Contribution sur la situation de la SENELEC : «On ne peut pas indéfiniment mentir au sénégalais»


Contribution sur la situation de la SENELEC : «On ne peut pas indéfiniment mentir au sénégalais»
Depuis plusieurs années notre pays fait face à un problème production de courant électrique en quantité suffisante. L’on fait toujours état d’approvisionnement en fioul pour expliquer les coupures d’électricité intempestives. A chaque fois que les populations désespérées par cette situation interpellent les autorités de la SENELEC, on nous annonce des échéances de fin de délestages, qui ne sont jamais tenues.

Or, tout le monde connait la situation dans ce pays. Et il serait temps de dire la vérité, même au risque de se faire traiter d’incompétents ou d’incapables. Ce serait un véritable point de rupture, si les gouvernants nous regardent les yeux dans les yeux, et nous disent : nous connaissons les difficultés de la SENELEC, elles sont d’ordre structurel pour une très grande partie. En effet, nous n’avons jamais pu anticiper l’augmentation de la population, nous n’avons jamais anticipé le fait que il y aura une tendance vers une urbanisation croissante, les conditions de vie s’améliorent, les gens tendent vers une consommation de masse. Aussi, la demande monte crescendo et cette tendance n’est pas prête à s’inverser, au contraire.

Par ailleurs, l’outil de production de la SENELEC est vétuste, date de mathusalem, par conséquent nous ne pourront pas immédiatement ni à court moyen termes satisfaire la demande. Mais voici ce que nous vous proposons…

Ça, c’est la vérité que tous les observateurs avertis savent, elle est difficile à faire accepter à un peuple qui en a plus qu’assez du mensonge et à la manipulation politicienne. Mais, cette démarche ce sera un point de rupture. Les peuples ne sont pas dupes, ils savent comprendre les difficultés liées à la résolution d’une situation donnée. D’ailleurs, c’est cette démarche qu’à entreprise François Hollande face au chômage galopant en France. Hollande a clairement dit que les deux premières années de son quinquennat étaient consacrées au redressement de la situation économique de la France, souhaite être jugé sur son bilan sur 5 ans. Quoiqu’en pensent les français et les adversaires de François Hollande, c’est une démarche courageuse, quand on sait la pression du chômage et de la situation sociale de manière générale. J’invite nos gouvernants à ce même langage de vérité et de courage politique en ce qui concerne la question des délestages. On ne peut pas indéfiniment mentir au sénégalais. On ne peut pas rationnellement annoncer la fin des délestages pour demain. Il faut donc dire la vérité et fixer une échéance de 10 ou 15 ans pour la résolution progressive et définitive de ce problème.

Je pense que nos gouvernants doivent présenter les voies et moyens concrets mis en place pour résoudre cette question. Ils doivent clairement nous dire que le problème ne sera résolue que progressivement, et que cela demanderait un programme étalé sur 10 ans ou plus. De plus, chaque année faire un point sur la situation et sur les avancées notées.

Cette démarche est beaucoup plus pédagogique et correspond mieux à la vérité.

C’est cela aussi une démarche d’élaboration et de conduite de l’action publique. Elle est basée sur un diagnostic partagé, sur une donnée scientifique, et non sur des logiques électoraliste et politicienne.

Pape Bocar Diallo, Diplômé en Droit et Sciences Politiques à l’Université Paris 13
Dimanche 26 Mai 2013
Dakaractu




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