Charlotte : Leçon d'une police


Charlotte : Leçon d'une police
Le 20 Septembre 2016 dans la ville de Charlotte, état de la Caroline du nord, le meurtre d'un noir de 43 ans répondant au nom de Keith Lamont Scott par un policier, déclenche des émeutes et manifestations nocturnes qui vont causer plusieurs blessés, dont plus d'une quinzaine de policiers. Le gouverneur demande l'état d'urgence et l'armée est appelée à la rescousse, au vu de l'ampleur des manifestations et de leur prolongation sur plusieurs jours. Au troisième jour le maire de Charlotte, Jennifer Roberts instaure un couvre feu allant de minuit à  six heures du matin et c'est là qu'il va se passer quelque chose de très intéressant pour tout le monde: une leçon servie par les autorités de la police de cette ville à leurs collègues du monde entier, surtout des pays sous développés.

La troisième nuit de manifestation avait en effet coïncidé à une désescalade de violence, qui rendait inopportuns et même dangereux couvre feu et surcroît de policiers dans les rues. Cela l'autorité administrative pouvait l'ignorer, mais pas des officiers de police bien expérimentés. Car ce qui arrive souvent c'est qu'au gré d'une élection un profane parvienne à une position de commandement d'un territoire donné, dépourvu d'aptitudes suffisantes et nécessaires à la gestion d'éventuelles situations, et agisse par la suite au mépris de la compétence des officiers de police et militaires placés sous son autorité. En l'occurrence cela peut ne pas avoir été le cas, puisqu'aucune critique ne s'est élevée contre le maire pour sa décision d'instaurer le couvre feu à ce que je sache. Par contre il est arrivé tout simplement que le capitaine Mike Campagna chef de la police de charlotte avait décidé d'ignorer le couvre feu décrété par le maire et en conséquence n'avait pas prévu que ses troupes forçassent les manifestants à rentrer chez eux en respect au couvre feu, tant que les manifestations demeureraient pacifiques. Le résultat est que les manifestants ont marché jusqu'au petit matin sans violence aucune. Mieux, avec l'entrée en jeu d'activistes pour la paix comme Nwadike fondateur du projet " Free Hugs"  ( étreintes en toute liberté ), il y avait eu des ėchanges d'étreintes entre policiers anti-émeutes et manifestants dont les images ont fait le tour du monde et battu des records d'entrées sur le net. Là,  la responsabilité, l'expérience et l'intelligence ont parlé. La tenue a été honorée par ces heureuses initiatives et tout parent de policier peut être fier de savoir combien ce dernier a de valeur ajoutée dans les situations de crise. Une société ne peut être réellement démocratique sans une police expérimentée, moderne et bien équipée qui préserve avec efficience l'ordre public, sans pour autant être une terreur pour les citoyens, à la solde d'un pouvoir dictatorial.

Au Sénégal nous pouvons nous réjouir d'être parmi les pays ayant les meilleures réputations en matière de démocratie en Afrique. Nous avons déjà connu deux alternances électorales sans contestation ni violence, même si dans les périodes préélectorales il y a eu des tensions qui ont causé quelques morts. Cependant lors des dernières élections nous avons vu durant une  manifestation, une haute autorité de la police donner instructions à ses agents de viser et tirer sur la voiture d'un chef de parti, qui de surcroît avait été député et maire d'une ville. Autant de zèle  n'avait pourtant pas empêché le régime pour lequel cette répression féroce était perpétrée d'être destitué. Et qu'est devenu ce zélé officier dont on a plus de nouvelles depuis? Nul n’entend plus parler de lui. Fort heureusement son plan n'avait pas marché car si ses instructions avaient donné lieu à la perte d’une vie, je l’imagine mal vivre avec ses problèmes de conscience.



La tenue ne fait pas forcément d'une personne une brute, un monstre, ou un chien méchant avec une laisse au cou, tenue par le maître. Elle est plutôt pour un homme ou une femme un motif d’admiration et de respect de la part du reste des citoyens.

L'opposition de chez nous va marcher le 14 octobre prochain. Nos autorités politiques seront mis à l'épreuve face à cette manifestation légitime. Pourvu que la réaction et les initiatives des une et des autres m’offrent une opportunité de magnifier des faits exceptionnels.
Mercredi 12 Octobre 2016
Dakaractu



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