Comment l'inconnu Evan McMullin pourrait devenir le prochain président américain

Quand le mouvement conservateur #NeverTrump a choisi Evan McMullin comme champion, tout le monde a bien rigolé. Mitt Romney et le sénateur Ben Sasse ayant refusé de se lancer dans une candidature dissidente, McMullin, un ancien agent de la CIA sans expérience politique, apparaissait comme le chant du cygne d’un mouvement mort-né. Mais alors que Donald Trump s’effondre, cet inconnu décolle dans les sondages en Utah. Et une victoire dans cet Etat pourrait, dans un scénario rocambolesque digne de la série House of Cards, lui ouvrir les portes de la Maison Blanche. Preuve par trois.


1.Gagner l’Utah

Là, ce n’est pas de la science-fiction. Alors que les frasques sexuelles de Donald Trump défraient la chronique, le Mormon Evan McMullin est prophète en son pays. Un sondage de Rasmussen publié lundi donne les trois candidats à quasi-égalité, entre 28 et 30 % des intentions de vote. McMullin, collaborateur parlementaire du groupe républicain de la Chambre des représentants, joue à fond la carte du troisième homme, répétant souvent que l’Amérique « mérite mieux que Trump ou Clinton ».

2.Personne n’atteint la majorité absolue

Le chiffre magique, c’est 270. Cela représente la majorité absolue des grands électeurs du collège électoral (on le rappelle, le président américain est élu au suffrage universel indirect, un peu comme les sénateurs en France). A l’heure actuelle, Clinton est près du but, avec 256 votes qui semblent garantis, contre seulement 164 pour Trump. Mais si ce dernier gagne presque tous les Etats serrés, comme la Floride l’Ohio et la Caroline du Nord, et que dans le même temps, McMullin remporte les 6 voix de l’Utah, il existe plusieurs scénarios dans lesquels personne n’atteint 270. C’est très improbable mais pas impossible : Five Thirty Eight calcule la probabilité à 1,7 %.

3.La Chambre des représentants élit McMullin

En cas de blocage, c’est en effet la Chambre des représentants nouvellement élue qui désigne le président. Et si Trump et Clinton terminent dans un mouchoir, les républicains devraient normalement conserver le contrôle de la Chambre (seule une victoire de Clinton dans un raz-de-marée permettrait aux démocrates de s’imposer). Alors que de nombreux élus conservateurs ont désavoué Donald Trump, ils pourraient donc le trahir et voter pour Evan McMullin. Bon, on rappelle quand même que selon l’analyse des sondages du Princeton consortium, Hillary Clinton a 96 % de chances de devenir présidente.
Mardi 18 Octobre 2016
Dakaractu



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