Cameroun : ce qu’il faut savoir après la catastrophe ferroviaire

Au moins 79 morts, plus de 600 blessés. C’est le bilan, pour l'instant, de la catastrophe ferroviaire qui a frappé le Cameroun vendredi dernier. Depuis, de nombreuses questions restent encore sans réponse.


Cameroun : ce qu’il faut savoir après la catastrophe ferroviaire
Selon le dernier bilan officiel, soixante-dix neuf personnes ont péri dans le déraillement du train qui effectuait la liaison Yaoundé-Douala, vendredi 21 octobre, près d’Eseka. Ce chiffre pourrait toutefois avoir augmenté, puisque plus de 600 blessés avaient été pris en charge le même jour, dont certains dans un état grave.

Depuis l’accident, de nombreuses questions agitent le pays, notamment au sujet de la responsabilité de la société Camrail, qui exploite la ligne Yaoundé-Douala, et sur la prise en charge des victimes et de leur famille. Jeune Afrique fait le point.

Quelles enquêtes ont été lancées ?

« J’ai ordonné une enquête approfondie pour identifier les causes de cet accident », a assuré Paul Biya, le chef de l’État, à la télévision publique dimanche 23 octobre. Plusieurs ont en réalité déjà été lancées. Au-delà d’un volet interne au sein de Camrail, le parquet de la Cour d’appel, dont dépend la ville d’Eseka, a indiqué mardi 25 octobre qu’une enquête judiciaire conjointe police-gendarmerie avait été ouverte.

Un responsable de l’entreprise Bolloré, propriétaire de Camrail, a fait savoir que le train circulait à une vitesse excessive. « On a des éléments qui semblent montrer que le train était à une vitesse de l’ordre de 80-90 km/h dans des zones où il aurait dû être à des vitesses beaucoup plus basses », a précisé Éric Melet, président de Bolloré Africa Railways. Selon une source locale, le chauffeur du train aurait lui-même indiqué à la gare d’Eseka que le train ne pourrait pas freiner à l’approche de la station.

Paul Biya a également signé mardi 25 octobre un décret portant création d’une commission d’enquête, présidée par le Premier ministre et constituée de ministres ayant en charge les questions de sécurité. Des officiers de la police judiciaire ont notamment procédé à l’audition du conducteur du train, selon RFI. Selon le dernier bilan officiel, soixante-dix neuf personnes ont péri dans le déraillement du train qui effectuait la liaison Yaoundé-Douala, vendredi 21 octobre, près d’Eseka. Ce chiffre pourrait toutefois avoir augmenté, puisque plus de 600 blessés avaient été pris en charge le même jour, dont certains dans un état grave. Depuis l’accident, de nombreuses questions agitent le pays, notamment au sujet de la responsabilité de la société Camrail, qui exploite la ligne Yaoundé-Douala, et sur la prise en charge des victimes et de leur famille. Jeune Afrique fait le point. Quelles enquêtes ont été lancées ? « J’ai ordonné une enquête approfondie pour identifier les causes de cet accident », a assuré Paul Biya, le chef de l’État, à la télévision publique dimanche 23 octobre. Plusieurs ont en réalité déjà été lancées. Au-delà d’un volet interne au sein de Camrail, le parquet de la Cour d’appel, dont dépend la ville d’Eseka, a indiqué mardi 25 octobre qu’une enquête judiciaire conjointe police-gendarmerie avait été ouverte. Un responsable de l’entreprise Bolloré, propriétaire de Camrail, a fait savoir que le train circulait à une vitesse excessive. « On a des éléments qui semblent montrer que le train était à une vitesse de l’ordre de 80-90 km/h dans des zones où il aurait dû être à des vitesses beaucoup plus basses », a précisé Éric Melet, président de Bolloré Africa Railways. Selon une source locale, le chauffeur du train aurait lui-même indiqué à la gare d’Eseka que le train ne pourrait pas freiner à l’approche de la station. Paul Biya a également signé mardi 25 octobre un décret portant création d’une commission d’enquête, présidée par le Premier ministre et constituée de ministres ayant en charge les questions de sécurité. Des officiers de la police judiciaire ont notamment procédé à l’audition du conducteur du train, selon RFI. a surcharge du train est-elle en cause ?

Plus de 1 300 personnes voyageaient à bord de ce train, où huit wagons avaient été ajoutés, suite à la coupure de l’axe routier Yaoundé et Douala dans la matinée, rendant impossible le passage en voiture entre les deux villes. La surcharge de passagers est-elle en cause ? Rien ne permet de l’affirmer de manière définitive mais cette hypothèse, combinée à une vitesse excessive, tient la corde.

Plusieurs partis politiques d’opposition ont d’ores et déjà appelé à la démission de Edgar Alain Mebe Ngo’o. Est-ce ce dernier, ministre des Transports, ou la Camrail qui a pris la décision d’ajouter huit voitures au train ayant déraillé ? « Ce n’est pas le ministre qui prend la décision. Le ministre donne une orientation générale », s’est défendu Edgar Alain Mebe Ngo’o. Il a par ailleurs souligné en conférence de presse s’être félicité, sur le moment, de cette décision parce qu’elle permettait de proposer « une solution pour tous ceux qui voulaient prendre la route ».

