Toutes les prédictions qu’on colle à son nom (crash à l’Ucad, coup d’Etat en Gambie), Selbé Ndom les balaie d’un revers de main. D’après la voyante, certains journalistes tentent de nuire à sa réputation en lui prêtant des propos qu’elle n’a jamais tenus. C’était lors d’une conférence sur la problématique de la divination au Sénégal organisée samedi dernier, par le laboratoire de l’imaginaire de l’Ifan.
En marge de la conférence sur la problématique de la divination au Sénégal à laquelle elle a pris part ce samedi, la voyante Selbé Ndom a soutenu qu’une certaine presse tenterait de «l’accuser à tort» en lui «prêtant des propos» qu’elle n’a pas tenus. «Je n’ai jamais dit qu’il y aura un crash d’avion à l’Université. Je ne savais même pas ce que signifiait un crash. Je n’ai jamais accordé une interview à un journaliste à ce propos», jure-t-elle sur le Saint Coran. Selon elle, certains journalistes, pour des soucis de vente, lui prêtent de fausses déclarations. «Je ne fais pas de prédictions qui puissent susciter la peur des Sénégalais parce que l’Université c’est le Sénégal, des gens d’origines diverses s’y retrouvent. Comment pourrais-je apeurer tout le Sénégal», dit-elle d’une voix tremblante. D’après Selbé Ndom, ce n’est pas la première fois qu’on la jette en pâture. En effet, précise-t-elle, on lui aurait prêté aussi des prédictions de coup d’Etat en Gambie. Alertées, la mère du Président gambien et la première dame l’auraient même jointe par téléphone. «Je ne connais pas Yaya Jammeh. Je ne l’ai jamais vu, même pas en songe», confie-t-elle.
D’autres, plus funestes dans la pratique, poursuit Mme Ndom, sont même allés jusqu’à dire qu’elle a été arrêtée par la Division des investigations criminelles suite aux nombreuses prédictions qu’elle a eu à faire, notamment l’histoire du crash à l’Ucad qui serait perçue comme un trouble à l’ordre public. «C’est faux. Je n’ai jamais été appréhendée par la Dic», jure-t-elle encore, la main sur le Coran.
Se sentant indirectement visé par les dénégations de la célèbre voyante de l’arène, le rédacteur en chef de L’Observateur, un des journaux qui a publié l’histoire de la prédiction d’un coup d’Etat en Gambie par la voyante, n’a pas manqué de répliquer. «On a lu l’information sur un site gambien et la journaliste qui a rédigé le texte a appelé Selbé Ndom devant moi. Elle a bien dit qu’elle a eu une révélation sur un coup d’Etat en Gambie», objecte Daouda Mine.
tndiaye@lequotidien.sn
En marge de la conférence sur la problématique de la divination au Sénégal à laquelle elle a pris part ce samedi, la voyante Selbé Ndom a soutenu qu’une certaine presse tenterait de «l’accuser à tort» en lui «prêtant des propos» qu’elle n’a pas tenus. «Je n’ai jamais dit qu’il y aura un crash d’avion à l’Université. Je ne savais même pas ce que signifiait un crash. Je n’ai jamais accordé une interview à un journaliste à ce propos», jure-t-elle sur le Saint Coran. Selon elle, certains journalistes, pour des soucis de vente, lui prêtent de fausses déclarations. «Je ne fais pas de prédictions qui puissent susciter la peur des Sénégalais parce que l’Université c’est le Sénégal, des gens d’origines diverses s’y retrouvent. Comment pourrais-je apeurer tout le Sénégal», dit-elle d’une voix tremblante. D’après Selbé Ndom, ce n’est pas la première fois qu’on la jette en pâture. En effet, précise-t-elle, on lui aurait prêté aussi des prédictions de coup d’Etat en Gambie. Alertées, la mère du Président gambien et la première dame l’auraient même jointe par téléphone. «Je ne connais pas Yaya Jammeh. Je ne l’ai jamais vu, même pas en songe», confie-t-elle.
D’autres, plus funestes dans la pratique, poursuit Mme Ndom, sont même allés jusqu’à dire qu’elle a été arrêtée par la Division des investigations criminelles suite aux nombreuses prédictions qu’elle a eu à faire, notamment l’histoire du crash à l’Ucad qui serait perçue comme un trouble à l’ordre public. «C’est faux. Je n’ai jamais été appréhendée par la Dic», jure-t-elle encore, la main sur le Coran.
Se sentant indirectement visé par les dénégations de la célèbre voyante de l’arène, le rédacteur en chef de L’Observateur, un des journaux qui a publié l’histoire de la prédiction d’un coup d’Etat en Gambie par la voyante, n’a pas manqué de répliquer. «On a lu l’information sur un site gambien et la journaliste qui a rédigé le texte a appelé Selbé Ndom devant moi. Elle a bien dit qu’elle a eu une révélation sur un coup d’Etat en Gambie», objecte Daouda Mine.
tndiaye@lequotidien.sn
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VOYANCE - Conférence sur «la problématique de la divination au Sénégal» : Le cas Selbé Ndom et les Saltigués à l’étude
Le laboratoire de l’imaginaire de l’Ifan a organisé samedi dernier, une conférence sur la problématique de la divination au Sénégal. Au cours de cette manifestation, philosophe, journaliste, astrologue, théologien et psychologue ont tous apporté leur position sur ce fait de société.
