CONFESSIONS LIBERALES : Dernier requiem pour le PDS

Cet article a été publié en 2007 au journal sud quotidien et dans le site devoir citoyen et dans ferlo .com ; fiction à l’époque ( rédigé 5 années avant 2012) , réalité en 2012( le Pds a effectivement perdu le pouvoir) et prémonitoire pour 2017( les deux années à venir pourraient sonner le glas pour le pds ) ; il s’adressait aux libéraux de l’époque .
Réédité aujourd’hui en 2015, il s’adresse plus aux tenants du pouvoir actuel ; à savoir les apéristes républicains, ainsi que leurs alliés.


CONFESSIONS LIBERALES : Dernier requiem pour le PDS
Nous sommes en 2017 ; Le pds vient De boucler ses CINQ ANNEES DE RETOUR DANS L'OPPOSITION,  après avoir perdu les locales 2009 , mais  également après n'avoir savouré que DOUZE ANNEES DE REGNE.
Mais son apparence, cruellement, est celle d'un parti essoufflé par un  règne fait  de tumulte et de turbulence. 
Il est confronté à de sérieux problèmes de mobilisation et de cohésion interne, parce qu'effectivement ses militants sont gagnés par la déception et le désespoir. 
Nous pensons qu'il lui reste peu de temps, avant de vivre le sort tragique de l'éclatement définitif. 
Souvenons-nous, en 2000, Lorsque nous arrivions au pouvoir, tout était différent ; 
Nous avions beaucoup de militants, l'adhésion ou le ralliement au Pds était la mode, notre cohésion et notre engagement étaient encore vivaces, les structures du parti, singulièrement, se signalaient par leur dynamisme, autrement dit, par leur effervescence positive. 

Maintenant, péniblement, et vainement, nous recherchons des sympathisants ; les militants libéraux ayant, depuis lors, déserté. Avant, notre moyenne de sympathie était de deux libéraux sur trois Sénégalais. 

Aujourd'hui, il est peu sur que nous atteignions un Sénégalais sur deux. Avant, les libéraux et nos concitoyens Sénégalais, fièrement, arboraient, sur fond bleu, le bel épi de mais, symbole de la mue, ou prosaïquement, du SOPI. Maintenant, il nous faut fouiller dans nos archives électorales, pour espérer se souvenir de ce symbole qui nous aura tant fait rêver. Avant, le refrain le plus chanté par les jeunesses et les enfants, était celui du SOPI. 

Aujourd'hui, nombreux sont les enfants qui ne peuvent croire qu'il en fut ainsi. Pour d'autres qui, difficilement, s'en souviennent, sa simple évocation, semble maléfique, tant ce refrain aura instauré, trop tôt d'ailleurs, une désillusion à la mesure des espoirs semés par ce vent du sopi . 

Aujourd'hui, de rares et négligeables clans de libéraux, encore stoïquement nostalgiques, constituent le désolant paysage libéral, les structures de base étant flétries et polluées, disloquées ; la médisance, la flagornerie ainsi que la lâcheté seraient passées par là. 

Je me souviens qu'au moment où notre parti se massifiait après mars 2000, avec de larges bases militantes, notre niveau de tolérance interne, insidieusement, se rétrécissait pour devenir très bas. 

De nouvelles élites intellectuelles, subitement, et avec opportunisme, investissaient en masse notre parti, mais en abandonnant leur esprit de jugement et de détachement pour se faire accepter. 

Je me rappelle qu'il y'avait beaucoup de messages qui  nous mettaient en garde : (faites attention à l'après wade , et à son corolaire , la dislocation du PDS )
 Je me remémore  encore  ces paroles , certes blessantes , mais véridiques ,et qui soutenaient ceci :gare à la logique des extrêmes qui stigmate votre pds et d'après laquelle ; la plupart d'entre vous sont passés, furtivement, de la misère frisant la clochardise à la bourgeoisie ostensible , car sans transition , le retour de la bourgeoisie à la clochardise sera durement ressentie . Mais personne n'écoutait. 

Aucun parmi les libéraux, toujours noyés dans l'euphorie des privilèges acquis au lendemain du 19 mars, ainsi que les réjouissances des plébiscites présidentiel et législatif de 2007, ne pouvait s'imaginer qu'un sort si tragique pouvait frapper le PDS, pour en définitive, le menacer d'une disparition de la scène politique ._ 

Maintenant, en raison des querelles et batailles fratricides ravivées depuis la débâcle des présidentielles de 2012, le PDS semble irrémédiablement condamné. 

Et quant ma fille me demande, naïvement, de lui parler de l'âge d'or du PDS, je lui décris la défunte vitalité des structures libérales. 

Je lui parle de l'enthousiasme des militants, mais également de la foi des sénégalais en la vision libérale, de notre fierté à attirer les militants de l'opposition. 

Je lui parle également des ascensions et autres promotions sociales, de la plupart de nos frères militants, ainsi que DE LEURS privilèges subites sans rapport aucun, ni avec leurs compétences, ni avec la mesure de leur engagement militant. 

