Chelsea et PSG au même stade

Hôte du 8e de finale retour de Ligue des champions entre Chelsea et le PSG (19h45), Stamford Bridge prépare sa mue, comme le Parc à Paris. Objectif commun : accroître la capacité pour maximiser les revenus "match day".


Chelsea et PSG au même stade
Un même objectif stratégique : 60 000 places
Ils sont donc deux à «rêver plus grand». Le propriétaire (Chelsea) comme le locataire longue durée (le PSG est chez lui au Parc des Princes jusqu'en 2044 selon une "convention d'occupation" passée avec la Ville de Paris). Huitième et quatrième clubs les plus riches du monde selon le cabinet Deloitte, l'un et l'autre visent des recettes "match day" (billetterie et consommation) plus importantes qu'aujourd'hui. Avec respectivement 42 000 (Chelsea) et 48 000 places (PSG), les meilleurs ennemis en Ligue des champions sont à l'étroit. Stamford Bridge, ce mercredi, comme le Parc au match aller (2-1 le 16 février) auraient pu être remplis deux fois. Leurs clubs résidents se sont fixé  un même but : porter la capacité à 60 000 spectateurs, comme à Arsenal et Lyon par exemple.
Recettes stade : Paris progresse, Chelsea stagne

Paris a un coup d'avance puisque de premiers travaux, conduits entre mars 2013 et août 2015 en vue de l'Euro 2016, ont notamment permis de porter à 3600 le nombre des juteux "business seats". L'objectif est de 6000 sièges à forte rentabilité au terme de la phase II de la modernisation, soit 12% de la future capacité totale. Chelsea en espère de son côté près de 9000 (15%), contre 4600 actuellement. Les travaux du Parc se sont traduits dans les comptes du PSG par une progression de 22% des recettes "matchday" en 2015, alors que la même ligne de revenus à Chelsea a accusé un léger recul, hors effet de change. Le club londonien gagne toujours plus dans son stade que son rival dans le sien mais l'écart se réduit : 93 millions d'euros contre 78. 

Projets : l'un casse tout, l'autre modernise
La question de l'agrandissement n'est pas nouvelle à Chelsea mais l'affaire s'est accélérée il y a peu. Après avoir étudié la piste d'un déménagement, y compris vers la mythique centrale électrique de Battersea (la fameuse pochette des Pink Floyd), les Blues ont soumis en novembre dernier un pojet de destruction / reconstruction du stade historique. Le cabinet suisse Herzog & de Meuron ("Nid d'Oiseau" de Pékin, Allianz Arena de Munich et Matmut Atlantique de Bordeaux) a dessiné un stade de verre et de métal enserré dans 264 colonnes de briques, un clin d'oeil, dit-on, à l'Abbaye de Westminster. Le coût - au moins 775 millions d'euros - sera entièrement pris en charge par le propriétaire, Roman Abramovich. Le club a promis aux fans qu'ils pourraient occuper les mêmes places dans les tribunes reconstruites aux noms inchangés. 

Les colonnes de briques "à la Westminster" du futur Stamford Bridge. (D.R)
Le PSG n'a pas la même liberté pour s'agrandir. Sauf énorme surprise, le Parc des Princes, momument quasi historique conçu par l'architecte Roger Taillibert, ne sera pas détruit et reconstruit mais modernisé, ce qui exigera de lourds travaux que les Qataris seraient d'autant plus enclins à lancer s'ils devenaient propriétaires. Le Parisien - Aujourd'hui en France a fait état en octobre dernier de discussions «secrètes» entre le club et la Ville et évoqué un prix de vente «inférieur à 100 millions d'euros». La mairie et le club ont démenti mais le projet de modernisation reste d'actualité. D'un coût au moins équivalent à la première tranche de travaux (75 M€), il pourrait recevoir l'imprimatur du Conseil de Paris «fin 2016 ou début 2017» selon la maire, Anne Hidalgo. Le PSG pourrait déménager temporairement au Stade de France. Chelsea, lui, vise Wembley.
Mercredi 9 Mars 2016
Dakaractu




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