir est interprétée par les sbires du dictateur Yahya Jammeh comme une tentative de l’opposition visant à déstabiliser le pays.
En agissant ainsi, le président Jammeh qui  ne se préoccupe point de heurter la sensibilité de l’opinion publique internationale, ne surprend pas les observateurs de la situation politique dans son pays mais plutôt réveille chez eux une vague d’indignation et de réprobation.
 
Persécutions, répressions, arrestations arbitraires, tortures et meurtres constituent le lot quotidien dont souffrent les leaders d’opinion gambiens. Le régime du président Yahya Jammeh continue, sans inquiétude aucune, à perpétuer ainsi les pratiques qui font le lit de toutes les dictatures.
Arrivé au pouvoir le 22 juillet 1994 par un putsch militaire, le président Jammeh qui règne sans partage sur la Gambie depuis 21 ans, ne veut pas entendre parler de réformes électorales encore moins de limitation de mandat. Candidat à sa propre succession, pour briguer un 5e mandat, il est réfractaire à toute discussion avec son opposition sur le processus électoral. Le peuple gambien a le droit d’exiger des conditions favorables à l’organisation d’élections libres et transparentes.
Depuis les années 2000 le régime gambien a pris une tournure inquiétante, sous le regard complice de l’opinion internationale, en faisant de la violence et de l’intimidation sa chasse gardée. Journalistes, défenseurs des droits de l’homme et opposants meurent en prison quand ils ne sont pas assassinés en pleine rue (assassinat du journaliste indépendant Deyda Aidara en décembre 2004). Les autres sont contraints à l’exil, ce qui accroît le nombre important d’exilés politiques. Le régime qui cherche toujours à installer la population gambienne dans une situation de peur permanente, nécessaire pour sa survie, donne également libre cours à sa volonté de museler la presse et de verrouiller la liberté d’expression.
Il est donc tant de dire halte au règne de la terreur en Gambie qui vient d’atteindre son paroxysme. A cet effet, les déclarations des Nations Unies et de la Cedeao fustigeant l’usage excessif de la force et appelant les autorités de la Gambie à leur responsabilité sont à saluer vivement. Pour autant nous attendons de ces institutions internationales plus que des communiqués et des déclarations de principe. Elles doivent prendre des sanctions à l’endroit du régime visant à ramener à la raison le président Jammeh.
Cette démarche est également attendue de la part de l’Union européenne  (l’un des principaux bailleurs du pays) et de l’Union africaine (dont la commission pour les Droits de l’Homme et des Peuples a son siège à Banjul).
Au regard de la situation, on peut être tenté de se demander pourquoi les dérives du régime de Jammeh ne suscitent pas, de la part de l’opinion internationale, de réprobations ni de sanctions à la mesure de la gouvernance de la terreur qu’il a installée ?
Cependant, nous restons convaincus que le sort de la Gambie dépend en grande partie de l’engagement et de la détermination de son peuple,  car nul système ne dispose des moyens humains et matériels pour faire face à un peuple conscient et debout.
Le président Yahya Jammeh ne doit pas également ignorer qu’il est impossible d’arrêter la mer avec ses bras et que tous les régimes dictatoriaux ont fini de tomber sous l’autel des aspiration des citoyens à plus de liberté, de démocratie et de justice.
La Jeunesse pour la Démocratie et le Socialisme (JDS), fidèle à ses principes  de liberté  et de démocratie et à ses valeurs internationalistes, témoigne toute sa solidarité à la jeunesse gambienne combattante et au peuple gambien opprimé jusque dans sa chair. Nous manifestons aussi toute notre solidarité aux exilés politiques qui se battent pour une Gambie libre et démocratique. Nous exigeons enfin que toute la lumière soit faite sur la mort de l’opposant Solo Sandeng et que tous les détenus politiques qui souffrent le martyre dans les prisons gambiennes soient libérés en vue d’apaiser la tension politique.
Lorsque le président Jammeh persécute son peuple, il opprime toute la conscience humaine. Nous sommes tous gambiens ! La Jeunesse pour la Démocratie et le Socialisme (JDS) soutient toutes les luttes progressistes de partout dans le monde.
   
Fait à Dakar, le 25 avril 2016
Contacts : 775410837/774380188
 
Lundi 25 Avril 2016
Dakar actu




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