Contribution / L'africain, cet être inventé de toutes pièces


Contribution / L'africain, cet être inventé de toutes pièces
Je me demande qui je suis. Irascible voire très prompt à me mettre hors de moi. Telle une porte sortant de ses gonds. Tiraillé comme un esclave soumis à un rythme de travail effréné. La raison de cet état. Qui suis-je réellement? Dans ce 21e siècle où tout va vite à la vitesse de la lumière. Suis-je un africain ou ne le suis-je pas, cet être aux sensibilités différentes et inventé de toutes pièces? Cet être à qui l’Occident a imposé sa vision des choses mais une vision différente de la sienne. Une vision biaisée, tronquée, cynique. L’Afrique, terre de notre ancêtre Lucie, fut une terre de civilisation. Religion, culture et économie y étaient florissantes. Sachant cela, l’on est amené à se poser ces questions à la pelle en prélude et tirées à hue et à dia. Mais la grande question c’est de savoir comment l’Afrique, jadis terre de civilisation, est arrivée à ce stade de délabrement. Parce que l’Occident, aidé de quelques félons africains, nous fit un lavage de cerveau. Parce que l’Occident, assoiffé de conquêtes et de propension de sa civilisation, eut une envie d’aller voir au-delà de ses terres. En effet, seul l’Occident ne pouvait réussir dans cette mission titanesque sans la traitrise de certains africains. Cet Occident-là sût déceler l’ivraie de la bonne graine parmi nous. Il a pris et acculturé des africains qui lui ressemblent. L’africain, à l’heure du numérique se demande encore qui il est réellement. Non pas tous les africains parce que bon nombre d’entre nous se complaisent dans la situation où ils sont. Passifs  et oisifs dans le moule de ceux qui les ont façonnés à leur image sans être leur vrai reflet. Comme nous l’apprenons, l’Occident et les arabes sont venus avec leurs livres sacrés. Nous avions toutes les richesses et vivions en harmonie et dans une certaine symbiose avec la nature. Ils nous ont forcés à voir autrement alors que nous avions notre propre philosophie, notre propre culture et notre propre savoir-faire. Les socles de toute société. Ils nous ont aussi travestis mentalement par le biais de leurs livres et de leurs armes. Le combat est perdu d’avance entre pot de fer contre pot de terre. Place à la colonisation rampante de l’Afrique ! Et si l’on coupait le cordon ombilical qui nous lie à l’Occident ? Ce boulet qui nous étrangle. Et nous concentrer enfin sur nous-mêmes et redéfinir la notion de frontières et de barrières douanières entravant notre développement et faisant le lit de la corruption endémique qui règne sur le continent. Mais tant que nous serons sous le joug de quelques pantins présidents dont leurs intérêts sont nichés sur l’autre bord de la rive, on ne sortira jamais du tunnel dépourvu de lumière où nous sommes. Et la question à brûle-pourpoint revenant en boucle, c’est celle tournant autour de l’identité de l’Homme africain. En effet, la bataille est lancée et per fas et nefas. Des mouvements de pensée se mettent en place. L’afro-centrisme s’invite dans les débats mais l’on ne parle pas de rupture radicale mais le changement est là et commence à poindre mais faudrait-il être au cœur du système pour combattre l’hydre ? La réponse coule de source. En effet, il nous faut retrouver notre authenticité. Celle que nous avons perdue depuis très longtemps et qui faisait notre fierté. Mais l’Occident continue à nous imposer sa vision des choses. Hommage à feu Jomo Kenyatta, le père de la nation kenyane, disant que les européens nous ont soudoyés avec la bible et ont pris nos richesses. Idem pour les arabes, nos lointains voisins avec leur religion. D’où une complaisance et un paternalisme sidérants faisant le terreau fertile de toute dérive sectaire et religieuse. Inutile d’aller loin. Les conséquences sont là et les faits têtus. En fait, l’africain se voyant in fine indépendant est dans une quête de soi et la seule question à sa survie qui vaille pour retrouver sa personnalité, c’est de rompre en catimini les amarres avec l’Occident et de s’inventer une autre vision de faire et de produire. Et de ne plus être la représentation de cet être inventé de toutes pièces. Miroir aux alouettes ou réalité, l’avenir proche nous le dira !
POUYE Ibra
 
Vendredi 11 Août 2017
Dakaractu



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