Cheikh Ould Saleck, l’homme le plus recherché en Mauritanie et au Sénégal : Sur les pas d’un tueur


Cheikh Ould Saleck, l’homme le plus recherché en Mauritanie et au Sénégal : Sur les pas d’un tueur
Depuis son évasion de la prison centrale de Nouakchott, Cheikh Ould Saleck est l’homme le plus recherché en Mauritanie et au Sénégal où une chasse à l’homme a été déclenchée vers Saint- Louis et environs.

Qui est cet homme qui a tenu à laisser un mot à ses geôliers avant de se tailler ?

Ce 02 février 2011, les habitants de Ryad, une bourgade se trouvant au Sud de Nouakchott, en Mauritanie, sont en panique. Une forte détonation, ressemblant à une bombe qui explose, a secoué la commune. Ils n’avaient pas tort de s’inquiéter. Sauf que c’est l’armée mauritanienne qui venait de faire feu sur un véhicule bourré d’explosifs qui filait tout droit vers Nouakchott.
La voiture, qui faisait partie d’un convoi de trois véhicules qui quittaient le Mali, le 30 janvier, avait, à son bord, deux individus «soufflés» par l’explosion. L’armée mauritanienne continue de traquer les deux autres véhicules qui seront abandonnés par leurs occupants.
L’un d’eux qui portait une ceinture explosive n’hésite pas à appuyer sur le détonateur lorsqu’il se rend compte que les militaires l’avaient cerné à hauteur du village de Tessem 2.
Le Sénégal, à l’instar des autres voisins de la Mauritanie, est aussitôt alerté pour sécuriser la frontière terrestre entre les deux pays afin d’éviter que les autres fugitifs ne disparaissent dans la nature. Le dispositif mis en place se révèle payant puisque l’un des membres du commando, Cheikh Ould Saleck, âgé à l’époque de 27 ans, sera intercepté alors qu’il tentait de traverser le fleuve Sénégal. Quelques heures avant, un des complices, un Bissau-guinéen répondant au nom de Youcef Galissa, était arrêté en Mauritanie alors qu’un troisième, Lemine Ould M’Balla, tombait au Mali plusieurs jours plus tard.
Malgré l’échec de l’opération, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) diffuse un communiqué et révèle que le commando, qui était à ses ordres, avait pour objectif principal d’assassiner le Président Mohamed Ould Abdel Aziz qui devait, le même jour, rentrer en Mauritanie après avoir pris part au sommet de l’Union africaine (Ua) à Addis Abeba.
«Nous devions faire exploser les voitures piégées au ministère de la Défense, à la direction de la police et devant le siège de l’ambassade de France. La puissance explosive de chacune des voitures piégées pouvait faire des dégâts énormes sur 500 mètres à la ronde. Nous devions faire exploser, à l’aide d’une grenade, le portail de l’ambassade de France afin de frayer un chemin pour la voiture et ensuite la faire sauter à l’intérieur de la chancellerie», avouera plus tard Cheikh Ould Saleck, selon les procès verbaux.

Une évasion et des questions

Saleck qui a fait ses armes dans le Nord Mali aux côtés de la Katiba des Moulethemines, est aujourd’hui l’homme le plus recherché en Mauritanie, mais aussi au Sénégal, depuis son évasion spectaculaire survenu le jeudi 31 décembre dernier.

Que s’est-il passé ce jour-là à la prison centrale de Nouakchott ?

Des sources autorisées de Libération renseignent que sa disparition a été constatée vers les coups de 14 heures lorsque ses co- détenus ont été intrigués par son absence à l’heure de la prière. Comment l’un des détenus les plus surveillés de la Mauritanie a t-il réussi à se faire la belle ? Manifestement, Cheikh Ould Saleck a bénéficié de complicités internes et externes puisque les premiers éléments de l’enquête laissent à penser qu’il s’est déguisé en...garde pénitentiaire pour se fondre dans la nature.
Non sans laisser dans sa cellule une feuille sur laquelle il avait écrit «Khaled Abou Abass», le surnom d’un chef djihadiste.
Le témoignage d’un détenu, recueilli par les enquêteurs mauritaniens, semble étayer qu’il a minutieusement préparé son coup puisqu’en «bon musulman», il a soldé toutes les dettes contractées auprès de certains de ses codétenus avant de se tailler. Autre coïncidence troublante, ce jeudi 31 décembre, comme par hasard, les caméras de surveillance de la prison ne fonctionnaient plus.
Selon nos informations, un maton en poste le jour des faits, a été mis aux arrêts en même temps que l’épouse du fugitif qui lui a rendu visite quelques heures avant sa «disparition».
Depuis, les services sénégalais et mauritaniens ont déclenché une chasse à l’homme qui a conduit, comme nous le révélions, à plusieurs interpellations dans la localité de Saint-Louis pour des vérifications d’identité. Qui plus, les autorités mauritaniennes disent avoir «borné» le téléphone du fugitif au Nord du Sénégal où une équipe de la Division des investigations criminelles (Dic) a été déployée alors que la gendarmerie renforçait son dispositif de surveillance au niveau de la frontière terrestre.
Mercredi 6 Janvier 2016
Dakaractu




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