COMMENTAIRE DU JOUR : L'AVEU


COMMENTAIRE DU JOUR : L'AVEU
Entre des mots, jetés dans le désordre face aux juges de la CREI, le transporteur M'baye Sarr, patron de la prospère société Sénécartours, en a dit en fait beaucoup plus qu’il ne croyait en dire… Lapsus ou acte manqué, ses révélations au juge ont un lourd parfum d’aveu, comme ressenti à la lecture du PV d’audition, paru dans les colonnes du site dakarois d’informations Dakaractu.com.
Il convient de revenir aux années 90, lorsque déjà cet homme qu’on peut qualifier d’influent, tenait le marché de convoyage des passagers de l’aéroport Léopold Sédar Senghor, via un contrat avec l’Asecna, avec des bus qui à l’époque n’avaient de bus aéroportuaires que le nom, qui étaient fabriqués en Algérie.
C’est ce contrat qui, au début du règne d’Abdoulaye Wade, a été cassé et attribué à d’autres opérateurs. Dieu seul sait, s’il a essayé de se faire attribuer ce juteux marché. C’est ce qu’il révèle assez maladroitement dans ses propos tenus face à la Crei le19 février 2014. Pour un opérateur économique qui est sûr des offres qu’il propose, est-il convenable de préciser que, je le cite « une haute autorité religieuse était intervenue pour m’aider à faire prospérer mon dossier, et qui avait appelé la Présidence de la République, et que cette autorité religieuse m’avait demandé de renoncer », certaines personnes haut placées ayant décidé de s’emparer de marché des transports de passagers. Jusque là, rien de bien méchant… Mais quand M'baye Sarr se met à préciser que son incompréhension était totale devant l’attitude de M'baye N'diaye,  alors directeur général des ADS, devenu soudain distant et injoignable, gêné aux entournures alors, nous citons, « avant le nouvel appel d’offres, nos relations étaient excellentes, puisque d’ailleurs, il lui arrivait de me solliciter pour lui venir en aide »… Là le rideau se lève sur un théâtre d’ombres, où des actes se jouaient entre chien et loup, à la tombée de la nuit, en dehors du regard des orthodoxes qui sont censés surveiller la sincérité des passations de marché de telle importance. M'baye Sarr avoue entre les lignes de sa déposition que les attributions de marchés ne dépendent pas seulement de la qualité d’une offre et d’un scrupuleux respect d’un cahier des charges, mais sont aussi dépendant de la bénédiction de tel ou tel Guide Religieux, au niveau d’influence a priori stratosphérique. Mieux, il nous enseigne qu’un directeur des ADS, supposé plutôt bien rémunéré a besoin parfois d’aide de sa part… A-t-on besoin d’un dessin pour imaginer la nature de l’aide que M'baye N'diaye sollicitait de la part du patron de Sénécartours ? Peut-être un bus pour amener ses enfants en promenade à Magic Land ?
Ces propos de M'baye Sarr nous incitent à penser que nous étions dans une implacable logique de passe-droits, et que c’est en y adhérant que le patron de Sénécartours, s’est retrouvé éjecté d’une opération où, avoue-t-il, « il avait trouvé plus fort que lui ». On a envie de crier à « l’arroseur arrosé ». Mais dans un pays à sec, on peut juste dire que c’est un aveu navrant sur ce qu’on appelle pudiquement « l’environnement des affaires ».
A méditer…
Mardi 30 Septembre 2014




1.Posté par Xeme le 30/09/2014 17:20
Merci.



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