Cooperation internationale : Le Japon sonne la fin de l’aide traditionnelle

Le Japon veut rompre avec le mode d’aide traditionnelle dont bénéficie, jusque-là, l’Afrique. A travers la Conférence internationale de Tokyo sur le développement africain (Ticad), lancée depuis 1993, cette puissance mondiale veut promouvoir le partenariat pour aider le continent à parvenir à la croissance inclusive attendue de toutes les projections. La


«Le Japon et l'Afrique: Un nouveau type de relation». C’est le thème autour duquel la Société Africaine Royal (Ras) avait convoqué la réflexion ce mardi 19 juillet à Londres, la capitale anglaise. Une rencontre qui s’est tenue en prélude de la 6ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement africain (TICAD VI), prévue à Nairobi, Kenya les 27-28 Août. Le premier sommet de la Ticad qui se tiendra en Afrique. 
Ce qui sonne comme un signe annonçant une nouvelle démarche que le Japon veut adopter dans le cadre de sa coopération avec l’Afrique. Une évolution, diront certains observateurs avertis de l’évolution des échanges entre les deux parties.
Le Pr Akihiko Tanaka de l’Université de Tokyo et ancien président de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) parle de changement de paradigme. A son avis, il s’agit d’améliorer l’approche japonaise en établissant un nouveau paradigme entre les Etats africains, les organisations internationales et le Japon.
M. Tanaka pense : « pour que l’Afrique puisse se développer il faut aller au-delà de l’aide traditionnelle et agir en partenariat pour trouver des solutions sur mesure». Ce qui, d’après lui, nécessite une participation massive de sa population pour que la croissance soit efficace.
En attendant les promesses du Premier ministre japonais lors du TICA VI, il est attendu une aide financière significative. L’idée développée est de créer de l’activité avec l’assistance financière mais aussi faire de sorte que les nations africaines utilisent l’aide financière pour booster être au cœur de leur développement.
 
M. Tanaka souligne avec insistance : « il faut que les Etats africains prennent plein pouvoir dans ce nouveau paradigme qui consistera à développer un partenariat et s’aligner sur les priorités de l’Afrique ».
Pour lui, la prochaine réunion du Ticad devra faire le point sur les accords liant jusque-là le Japon à l’Afrique. Il sera également question d’aborder des secteurs prioritaires au continent comme l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’industrie…
Le Pr Tanaka appelle toutes les parties prenantes à travailler pour surmonter trois défis principaux notamment la tendance baissières des produits pétroliers, la fragilité du continent avec la résurgence d’épidémie comme ebola et la montée de l’extrémisme en Afrique.
Charles O. Boamah, directeur financier et vice-président de la Banque africaine de développement, cette vision du Japon cadre parfaitement avec l’agenda de la Bad. Pour lui, il sera essentiel de renforcer la participation du secteur privé ainsi que celle de la société civile dans cette dynamique. Avant d’y adjoindre des questions essentielles relatives à l’égalité des sexes et la fragilité du continent.
Malgré cette réorientation envisagée de son intervention en Afrique, le Japon continuera de prêter une oreille attentive sur les questions de la stabilité et la paix en Afrique. Ce qui, de l’avis du Pr Tanaka nécessite des institutions fortes et des gouvernements très engagés en Afrique.
La rencontre d’Août prochain à Nairobi s’annonce ainsi décisive. Le compagnonnage à venir entre le Japon et l’Afrique devra davantage prendre en compte les objectifs de développement définis par l’ONU, l’Union africaine, la BAD, sans oublier la ligne directrice tracée après la Cop 21.
Mercredi 20 Juillet 2016
Dakaractu




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