CREI : Comme un avion sans ailes…


CREI : Comme un avion sans ailes…
La Crei va vers le crash.. Avec Macky Sall à bord. On se demande s’il y a véritablement un pilote aux commandes de cet objet volant qui court après drone dont on sait qu’ils ne sont pas détectables. « Drone de gosse » pourrait-on dire en parlant de Karim Wade, dont les 700 milliards supposés détournés fondent au soleil de Singapour et de Monaco, pour devenir 117, puis  moins 47, ce qui fait, sortons nos calculettes… 10 ans de prison. On comprend que la Crei se hâte lentement pour arriver à un verdict qui déjà sent le souffre puis qu’il va intervenir après que les avocats qui défendent l’ancien ministre des airs et de la terre, auront décliné toute plaidoirie et auront transformé ce looping en en dangereux piqué vers un sol qui risque d’être dru, pour le commandant de bord, en regard de la présidentielle 2017.
D’abord ce procès au long cours commence à sérieusement pédaler dans la semoule en raison de ces nombreuses incohérences et ses tâtonnements hasardeux, qui lui confèrent une atmosphère de procès quasi stalinien avec interrogatoires à la barre d’une rare violence, quand ils ne sont pas tout simplement surréalistes, évoquant les types de bus de AHS, leur équipement en sièges assis ou leurs disposition en lecteurs CD ou Laser… Franchement, vaut parfois mieux entendre ça que d’être sourds. Jusque là, ça rigole…
Mais quand une cascade d’évènements atteste de ce joyeux désordre, on frise le stalinien, à voir un Procureur débarqué en pleine audience, comme le fut Alioune Ndao, sentiment renforcé par le ministre de la Justice lui-même qui justifie cette stupéfiante décision en disant à peine penaud, le lapsus révélateur, que ce monsieur « était devenu incontrôlable ». Aurait-il voulu rajouter un peu plus de chaleur à des patates déjà brûlantes qui emplissent la bouche du commandant de bord virtuel de cet avion devenu lui-même incontrôlable ? Ah bon ? La justice serait donc contrôlée ? On en apprend de belles de la part d’un ministre qui fut naguère avocat d’un des prévenus, Bibo Bourgi en l’occurrence, et qui avait déclaré, mais on ne va pas l’enfoncer, que la Crei était illégale. Premier trou d’air…
On ne vous parle pas des secousses qui polluent et agrémentent ce voyage vers la gloire carcérale de Karim Wade, comme cette véritable diatribe du juge à l’endroit du même Bibo Bourgi, violemment interrogé au point que le procureur, c’est un comble s’est senti obligé de le réconforter le lendemain.
Deuxième trou d’air, de cet avion sans ailes, c’est la démission de l’assesseur Yaya Amadou Dia, qui s’est ménagé un saut en parachute, pour sortir de ce cockpit en folie, au prétexte que le juge lui aurait mal parlé… Susceptible garçon… On vous passe des exclusions manu militari d’avocats de Karim Wade, au motif qu’ils auront répondu de manière désinvolte au Juge. Comportement dénoncé officiellement par le Bâtonnier lors de la Rentrée Officielle des Cours et Tribunaux, donnant à ce procès un goût de faisandé, et ayant pour conséquences le retrait des avocats de Wade fils, lequel en plus a été molesté par ses geôliers au point de lui luxer le genou. On se croirait en Afrique.
Du coup, les avocats décident de point plaider, non par tactique, mais assurent-ils parce qu’ils ne vont pas cautionner une comédie judiciaire dont le sort est déjà scellé. Ces avocats s’appuient sur les dires du président de la Crei qui a affirmé qu’après le verdict, Karim Wade ne rentrerait pas chez lui, et partant, ils n’ont aucune envie de faire partie du décor d’un sketch judiciaire, et qui selon leurs termes « ne veulent pas cautionner un complot politique.
C’est à ce moment que l’atterrissage risque d’être compliqué à gérer. Les plaidoiries vont débuter sans celles de la défense, avec à la clé un jugement qui va accréditer fortement la thèse d’un procès politique au jugement déjà scellé. Hypothèse basse : 5 ans dont deux fermes. Karim sort de taule, donc blanchi aux yeux de l’opinion qui va se demander pourquoi tout ce cirque pour en arriver là. « Tout ça…Pour ça !!! ». Macky en sera discrédité en regard de ce que ses amis appellent une demande sociale et populaire de « faire rendre gorge aux fossoyeurs de notre économie nationale ». Hypothèse, reconnaissons le, pas très sexy électoralement.
Pire, est l’hypothèse haute : 10 ans fermes, pour une accusation sans preuves, hormis celles du compte de Singapour, brandie pour argumenter la deuxième mise en demeure, et justifiée, défense de rire, par des documents envoyés, c’est le juge qui parle, par un « lanceur d’alertes ». Pour un implacable échafaud, y’a mieux comme motif. Et là c’est l’image brouillée  d’un Macky Sall qui revêt  la tunique d’un revanchard qui va lui coller à la peau.
Alors, dans ce cockpit de pilotes apprentis, à la terrifiante vue du sol qui s’approche à grande vitesse, ce n’est pas le fait d’envoyer le chambellan de Madame Sall déclarer que les deals de Wade existent et ont été repoussés, qui va ralentir ce crash judiciaire programmé avec un grand talent dans l’à-peu-près. C’est à la justice d’un pays qui s’est battu des décennies durant pour en magnifier le rôle décisif dans notre démocratie, de statuer sur les preuves rapportées, de surcroît quand elles incombent à l’accusé.
Cette Cour ne peut être un Avion sans « L »… « L » ...comme ...Lucidité.
 
