Côte d’Ivoire/référendum sur la Constitution : incidents dans des bureaux de vote


Des groupes de jeunes ont perturbé le
processus électoral et saccagé du matériel dans plusieurs bureaux de vote de Côte d’Ivoire où les électeurs sont appelés dimanche à un référendum, boycotté par l’opposition, sur une nouvelle Constitution, selon des témoins.

L’issue du vote ne fait guère de doute. L’opposition a appelé au boycottage du scrutin, estimant que le projet de Constitution est une dérive "monarchique", reprochant au pouvoir de ne pas avoir consulté ni l’opposition ni la société civile, ainsi que de vouloir faire passer le projet "à la sauvette" avec une campagne de sept jours et une diffusion faible du texte.

Dans le quartier populaire de Yopougon (ouest d’Abidjan, réputé être pro-opposition), des jeunes ont saccagé le bureau de l’école publique de Sicogi II, selon des témoins.

"Il y a des jeunes qui font des violences, saccagent des urnes mais ça peut pas empêcher le déroulement du scrutin", a déclaré à des journalistes le ministre ivoirien de l’Intérieur, Hamed Bakayoko.

"Il y en qui rentrent (dans les bureaux), se font passer pour des électeurs et au moment de voter ils prennent le matériel, ils empêchent les gens de voter", a-t-il précisé.

Selon lui, des incidents ont eu lieu à Yopougon, Gagnoa (270 km à l’ouest d’Abidjan et fief électoral de l’ancien président Laurent Gbagbo dont le parti est hostile au projet), Daloa (380 km nord-ouest d’Abidjan) et Dabou (50 km d’Abidjan).

"On a travaillé à redéployer les forces pour faire en sorte que le scrutin puisse se dérouler normalement. Les choses se déroulent bien dans l’ensemble", a-t-il conclu.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a également évoqué ces incidents après avoir voté à Abidjan, estimant qu’il s’agissait de cas "isolés": "il y a deux ou trois endroits (...) Je lance un appel pour une élection apaisée".
"La police fait son travail. On peut voter +oui+ ou +non+, ce n’est pas la peine de casser ou de mettre barricades", a-t-il martelé.

Le taux de participation est le principal enjeu de ce scrutin.

Selon le pouvoir, cette nouvelle Constitution évacue notamment le concept d’"ivoirité" en clarifiant les conditions d’éligibilité du président. Ce projet de troisième Constitution prévoit aussi la création d’un poste de vice-président qui alimente tous les fantasmes. En outre, ce texte crée un Sénat, institutionnalise la Chambre des rois et chefs traditionnels et étend le domaine de compétence du Conseil économique et social à l’environnement.
Dimanche 30 Octobre 2016
Dakaractu



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