« Je dois souligner que la réaction du gouvernement m’a paru assez positive, aussi bien du côté des ingénieurs (…) que de tous les autres services qui ont œuvré, le Ministère des Transports, le Ministère des Travaux Publics », a de son côté soutenu Paul Biya après l’accident. Beaucoup ont critiqué le fait qu’il ne se soit pas rendu lui-même sur les lieux de l’accident.

Camrail n’a pas souhaité donner plus de précisions. Le président de Bolloré Africa Railways a cependant affirmé que le nombre de wagons avait été doublé pour faire face à un afflux de voyageurs mais sans dépasser la capacité d’accueil maximum autorisée. Éric Melet a uniquement pointé du doigt un dépassement de la vitesse de circulation, ce que semble confirmer le témoignage du chauffeur, selon une source proche du dossier.

La route Yaoundé/Douala est-elle la première fautive ?

De nombreux observateurs ont pointé du doigt la vétusté de la route nationale 3 (RN3) reliant Douala à Yaoundé, dont l’effondrement a provoqué l’afflux de voyageurs à la Camrail. « Est ce qu’il fallait construire une autoroute ou est-ce qu’il fallait construire des stades à 550 milliards de francs CFA pour une Coupe d’Afrique des nations qui dure une semaine ? », a soulevé Joshua Osih, vice-président du SDF (Front social démocrate), à la télévision Equinoxe.


Le chantier de l’autoroute 2×2 voies, engagé fin 2014 et prévu par tranches, a bel et bien démarré, pour un coût estimé à quelque 750 millions d’euros, apportés pour 85 % par China EximBank et le solde, par l’État. Mais les travaux, même s’ils se sont accélérés ces derniers mois, avancent peu et la RN3 reste donc l’unique moyen de voyager par la route.

Or, l’effondrement de buses métalliques, cause de la rupture de la chaussée ce 21 octobre, y est fréquent, en particulier en période de fortes précipitations. En décembre 2015 par exemple, des travaux avaient déjà dû être effectués pour les mêmes raisons à Mapubi et à Nkankanzock.

Les secours ont-ils mis trop de temps à arriver sur les lieux ?

Selon Joshua Osih, vice-président du SDF, présent sur place quelques minutes après le drame, de nombreuses personnes sont mortes avant d’avoir pu être secourues. « Les accidents, cela arrive. Mais c’est aussi la prise en charge qu’il faut complètement revoir », a témoigné le député à la télévision.

Selon les témoins sur place, les secours sont arrivés plusieurs heures après l’accident et avec des moyens très limités, relayant les populations d’Eseka qui avaient été les premières sur place. Celles-ci ont notamment prodigué les premiers soins sur place et emmené les premiers blessés dégagés avec leurs véhicules personnels, voitures ou motos.

Les moyens et les équipements des hôpitaux locaux, ayant rapidement été submergés, les équipes spécialisées, accompagnées de militaires, ont été acheminées pour la plupart plus de quatre heures après le déraillement. « Ce n’est que tard le soir qu’on a vu les ambulances arriver. Sur place, ce sont des voitures personnelles qui venaient secourir. Jusqu’à 18h30 il n’y avait ni secours, ni ambulance, ni aucun service d’aide psychologique », déplorait Patrick Goldmann, journaliste et rescapé auprès des médias locaux.

AP/SIPA
Les blessés et les familles des victimes sont-elles prises en charge ?

La majorité des 600 blessés annoncés a été évacuée vers la métropole portuaire de Douala. Au 23 octobre, quinze établissements hospitaliers y étaient mobilisés. 95 blessés avaient été pris en charge à l’hôpital général, 99 à l’hôpital Laquintinié, 30 à l’hôpital militaire, 36 à la polyclinique Muna. En tout, 317 blessés avaient été admis dans l’un des quinze lieux hospitaliers répertoriés à Douala.

Trois cellules de crise ont été installées progressivement à partir du vendredi 21 au soir, à la gare de Yaoundé, à la direction générale de Camrail à Bessengué (Douala), et au ministère des Transports, où une dizaine de fonctionnaires étaient mobilisés  pour la circonstance. Elles servent notamment à orienter les proches des  victimes vers les centres hospitaliers. Des psychologues y reçoivent également les parents, amis et connaissances des victimes.

« J’ai pris les mesures pour que les soins médicaux aux victimes soient pris en charge par l’État », a par ailleurs déclaré le chef de l’État, Paul Biya. Selon des témoins dans les hôpitaux de Douala, les frais de santé sont désormais totalement payés par l’administration, même si ce système a eu du mal à se mettre en place dans les premières heures. Les coûts d’hospitalisation devraient également être en partie pris en charge par la Camrail.



Avec jeuneafrique
Mercredi 26 Octobre 2016
Dakaractu



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