L’histoire du crash d’avion à l’Ucad prédit, dit-on, par la voyante Selbé Ndom continue de faire couler de l’encre et de la salive. Cette fameuse histoire repose aussi le débat sur la problématique de l’art divinatoire et son hypermédiatisation au Sénégal. Ainsi, le laboratoire de l’imaginaire de l’Ifan a tenté de cerner les contours de l’art divinatoire au détour d’une conférence à laquelle ont pris part : la célèbre voyante de l’arène Selbé Ndom à qui l’on prête d’ailleurs la prédiction du crash d’avion à l’Ucad, l’astrologue Jean Fall, le philosophe Pr Ibrahima Sow, le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye, le journaliste Daouda Mine, et le théologien de l’église dominicaine Père Pierre Anzian. Dans son exposé, le professeur Ibrahima Sow, directeur du laboratoire de l’imaginaire et auteur d’une thèse doctorale sur la divination et le maraboutage, pense qu’au-delà d’être un simple art de dévoiler le cacher, la divination illustre par-dessus tout «la volonté de l’homme de dominer son pire ennemi qu’est le temps, qui est la seule chose qu’il n’arrive pas à maîtriser». Selon lui, l’homme chercherait à travers la divination à «donner un sens à ses échecs et ses réussites».
Quoique cela puisse choquer, M. Sow, cartésien de surcroît, pense tout de même que la divination joue un rôle social important. «Je suis contre le rationalisme extrémiste», lâche-t-il. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce chercheur qui consacre ses études à la divination sous toutes ses formes croit dur comme fer qu’il y a une part de réel dans cet art notamment dans «le cas Selbé Ndom», différent des autres (Saltigués et autres marabouts). Selon lui, la voyante de l’arène est victime d’un mauvais procès pour la bonne et simple raison qu’elle fait peur, car «elle voit juste». Une position que ne partage pas le psychologue Serigne Mor Mbaye qui assimile l’art de prédire à «un jeu de hasard». «Ce sont comme les agents de marketing, c’est parce qu’il y a une demande qu’ils offrent leurs services», croit le psychologue. Abondant dans le même sens, le théologien Pierre Anzian qui exprime aussi la position de l’Eglise catholique, soutient que la divination est prohibée sous toutes ses formes par le christianisme. «Le destin est de l’ordre du divin et l’attitude chrétienne consiste à s’en remettre à Dieu et éviter toute curiosité malsaine», confie le Père Anzian. Une position que l’Eglise partagerait avec l’Islam à quelques différences près. Car, la seule forme de divination que l’Islam autorise est le listikhar qui repose sur des principes islamiques.
Attraite au banc des accusés pour avoir surmédiatisé des cérémonies (xoy) de divination et autres prédictions alarmistes (crash à l’Ucad), la presse s’est défendue, à son tour. En effet, d’après Daouda Mine journaliste à L’Observateur, «une société n’a que la presse qu’elle mérite». «Si ces informations relatives à la divination sont très présentes dans la presse, c’est parce qu’elles ont une grande valeur marchande. Il semble trop facile d’accuser la presse. S’il y a une offre aussi importante, c’est parce qu’il y a une forte demande», fait comprendre le rédacteur en chef du quotidien du Groupe Futurs médias.
tndiaye@lequotidien.sn
L’histoire du crash d’avion à l’Ucad prédit, dit-on, par la voyante Selbé Ndom continue de faire couler de l’encre et de la salive. Cette fameuse histoire repose aussi le débat sur la problématique de l’art divinatoire et son hypermédiatisation au Sénégal. Ainsi, le laboratoire de l’imaginaire de l’Ifan a tenté de cerner les contours de l’art divinatoire au détour d’une conférence à laquelle ont pris part : la célèbre voyante de l’arène Selbé Ndom à qui l’on prête d’ailleurs la prédiction du crash d’avion à l’Ucad, l’astrologue Jean Fall, le philosophe Pr Ibrahima Sow, le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye, le journaliste Daouda Mine, et le théologien de l’église dominicaine Père Pierre Anzian. Dans son exposé, le professeur Ibrahima Sow, directeur du laboratoire de l’imaginaire et auteur d’une thèse doctorale sur la divination et le maraboutage, pense qu’au-delà d’être un simple art de dévoiler le cacher, la divination illustre par-dessus tout «la volonté de l’homme de dominer son pire ennemi qu’est le temps, qui est la seule chose qu’il n’arrive pas à maîtriser». Selon lui, l’homme chercherait à travers la divination à «donner un sens à ses échecs et ses réussites».
Quoique cela puisse choquer, M. Sow, cartésien de surcroît, pense tout de même que la divination joue un rôle social important. «Je suis contre le rationalisme extrémiste», lâche-t-il. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce chercheur qui consacre ses études à la divination sous toutes ses formes croit dur comme fer qu’il y a une part de réel dans cet art notamment dans «le cas Selbé Ndom», différent des autres (Saltigués et autres marabouts). Selon lui, la voyante de l’arène est victime d’un mauvais procès pour la bonne et simple raison qu’elle fait peur, car «elle voit juste». Une position que ne partage pas le psychologue Serigne Mor Mbaye qui assimile l’art de prédire à «un jeu de hasard». «Ce sont comme les agents de marketing, c’est parce qu’il y a une demande qu’ils offrent leurs services», croit le psychologue. Abondant dans le même sens, le théologien Pierre Anzian qui exprime aussi la position de l’Eglise catholique, soutient que la divination est prohibée sous toutes ses formes par le christianisme. «Le destin est de l’ordre du divin et l’attitude chrétienne consiste à s’en remettre à Dieu et éviter toute curiosité malsaine», confie le Père Anzian. Une position que l’Eglise partagerait avec l’Islam à quelques différences près. Car, la seule forme de divination que l’Islam autorise est le listikhar qui repose sur des principes islamiques.
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