Chérif Lehibe Aidara responsable politique à Kolda : « La libération de Karim Wade peut apaiser le climat social au Sénégal »

Chef religieux de la famille chérifienne de Kolda et leader du mouvement "Baamtaaré Sénégal", Chérif Lehibe Aidara s'est entretenu avec Libération. Durant cet entretien, il est revenu sur la création de son mouvement "Baamtaaré Sénégal", son soutien au président Macky Sall, sur le manque d’infrastructures dans la région de Kolda, mais aussi de la libération annoncée de Karim Wade.
Entretien...


Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Je m’appelle Chérif Lehibe Aidara. Je suis guide religieux et président du mouvement Baamtaaré Sénégal (Développement du Sénégal)

Chérif vous êtes politicien. Vous militez à Kolda. Comment se passe la politique dans le Fouladou?

Vous savez, je suis entré dans la politique en 1999 avec l’AFP de Moustapha Niasse dont je suis l’un des membres fondateurs et coordonnateur régional. J’y étais jusqu’en 2012 l’année durant laquelle j’ai fondé le mouvement « Bamtaré Sénégal ». Au début c’était « Baamtaaré Fouladou » mais vu que le mouvement s’est implanté dans beaucoup de départements du pays, on a changé l’appellation en « Baamtaaré Sénégal ».
La politique au Fouladou est très compliquée. D’abord du fait de la superficie très large de notre région de Kolda qui compte les départements de Vélingara, Médina Yoro Foulla et Kolda. C’est une région difficile d’accès avec un enclavement interne comme externe cumulé à cela l’insécurité et pire encore la pauvreté des populations. Donc, pour qu’un homme politique émerge au Fouladou, il lui faut nécessairement de gros moyens et beaucoup de courage politique.

Le Mouvement « Baamtaaré Sénégal » que vous dirigez est en étroite collaboration  avec l’APR. Quels sont vos rapports avec le camp du président Macky Sall?

Je pense qu’après constat sur le terrain politique, le président de la République Macky Sall a bien voulu nous inviter à ses cotés. C’est ainsi que le mouvement s’est concerté entre ses membres et a décidé de soutenir le président Macky Sall dans sa volonté de mettre le Sénégal sur les rails de l’émergence. Notre objectif est de faire en sorte qu’il ait un second mandat en 2019. Ce soutien est aujourd’hui plus que d’actualité car le mouvement est en train de se massifier, de se battre et de convaincre les populations sur la politique et la vision du président Macky SALL qui est une vision très positive pour le Sénégal. D’abord le PUDC nous a convaincu, le PSE nous a convaincu, sans compter les politiques sociales avec la couverture maladie universelle, les bourses de sécurité familiale et tant d’autres. Donc, pour nous, nos idées ont concordé avec celles de Macky Sall alors nous avons décidé de le soutenir. Ce qui nous a fait courir pendant 17 ans en politique, nous l’avons retrouvé avec le président Macky SALL sans compter les infrastructures routières qui permettent à notre région de connaitre un désenclavement. Voici en gros ce pourquoi nous sommes en train de soutenir le président Macky Sall.

Votre soutien a été décisif lors du dernier référendum qui s’est soldé avec une écrasante victoire du « OUI ». Quel a été votre rôle durant ce référendum la?

La chance qu’on a eu à Kolda c’était d’abord l’entente. Il y avait une véritable unité entre l’APR, les partis membres de Benno Bokk Yaakar mais aussi les mouvements de soutien comme le notre. Ensemble nous avons créé une dynamique et une synergie d’actions qui a fait que les partisans du « NON » ont été lamentablement battus à Kolda. Je pense que si cette dynamique continue, il est clair que le président de la République n’aura pas de soucis à se faire à Kolda car il aura une large victoire dans toute la région du Fouladou.

Combien de membres compte votre mouvement « Baamtaaré Sénégal »?

Au jour d'aujourd'hui nous sommes en train de vendre nos nouvelles cartes de membres. Nous avons commandé plus de 30 000 et au vu des résultats  obtenus nous dépassons plus ce nombre en électorat. Sans compter les élus locaux dans les différentes départements où nous sommes présents. Nous avons plus de 200 élus locaux, de conseillers départementaux et communaux. Donc c'est un mouvement qui est en train de prendre de l'aile, qui grandit et qui est sérieux. 'Nous prévoyons de nous investir pour les prochaines échéances électorales et le président saura qu'il a un soutien de taille.