Elle me demande : Papa, pourquoi il n'y a plus de PDS ? 

Alors, mon souffle est coupé, mon cœur meurtri, et je ressens le même désarroi, ainsi que les remords tardifs de tout enfant devant son jouet qu'il a lui-même détraqué. 

Je ne peux manquer de me sentir coupable parce que j'appartiens à cette génération de responsables libéraux qui ont posé les jalons de la discorde et de la dislocation dans le PDS. 

Mais aussi parce j'appartiens à cette génération de libéraux qui n'ont pas tenu compte de tant d'avertissements. Je regrette d'avoir appartenu à cette race de cadres et responsables libéraux qui ont préféré feindre la vérité, l'honnêteté et le jeu démocratique interne, pour conserver leurs privilèges avec autant de prévenance que de craintes expiatoires. 

Avec notre génération de libéraux, nous parlions beaucoup de fraternité, mais nous nous aimions peu, et on   se haïssait trop. 

Je rappelais aussi à ma fille, que nous avions multiplié notre potentiel et celui du pays également, mais nous avions réduit, dans le même temps, nos valeurs. 

Nous avions certes conquis l'espace politique, mais notre espace intérieur, INEXORABLEMENT, demeurait une jungle entre libéraux. Nous prônions un idéal démocratique très élevé au sein du parti ; mais moins de joie, moins de liberté, avec un moral au plus bas, finirent par saper nos structures dirigeantes. 

Maintenant, nos rares jeunesses libérales en payent le prix. Jamais elles ne savoureront les joies et fiertés, quoique éphémères, que nous avons connues, mais que par égoïsmes et irresponsabilités nous les avons privées. 

Je souligne aussi à ma fille, tout en écrasant une larme coupable, que La philosophie du parti devenait hideuse et avilissante pour tout intellectuel, le débat démocratique y devenait bridé pour céder la place aux violences fratricides et aux mots d'ordre d'un relent très hypocrite. 

Le culte faussement entretenu sur l'idée d'une seule constante, prétendue incarnée par le fondateur du parti, commençait à ruiner Les fondements du parti pour définitivement les rendre très fébriles. 

Subséquemment, cette dévotion humiliante à une constante, ainsi que la négligence de ce qu'on appela les variables, devint un faux prétexte, mais savamment entretenu, pour étouffer tout débat intelligent et démocratique au sein du parti. 

Si ce n'est qu'elle s'est faite la caution d'une malédiction et d'une intolérance organisée contre toute émergence d'une variable crédible à même d'assurer la relève du timonier. 

Voilà qui rendit tabou deux mots : succession et dauphinat bannis par le glossaire libéral du PDS. 

Envahi par le cauchemar de ma cupidité érigée en bon sens entre libéraux, habité par la honte, et usé par mes mea culpa quotidiens, je manque de courage de révéler à ma fille que la chose la mieux partagée dans le parti était l'acharnement collectif contre tout prétendu contrevenant aux dix commandements du PDS exclusivement   établis , juste pour  célébrer  et exalter  l'immortalité du père fondateur, pour ne pas dire son omniscience et omniprésence. Il s'agissait : 

1- la popularité ; tu éviteras. 

2 - d'être jugé positivement singulier parmi les libéraux ; Tu éviteras. 

3 - dans toutes les tares libérales qui irritent les Sénégalais ; Tu te confondras et te reconnaîtras. 

4- du courage d'être véridique devant le père fondateur ; Tu te débarrasseras. 

5- un intellectuel, Tu ne seras point 

6 –les faucons du palais et la famille du Père fondateur, respectivement, tu craindras et vénéreras. 

7- qui puisse fonder les sénégalais, à te comparer positivement au père fondateur ; Tu ne feras rien. 

8 -qu'une raison et une seule vérité, celle du père fondateur ; Tu n'admettras 

9- que les Sénégalais voient en toi l'incarnation de la relève du Père fondateur ; Tu éviteras. 

10- d'être médiocre, tu t'en venteras ; et Tu ne t'en gêneras point. 

Jamais je ne pourrais souligner à ma fille que c'est de là que, machiavéliquement, l'on trouva le terreau fertile aux réquisitoires fallacieux et autres sentences contre ceux d'entre nous qui avaient la malédiction d'être des anges dans cette étable libérale du nivellement par le bas. 


C'est de par cette sécheresse de la pensée et du tarissement  de la liberté d'esprit, que le niveau des débats y fut dégradé, donc peu intelligent ; avec beaucoup de MAUVAISE FOI , par manque d'une élite courageuse dans ses idées et crédible dans ses aspirations. 

Cela empêcha des analyses et des réflexions appropriées sur les priorités nationales, voilées par UN CULTE populiste de la personne de l'éternelle constante. 

