Communiqué d’interpellation et de mise en garde du gouvernement sur les dérives insécuritaires dans le pays


La question de la sécurité intérieure du pays, liée à l’extrémisme prétendument religieux, a suscité l’inscription de cette thématique à l’ordre du jour du Dialogue national lancé il y a quelques mois par le Président de la République. Mieux, un certain nombre de mesures ont été prises par la suite, relatives au renforcement des moyens et du déploiement de nos forces armées à travers le pays et singulièrement le long de nos frontières.
Bien qu’elles soient louables, ces mesures sont cependant insuffisantes, tant il est vrai que, par-delà la question de l’islamisme radical, l’insécurité est devenue de nos jours un véritable phénomène de société et nous n’en voulons pour preuve que la multiplication des meurtres, viols d’enfants et autres phénomènes de grand banditisme, toutes choses dont notre pays était relativement épargné jusqu’ici et qui prend aujourd’hui des proportions alarmantes, horribles et inacceptables. 
S’agissant d’un secteur régalien par excellence, la sécurité des Sénégalais, de l’intérieur comme de l’extérieur, devrait donc être une préoccupation majeure du pouvoir en place et faire l’objet d’un traitement urgent, avant que les phénomènes d’autodéfense et la constitution de milices privées par les populations ne constituent un recours légitimé, mais regrettable et porteur de tous les dangers.
Il devrait s’agir, notamment, de s’intéresser aux questions suivantes :
la nécessité de renforcer les effectifs et les moyens des forces de police et de sécurité, tout en les mettant à l’abri de tentations pécuniaires par une revalorisation de leurs rémunérations ;
la réalisation de vastes programmes de sensibilisation/formation des militaires et policiers aux valeurs républicaines, aux droits humains et aux principes démocratiques et de l’Etat de droit ;
le renforcement de l’indépendance du système judiciaire et l’aménagement de conditions optimales pour un engagement réel du personnel judiciaire et parajudiciaire à  assurer une tolérance zéro à l’encontre des crimes et délits, surtout ceux se caractérisant par des circonstances aggravantes ;
un aggiornamento des responsables publics et politiques en ce qui concerne les pratiques de mal gouvernance et de mauvaise gestion de nos deniers publics, afin de pouvoir mettre un frein à la culture d’antivaleurs et d’inverser la mauvaise perception des populations à cet égard ;
la mise en œuvre des mesures indispensables dans les secteurs sociaux : de l’éducation civique et de l’éducation à la citoyenneté ; du système éducatif national ; de la lutte contre la précarité et les phénomènes d’exclusion ; de la réinsertion des marginaux et de la lutte contre la drogue ; et, enfin, de la protection sanitaire.     
C’est parce que, par la grâce de Dieu, le Sénégal a  été jusqu’ici épargné par les démons de la violence crapuleuse et de la barbarie, que la Plateforme politique « AVENIR, Senegaal bi ñu bëgg » en appelle à Monsieur le Président de la République, sur qui pèse le devoir impérieux de veiller à la sécurité des personnes et des biens, pour qu’il prenne d’urgence les mesures idoines susceptibles de garantir à la fois le bien-être et la sécurité des citoyens.
La Plateforme politique « AVENIR, Senegaal bi ñu bëgg » en profite pour appeler tous les acteurs sociaux et politiques, ainsi que tous les chefs religieux et coutumiers, à dénoncer publiquement, solennellement et fermement, dans leurs communautés respectives et partout où ils se trouvent, de telles dérives indignes de notre société, chacun de nous devant placer l’harmonie de notre société et notre stabilité sociale - qui constituent l’exception sénégalaise - au-dessus des contingences matérielles et des expédients lucratifs et/ou ludiques.

Dakar, le 21 novembre 2016

Le Secrétariat exécutif de la Plateforme politique « AVENIR, Senegaal bi ñu bëgg »
Dimanche 20 Novembre 2016
Dakaractu



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