Le Fouladou a toujours souffert d’infrastructures routières. Est ce que le PUDC est arrivé là-bas?

Notre principal problème est le Médina Yoro Foulla qui peine à avoir des routes. Il n y a que des pistes difficiles à pratiquer alors le goudron est vivement souhaité là-bas. C’est un grenier agricole sur le plan d’abord de la culture de l’arachide, du mil et des autres variétés. Le département de Médina Yoro Foulla doit bénéficier de plus d’attention de la part du pouvoir central. De part sa superficie et le nombre de ses habitants, Médina Yoro Foulla a un capital humain non négligeable. Le PUDC est vivement attendu à Médina Yoro Foulla mais il y a aussi le département de Sédhiou. Vous avez que le Balantacounda est un pôle économique extrêmement important. Si on arrivait à désenclaver le Balantacounda à savoir le lier au chef lieu de région de Sédhiou, par un pont qui va traverser le fleuve, je pense cela règlerait pas mal de problèmes. Il y a Vélingara avec le barrage de Hananbé. C’est le seul barrage qui peut régler le problème en riz de notre pays. Donc le chef de l’Etat doit regarder de ce cote là pour que le pôle Casamance qu’il souhaite tant, joue son rôle dans le développement économique et social de notre pays et dans l’émergence du Sénégal.

Beaucoup de chefs religieux se sont prononcés sur la menace terroriste. Qu’en pensez-vous?

Vous savez, peut-être dans des zones comme la région de Cap-Vert à Dakar, cela peut être inquiétant, mais chez nous là-bas, l’Islam qui y est prônée, c’est celle des nos grands hommes (Cheikh Ahmadou Bamba, El hadj Malick Sy, Cheikhna Cheikh Sadbou, Baye Niass etc). L’Islam que nous prônons l’-bas n’a rien à  N'empêche Nous avions pris nos dispositions parce que par exemple moi qui suis à la tête d'une famille cherifienne a KOLDA, Nous sommes en phase de sensibilisation. Nos jeunes, nos disciples ainsi que nos enfants sont tous sensibilisés et on leur fait comprendre que l'islam est une religion de paix et de pardon. Le mot Islam déjà prouve que c'est la paix qui importe. Partout il y a rencontre religieuse, ce message est passé. Les imams sensibilisent aussi parce qu'ils la chance de communier 5 fois par jour avec les populations. Nous touchons le maximum de personnes à qui on dit que le Sénégal doit vivre l'islam dans la manière la plus simple et la plus saine.

Que pensez-vous du dialogue national initié par le Président Macky Sall?

Il y'a une phrase du président Macky Sall qui m'a impressionné. Macky Sall est un rassembleur car quand il dit :" malgré nos divergences et différences nous avons en commun le Sénégal. Nous devons pouvoir préserver les acquis démocratiques de notre pays". C'est un message d'espoir de la part du Président. J'étais dans la salle Quand il le disait et je sentais de la sincérité et d'engagement dans son discours. Macky Sall est un homme qui veut emmener le Sénégal plus loin encore et il veut aider le pays et les sénégalais. Ses détracteurs doivent avoir une petite dose de sérieux et de retenu. Notre pays doit aller de loin et la division n'est pas une bonne chose. On doit préserver la consolidation de notre acquis démocratiques.

Que pensez-vous de l'annonce de la libération de Karim Wade par grâce présidentielle ?

La grâce présidentielle est prévue par la Constitution. Je pense que le président de la République est un homme qui respecte la constitution et les institutions du pays. Si cela pouvez arriver, j'en serais fier. Macky Sall est un homme de paix et un rassembleur et au delà de ça, je pense que si cette grâce pouvait avoir lieu, ça allait apaiser le climat social du pays. Monsieur Karim Wade a purgé plus de la moitié de sa peine en prison. Je pense que compte tenu de son comportement, je pense qu'il mérite cette clémence. Je demanderais personnellement au président de la Républicain de le libérer. Je pense que s'il le faisait à l'occasion de ce mois béni de Ramadan, ça serait bien. Il peut le faire et il a tout à gagner en le faisant. Le Sénégal nous appartient à tous et on doit tout faire pour maintenir un climat de paix et de cohésion nationale. 
Jeudi 23 Juin 2016
Dakaractu




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