D'une façon générale, nos responsables politiques, qui peinaient déjà à se forger du respect, perdirent toute audience auprès de la base, ce qui augmenta le nombre des militants gagnés par la désaffection ET LE REMORD. AINSI, à la veille des scrutins de 2012, la cristallisation du mépris des sénégalais à notre endroit, La stabilité du parti irrémédiablement compromise étaient des signes avant coureurs d'une débâcle. Comme conséquences, courants de pensées et mouvement de soutien disparates, sans cohérence aucune, se livrèrent une compétition désastreuse qui nous vaut aujourd'hui cette déchéance. 

En réalité, sur fond d'une réorganisation qui n'en était point, insidieusement, l'on aiguillonna la tyrannie à laquelle, hypocritement nous acquiesçâmes ; la préservation, pour chacun d'entre nous, de ses petits privilèges en valait le prix. 

Aujourd'hui, le Pds affaibli et désorganisé, a perdu le pouvoir, mais il est resté dans quelques fiefs libéraux un peu d'agitation militante. Et la transhumance vers les vaincus d'hier, mais vainqueurs aujourd'hui, polarise l'actualité. 

ON nous avait averti, qu'il fallait protéger notre parti de cet ancrage aveugle autour de la pensée unique incarnée dans le culte dégradant de la constante avec son corollaire, la disparition du parti, ET DES VARIABLES avec. 

On nous avait également mis en garde contre cette osmose très préjudiciable, entre le père fondateur et le parti, mais aussi contre toute négative effervescence du parti et qui avait fini d'irriter nos concitoyens. Mais personne n'y faisait attention. 

Hélas ; on ne se préoccupait point à ce que le parti survivra à son père fondateur 

Çà et là, après ce retour prévisible, mais non prévu du PDS dans l’opposition, l'on a tenté, sans conviction d'ailleurs, de restructurer le parti, espérant lui donner un second souffle mais peut être le dernier. 

Mais rien n'y fit. La reconstitution du parti devint impossible. 

Sincèrement, je crois que la réunification et la recomposition libérales ne seront plus possibles, Parce que la démobilisation et la désillusion au sein du parti sont arrivées à un point irréversible ; et le PDS n'est pratiquement plus. 

Chers frères libéraux 

Nous pouvions faire quelque chose pour notre parti, mais par égoïsme nous ne l'avons point fait. 

Nous avions gardé des occasions spéciales de faire du PDS une étoile éternellement brillante, alors qu'une occasion spéciale, on ne la garde point, car chaque jour qu'on vit est une occasion spéciale. 


Nous nous sentons coupables d'avoir retardé et étouffé, par jalousie et égoïsme, tout ce et ceux qui pouvaient ajouter encore des rires et des joies libérales.

Chaque printemps libéral qui passait était un instant spécial, et nous ne savions pas si ce serait notre dernier. 

Hélas , la rumeur que l'on a pas pu ignorer au sein du parti , l'égoïsme qu'on na pas pu éviter, la jalousie qu'on pas pu écarter , le culte de la personne qu'on n'a pas pu noyer , l'hypocrisie qu'on n'a pas pu dissiper, la dignité et l'honnêteté qu'on a négligées , la fierté qu'on a diluée , , l'arrogance et l'irresponsabilité qu'on a encouragées , le respect de la parole donnée , qu'on a défié ; ont finalement eu raison du PDS. 

Comme nous aimerions pouvoir revenir en arrière et faire de sorte que tous nos frères libéraux méditent sur ces leçons.

Hélas ! c’est trop tard !un temps ne se rattrape point,une  bonne  occasion on ne s’en refait jamais.

                                         FIN  DU TEXTE 


Chers frères  apéristes ou républicains  

Ces confessions d’un vieux libéral  devraient, aujourd’hui, vous inspirez. Elles sonnent ainsi comme une mise en garde.

Vous  êtes  encore au pouvoir ; Réfléchissez tous à ce qui arrivera si vous ne faites rien. 

Si  vous  pensez être trop préoccupés à préserver   vos  privilèges pour engager une épreuve de vérité et de sincérité dans votre engagement militant auprès du Président Macky SALL, et que vous renvoyiez cela à un de ces jours ; pensez y ! Un de ces jours, il se pourrait que ne soyez plus là  pour  l'engager. Ne renvoyez donc jamais à demain ce que vous devez  et pouvez faire aujourd’hui. 

CHERS  amis et frères de l’APR 

MEDITEZ   UNE FOIS DE PLUS SUR  LE SORT DU PDS  

Estimez vous  HEUREUX D AVOIR ENCORE UN PARTI QUI S APPELLE TOUJOURS   ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE.(APR) 

DIEU MERCI !


DEMBA BANGOURA
THIAROYE AZUR .
Lundi 9 Novembre 2015
Dakaractu




1.Posté par mara le 09/11/2015 20:36
Monsieur,vous êtes très bien inspiré et vous avez là, produit un excellent texte. les gens du pouvoir devaient aujourd'hui s'en inspiré et ainsi s'éviter la morsure de l'hyène du PDS.



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