Mercredi 11 Février 2015
Dakaractu




1.Posté par cousin moussandiaye le 12/02/2015 01:31
excellent texte !

2.Posté par Pape le 12/02/2015 11:29
Hélas! Oui; Tout çà pour çà!
Moi qui écrit, ai été directement victime des agissements de M. Karim Wade. Et très profondément!
Mais ce procès, notre pays ne le mérite pas. La CREI, c'est pour les républiques bananières. On envisage déjà sa suppression après le procès (la condamnation?) de M. Wade. Ce serait la preuve irréfutable de la nature des poursuites contre cet ancien ministre de la terre, du ciel, et des nébuleuses.
Il faut que Macky Sall sache qu'un procès est TOUJOURS POLITIQUE, dés que les protagonistes ont, ont été des acteurs politiques, surtout quand on nous dit qu'il s'agit d'une demande sociale.
Karim Wade et sont père ont beaucoup fait pour ce pays. En MAL!
Pourquoi diantre aller réveiller une juridiction exceptionnelle quand, des fautes sont là, qui peuvent être jugées par des tribunaux ordinaires.
Comment un avocat qui a eu à défendre l'illégalité d'une cour, peut-il justifier cette cour parce que devenu Ministre?
Les vrais "hommes d'affaires rient sous cape s'ils entendent les échos de ce procès. C'est ignorer vraiment ce milieu en voulant faire croire au peuple des tentatives de fraudes fiscales, des détournements d'objectifs économiques, des prête-noms. Combien de conseils d'administration de sociétés sont composés d'actionnaire qui s'ignorent? Les prête-noms, les dissimulation d'identité, l'établissement de faux bilans sont le jeu quotidien de la quasi totalité des hommes d'affaires dans le monde.
Arrêtons donc ce cirque qui ne nous honore pas: Et qui n'a produit comme résultat que de rendre ce Monsieur plus populaire, là où, lui et son père ont été vomis par le peuple il n'y a guère.

3.Posté par aborijal le 12/02/2015 14:58
Article de l'année. Bravo

4.Posté par khady diop le 12/02/2015 19:09
rien a dire de plus ca c est de la pertinence brute qu il faut exploite avec du materiel 4g.merci pour votre clairvoyance

5.Posté par Xeme le 12/02/2015 21:18
Je trouve que le sénégalais qui n'est pas capable de comprendre qu'on se fout de sa gueule mérite qu'on se foute d'elle.
Depuis deux ans, Alboury Ndao ne détient comme "preuves" de 47 milliards évadés du trésor du Sénégal pour Singapour, et qui ont valu à un citoyen deux ans de prison, que:
- J'ai pas vu le compte, ce sont des sapiteurs qui me l'ont dit.
- J'ai pas eu le temps de vérifier.
- Le compte existait, mais a été vidé au moment où le propriétaire était en prison
- Il y a eu des virements des gens que la cour accuse.
Et pendant deux ans, il n'a pas cherché à trouver mieux que ça. Et c'est un expert, nous dit-on. L'attribut est de rigueur pour l'effet qu'il doit faire.
C'est dire qu'Alboury avait la certitude de ne rien risquer par la faiblesse, par l'inexistence même de ses arguments. Sinon n'importe quel sénégalais épris de justice, mis devant Alboury saurait lui faire avouer publiquement qu'il a menti. Il n'y a pas besoin d'être magistrat, il n'y a pas besoin de faire une formation d'avocat. Quelques questions simples, à portée de tous, et il finira par avouer avoir menti. Mais est ce l'objectif de la cour ? Lui, il est certain que tel n'est pas l'objectif de la cour. Pour preuve les renvois à n'en plus finir de son procès, le choix de son moment d'audition. On voit que le seul à détenir les "preuves" de 40% de l'accusation est entendu en dernier lieu. La cour, qui a en son pouvoir les moyens de faire venir un simple agent de la banque, ne serait-ce que pour lui demander comment sont structurées leurs numéros de compte, ne le fera pas. Parce que ce n'est pas l'objectif de la cour. C'est clair. Et Alboury le savait. Il en a sûrement reçu assurance. Sinon, il se serait débrouiller pour trouver mieux, s'il redoutait d'avoir en face une cour qui pousserait le plus loin possible pour chercher la vérité.
Mais le problème qui se profile pour le Sénégal actuel est ailleurs. Quel est le poids de la résistance mental d'une pareille élite face aux prédateurs internationaux? Lorsqu'un état est dirigé par une pareille élite, qui est capable de poser de pareils actes en contre partie de privilèges et de couverture médiatique, quelles sont les chances de ce pays de protéger ses intérêts face à notre monde de 2015, tel qu'il est ?
Moi je dis: honte à cette élite capable de tout si on lui assure de l'ignorance des masses, si on lui assure le paraître. Honte à cette élite.



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