Condamnant les attaques terroristes : Mgr Benjamin N'diaye appelle au respect de la vie humaine et de l’environnement

La commémoration de la fête de Pâques a servi de tribune ce dimanche à Mgr Benjamin N'diaye pour s’offusquer des attaques terroristes à travers le monde. Le chef de l’Eglise catholique du Sénégal, qui pense que le temps des rites anciens est révolu, demande aux terroristes de respecter le commandement de Dieu qui dit : «Tu ne tueras point!»


Condamnant les attaques terroristes : Mgr Benjamin N'diaye appelle au respect de la vie humaine et de l’environnement
Les massacres commis par les terroristes sur leurs prochains touchent profondément le chef de l’Eglise du Sénégal. L’arche­vêque de Dakar voit très mal les multiples attentats qui occasionnent d’importantes pertes en vies humaines. «La présence providentielle d’un bélier à proximité du lieu désigne l’animal comme objet de substitution au sacrifice humain, en vue précisément de promouvoir le respect de la vie humaine. Et pourtant aujourd’hui encore, des hommes n’hésitent pas à massacrer leurs semblables dans des conflits de toutes sortes et aussi à travers les actions terroristes, allant même jusqu’à utiliser des fillettes pour les faire exploser comme des bombes humaines», a déploré l’archevêque de Dakar qui commentait la 2e lecture tirée du livre de la genèse et qui parlait du sacrifice de Abraham. «Quel sens ces gens ont-ils donc de Dieu et de son commandement qui dit : ‘’Tu ne tueras point’’ ?», s’interroge-t-il. Avant d’enseigner que «la tradition chrétienne a vu dans le personnage de Isaac une préfiguration de Jésus qui a porté le bois de sacrifice, comme Jésus a porté sa croix». Mais Jésus, poursuit-il, «a donné lui-même son corps et son sang dans l’eucharistie avant de s’offrir pour notre libération sur la croix. Il a été mis à mort et dans son sacrifice suprême, il a accompli le salut pour toute l’humanité en mettant ainsi fin à tous les sacrifices». 
Le prélat pense qu’il nous faut passer de nos rites anciens au culte véritable dans le Christ mort et ressuscité. Citant à nouveau Saint-Paul, il dira : «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n’a pas épargné son propre fils, mais l’a livré pour nous tous, comment avec son fils ne nous donnera-t-il pas tout ?», rassure-t-il
En s’appuyant sur le texte de la création tiré du livre de la genèse, Mgr Benjamin Ndiaye a rappelé que c’est sur sa parole créatrice que Dieu a appelé à l’existence ce qui n’existait pas. Et après avoir créé la nature, il a ainsi créé l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance. Mais «aujourd’hui, qu’avons-nous fait de cette création reçue de Dieu, de cette ‘’maison commune’’ ?», se demande-t-il en reprenant les termes du Pape François parlant de l’environnement. «Si cette ‘’maison commune’’ que nous devons entretenir en respectant l’intention et la mission reçues du créateur n’est pas bien entretenue, les nombreuses alertes sur les dégradations de l’environnement resteront vaines, tant que prévaudront des intérêts économiques immédiats sur la qualité de la vie», s’est préoccupé l’archevêque dans son homélie. 
L’ancien évêque de Kaolack pense que «nous devons cesser de nous donner bonne conscience en pensant que les prédateurs et les pollueurs c’est uniquement les autres et pas nous». Selon lui, «chacun doit s’examiner, au niveau qui est le sien, pour voir comment il peut contribuer à promouvoir un environnement sain, qui respecte la création, en changeant de comportement, en observant les bonnes et courageuses décisions favorables au bien de tous».
Mardi 29 Mars 2016
Dakaractu




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