CONTRIBUTION : Coalition «musulmane» contre le terrorisme, attention l’action terroriste est certes barbare, mais pas inintelligente (Adama SADIO ADO Chercheur en Sciences Politiques)

Après les attentats de Paris du 13 novembre, François Hollande a déclaré que la France est en guerre contre l’Etat islamique. Pour bien mener et gagner cette guerre, la France doit nécessairement s’appuyer sur l’implication des autres Etats européens et du monde. Ainsi, le 17 novembre, Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense française, a présenté, à Bruxelles, aux Etats membres de l’UE une demande d’aide et d’assistance au titre de l’article 42-7 du Traité de l’UE. Le 20 novembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 2249, présentée par la France. L’ONU demande aux États membres de coordonner leurs actions contre l’EI et d’éliminer son « sanctuaire » en Iraq et en Syrie.


Vu que la France, les USA et l’essentiel des pays occidentaux ont exclu toute intervention au sol, il fallait  imaginer une nouvelle stratégie. L’intervention au sol est nécessaire pour venir à bout de Daesh et minimiser les pertes en vies civiles qui bénéficieraient à l’EI. La guerre contre l’Etat islamique ne doit pas aussi être menée exclusivement par des forces armées occidentales pour ne pas accréditer la thèse de la  croisade qui profiterait également à Daesh. Alors, il faut trouver un stratagème pour impliquer des forces armées de pays « islamiques » (infirmer la guerre des civilisations théorisée par l’EI), sunnites (éviter d’attiser le conflit Chiites/Sunnites) pour qu’elles aillent au bourbier (intervention terrestre exclue par les Etats occidentaux). 

Sous le bénéfice de toutes ces considérations, un Etat ne saurait être plus indiqué que l’Arabie Saoudite abritant la Mecque et la Médine (deux lieux hautement symboliques pour la Ummah) pour diriger la Coalition « islamique » contre le terrorisme. En prenant la tête de la Coalition, Riyad veut aussi résoudre une triple équation : asseoir son leadership dans le Moyen-Orient contre son éternel ennemi (Iran), faire passer sous silence les nombreuses pertes en vies humaines dans sa guerre au Yémen et, enfin, éradiquer Daesh c’est sauvegarder sa Monarchie. L’EI est certes une organisation musulmane sunnite, mais il a dans sa ligne de mire les autorités de la Monarchie saoudienne qu’il considère comme des pantins de l’Occident. 

L’engagement de nombreux Etats africains y compris le Sénégal, jusque là épargné par les Djihadistes, dans la lutte contre le terrorisme international ne sera pas sans conséquences sur la sécurité de leurs populations. L’action terroriste est certes barbare, mais elle n’est pas inintelligente. Une analyse des différents pays frappés par le terrorisme révèle que ceux-ci, hormis le Mali et le Nigéria, ont en général engagé une « guerre » pour reprendre le président Hollande contre des groupes djihadistes en dehors de leur territoire.

Le Liban (Hezbollah), la Russie et la France ont « payé » de leurs interventions en Syrie. Le Tchad, le Niger et le Cameroun font les frais de leur participation au combat contre Boko Haram. Si l’Allemagne et l’Italie sont, jusque-là, épargnés par le terrorisme international, ils le doivent par leur diplomatie pacifique. « La guerre entraîne la guerre, la haine entraîne la haine », affirmait avec juste raison Dominique de Villepin, l’ancien Ministre des Affaires étrangères de la France. 


