COMMENTAIRE : Une nouvelle ère est possible (Par Abdoulaye THIAM)


 
La Gambie a fêté le 52ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale ce samedi 18 février, avec comme invité d’honneur, le président de la République du Sénégal, Macky Sall.
 
Le Chef de l’Etat sénégalais a été accueilli avec tous les honneurs par son hôte Adama Barrow mais aussi et surtout par le peuple gambien qui a tenu à lui rendre hommage, de même qu’à la Cedeao, suite à leur implication déterminante dans le dénouement de la crise post-électorale de la Gambie.
 
De sa descente d’avion à sa résidence hôtelière, à Banjul, une foule compacte a accompagné le Président Sall. Mais l’image la plus frappante et à laquelle, Macky Sall ne s’attendait certainement pas, a été le standing ovation dont il a bénéficié.
 
Debout comme un seul homme, les Gambiens, dans un Independence Stadium plein comme un œuf, ont salué le leadership du Chef de l’Etat du Sénégal.
 
L’image est forte. Et elle mérite une attention toute particulière d’autant plus qu’elle semble annoncer une volonté de raffermir les liens entre les deux peuples et de bâtir un destin commun.
 
Ce qu’ont du reste semblé comprendre les deux présidents. Ainsi Macky Sall s’adressera-t-il en ces termes aux Gambiens : «Nous sommes inséparables car nous partageons les mêmes valeurs, le même mode de vie. Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes une famille et ce que nous voulons c'est la paix et l'harmonie».
 
Point de vue partagé par son hôte, le président Adama Barrow. «Nous sommes le même peuple, nous voulons que les relations entre nos deux pays deviennent un modèle en Afrique», confirmera t-il à son tour.
 
Le ton est donné. Il reste maintenant à aller au-delà de ces professions de foi et à s’engager à leur matérialisation. Des actes concrets qui nous ferons oublier plus de deux décennies de craintes, de tensions, de crises, de peur, de duperies sous l’impulsion de l’ancien président déchu qui n’hésitait pas selon ses humeurs à se servir de la traversée du bac de Farafégné, si ce n’est du mouvement irrédentiste de la Casamance, comme moyen de chantage sur le Sénégal. Sans occulter le trafic du bois Venn en direction de la Chine qui transitait par la Gambie participant ainsi à une dangereuse dégradation de la forêt de la région naturelle Casamance. Il est donc important que les deux présidents soldent les comptes avec ce passé funeste et ouvrent des perspectives radieuses pour leurs deux pays au service de leurs populations respectives. Toutes les tracasseries  rencontrées par les voyageurs empruntant la transgambienne devront être de vieux souvenirs et l’on ose espérer que le projet de construction d’un pont sur le fleuve Gambie plusieurs fois annoncé sera enfin concrétisé. On ose espérer que les deux présidents vont travailler en bonne intelligence pour restaurer la confiance et le respect mutuels. S’il est vrai que l’avenir appartient aux grands ensembles, il est tout aussi vrai que cela devra se construire dans un désir assumé par les différentes parties  et toute latitude leur sera laissée pour voir sous quelles formes.  
 
En attendant, arrêtons de nous voir comme des ennemis naturels, alors que tout nous unit. Aussi bien la géographie que le mode de vie. Nous parlons les mêmes langues. Nous avons les mêmes valeurs culturelles.
 
Autant les Gambiens gagneraient à se départir de ce reflexe d’auto-défense permanent qui les anime à chaque fois qu’on évoque leur seul et unique voisin.
Autant les Sénégalais devraient veiller à ne pas se montrer condescendants. Il s’agit d’arrêter de nous regarder en chiens de faïence et de travailler au renouveau de nos relations dans le but de bâtir un espace de paix et de liberté, de prospérité économique et sociale. Les populations gambiennes qui ont célébré leur fête de l’indépendance en remerciant chaleureusement le Sénégal et la Cedeao ont indiqué la direction à emprunter. Il reste aux deux présidents de saisir le message et tout faire pour que cela soit effectif.
 
Abdoulaye THIAM
Lundi 20 Février 2017
Dakaractu




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