Adama SADIO ADO

Chercheur en Sciences Politiques 
Mercredi 16 Décembre 2015
Dakaractu




1.Posté par splendidemassage le 16/12/2015 17:29
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2.Posté par Sene Ibrahima PIT/SENEGAL le 16/12/2015 19:15
Mon cher frère et ami Biagui, un peu plus de discernement s’il te plait !
En parlant de la « Coalition islamique contre DAESH » mise en, place par l’Arabie Saoudite, j’ai été surpris par ton commentaire.
Je suis d’autant plus surpris que ce n’est pas la première fois que le Sénégal adhère à des organisations islamiques au plan mondial, dont l’Organisation de la Conférence Islamique », dont il a, à trois reprises, organisé sa Conférence à Dakar, et a eu à assurer, à trois reprises, sa Présidence, sans que personne, même toi, n’ y est trouvé quelque chose à redire.
Je crois que ta réaction d’aujourd’hui, résulte d’un amalgame que tu as fait entre « Pays », « Etat », et « République ».
Un pays peut se doter d’un Etat « féodal », ou « monarchique », ou « républicain. De même qu’un « Etat monarchique » peut être « démocratique » (cas de l’Angleterre), comme une « République » peut être « démocratique » ou « despotique », comme ce fut la République du Sénégal sous Wade que nous avons combattu. Un Etat peut aussi être « laïc » ou « théocratique » comme l’est, l’Etat Iranien qui est républicain et démocratique ».
Le Sénégal, avec ses 90% de la population qui se réclame de cette religion, est considéré comme un pays « musulman » mais il s’est doté librement d’un « Etat républicain, laïc et démocratique ».
C’est la raison pour laquelle, il n’y a, au Sénégal, aucune contradiction entre sa participation dans des organisations de coopération avec des Etats islamiques, et la nature républicaine et laïque de son Etat.
De sorte qu’il est de son devoir de participer à une coalition islamique pour lutter contre le terrorisme islamiste radical qui dénature la perception que les autres ont des convictions de l’écrasante majorité des Sénégalais, sème la mort , la désolation parmi les populations, dont celles de conviction musulmane, et déstabilise leurs Etats.
Le terrorisme islamiste radical incarné par Daesh et les démembrements de Al Qaida, n’épargne ni musulmans, ni leurs Etats, et s’attaque aux autres croyances non islamiques et leurs Etats dans le monde entier, au point de devenir un « monstre » contre lequel des coalitions se sont organisées partout dans le monde.
Les Etats Unis en on une coalition, la Russie en a une, et l’Arabie Saoudite vient d’en organiser une autre.
Depuis les accords sur le Nucléaire Iranien, l’Arabie Saoudite a compris que, pour sa sécurité, elle ne peut plus se reposer entièrement sur la protection des Etats Unis. D’où la coalition qu’elle a mise sur pieds pour défendre ses alliés du Yemen, et la coalition qu’elle vient de mettre en place contre Daesh.
Le Sénégal a choisi d’être dans cette coalition plutôt que d’être dans celle des Etats Unis ou de la Russie.
Donc, critiquer ce choix revient à dire qu’elle n’a aucun rôle à jouer dans la lutte contre le terrorisme islamiste radical, ou, s’il en a, elle devrait se ranger derrière les USA comme la France et l’Angleterre, ou derrière la Russie, comme l’a fait l’Iran.
Les Etats Unis, la France, Israël, le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie ont engendré un « monstre » qu’ils ne peuvent plus contrôler, et qui s’est retourné contre eux au point de devenir une menace mondiale, à partir du Moyen Orient et de l’Afrique Sahélienne.
Ainsi, vouloir ignorer ce retournement de situation dans la géopolitique internationale, et se mettre en « spectateur » pour se tailler une place de « neutralité », c’est creuser sa propre tombe et courir le risque d’être seul lorsque le « montre » frappe à ses portes.
Donc, participer à cette coalition islamique ne contredit nullement la nature républicaine, démocratique et laïque de notre Etat, ni ne met en cause la souveraineté de notre peuple.
Si tel était le cas, il n’y aurait pas eu dans cette coalition des Etats comme le Nigéria, le Ghana où la Tunisie.
Est-ce un hasard que le Qatar, qui fait partie de la coalition des Etats Unis, ne fait pas partie dans celle mise en place par l’Arabie Saoudite ?
Evitons donc de fragiliser artificiellement la convivialité légendaire entre les composantes de notre pays. Le cas échéant, elles y perdent toutes.
Ibrahima SENEPIT/SENEGAL/CDS
Dakar le 16 Décembre 2015








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