COLONEL OMAR NDIAYE, DG DE LA LONASE DE 2001 A 2002 : «Les politiciens, se sont toujours mêlés de la gestion de la Lonase, ont obligé les directeurs généraux à recruter du personnel, ou à faire face à d’autres charges»

«Est-ce que la Lonase appartient à Wade et sa famille pour qu’ils se permettent de mettre un toubab pour que celui-ci fasse ce qu’il veut»
«C’est un mauvais régime et qu’il n’y a aucune raison de le laisser continuer. Parce que même s'il est réélu il ne peut faire que ce qu’il sait faire. C'est-à-dire dépenser, et chercher toujours de l’argent»


COLONEL OMAR NDIAYE, DG DE LA LONASE DE 2001 A 2002 : «Les politiciens, se sont toujours mêlés de la gestion de la Lonase, ont obligé les directeurs généraux à recruter du personnel, ou à faire face à d’autres charges»
Ayant passé 16 mois de sa vie, à partir de Mai 2000, à la tête de la Loterie nationale sénégalaise, le Colonel Omar Ndiaye n’est pas séduit par le sort actuel de cette société au statut toujours pas bien défini. Une entreprise qui est bel et bien rentable, mais, affaiblie par les politiciens, qui viennent s’y ravitailler en milliards pour les besoins de leurs campagnes électorales. M. Ndiaye ne s’est pas juste limité à la situation de la Lonase dans cette interview. Il a surtout abordé la situation nationale du pays, qui nécessite aujourd’hui, le départ de Me Wade qu’il a descendu en flammes, tout comme ses héritiers politiques qie sont Macky Sall et Idrissa Seck. Il n’a pas non plus ménagé Bennoo qui devra selon lui, taire ses divergences et s’unir pour avoir une chance d’aller au second tour.

C’est quoi M. Ndiaye, le véritable problème de la Lonase aujourd’hui ?
Le grand problème qui se pose à la Lonase, c’est qu’on ne comprend pas, comment il se fait que, de 2004 à 2006, on a mis deux directeurs qui ont réussi à prouver que la Lonase était une société rentable. Alors qu’on était dans le processus de dire, «on va privatiser».
Ce qui aurait dû se passer, c’est qu’on dise que deux directeurs ont prouvé que la Lonase peut être rentable, alors on la gère de façon normale. Mais ce n’est pas cela. Ils ont pris toutes les économies de la Lonase, pendant cette période, qui faisaient plus de deux milliards ils l'ont données. Dans tous les cas, le Directeur général a dit qu’il l’a donné pour la campagne présidentielle. Ensuite il est revenu en 2006, avec ce Paul Benichou, qui vient un jour et dit «c’est le président qui m’a confié la Lonase ». Et depuis lors, il fait ce qu’il veut. C’est ce qui n’est pas compréhensible. Est-ce que la Lonase appartient à Wade et sa famille pour qu’ils se permettent de mettre un toubab pour que celui-ci fasse ce qu’il veut ? C’est vraiment là le grand problème. Et Même M. Kane qui a été mis là-bas qui est prêt à travailler, il ne pourra pas travailler. Parce qu’il veut signer un contrat avec l’Afrique du Sud pour avoir des images et de bonnes conditions de faire son travail, mais les gens ont refusé presque en le menaçant parce que c’est Paul Benichou qui avec Editec, donne le matériel d’informatisation de la Lonase, alors que la Lonase était informatisée avec Pnc. Malheureusement les magouilles ont fait que maintenant, c’est Benichou, Editec et je ne sais qui. Ma question c’est qu’est ce qu’ils ont fait de la Lonase. Et pourquoi des individus comme cela peuvent venir à la Lonase et faire ce qu’ils veulent.

On ne comprend pas aussi le statut de la Lonase, est-elle privatisée ou pas?
Le problème qui se pose, c’est que la Lonase est une société nationale, et régie par la loi 90/ 07 qui définit le fonctionnement des sociétés nationales. C’est une société nationale de jeu qui appartient à l’Etat à 100% et qui depuis 2004, a fait l’objet d’une décision de privatisation. Mais depuis cette date, on ne sait pas si la Lonase est privatisée ou pas. On n’a vu nulle part que le processus de privatisation a été exécuté totalement, mais on sait qu’il y avait une volonté de privatiser. Et le ministre de l’Economie et des Finances avait dit qu’il y avait un programme de privatisation de la Lonase qui devait se terminer en 2007, or on est en 2011. Et on n’a vu aucun document ni aucune déclaration qui prouve que la Lonase a été privatisée. Pour moi jusqu’à présent c’est une société nationale.

Dernièrement des informations faisant état d’une éventuelle vente de la Lonase, avaient aussi été véhiculées ?
Ce n’est pas la première fois que la Lonase a pu signer des conventions avec des partenaires. Déjà avec Lydia ludique en 2001 quand j’arrivais, le Directeur général de la Lonase avait signé une convention avec cette société pour créer une société dans laquelle la Lonase avait 10% qui devait s’occuper de machines à sous. Mais c’était spécifique, alors que là ce que j’ai entendu c’est qu’on a cédé la totalité de la concession à un autre. Ce qui n’est pas possible. Parce qu’il n’y aurait plus de Lonase. Parce que la Lonase est une société nationale, elle ne peut pas être cédée en totalité à quelqu’un. Pour moi cette décision n’était pas valable. Et si on avait créé une autre société, la panafricaine des jeux, et que dans celle-ci la Lonase avait des parts, si la Lonase pouvait continuer à faire ce qu’elle fait et que la Panafricaine des jeux avait un autre champ d’activité, ce serait compréhensible. Mais qu’on crée une société dans laquelle la Lonase a 20% et qui prend la totalité de la compétence de la Lonase, ce n’est pas compréhensible.

Et les actions en justice, comment les analysez-vous ?
J’ai entendu dire qu’ils sont partis au tribunal et que le tribunal a dit que la décision était valable, mais je pense qu’ils ne sont pas allés au bon tribunal. Puisqu’il s’agit d’un problème administratif. La Lonase étant une société nationale, appartenant à l’Etat, le tribunal compétent pour cela, c’est le Conseil d’Etat. Ce n’est pas le tribunal du Commerce. Parce que la Lonase a deux faces. Une face commerciale qui relève du droit commercial et du droit de l’Uemoa surtout de l’Ohada, et surtout une autre face qui est une face administrative qui relève de l’Etat. Donc quand quelque chose remet en cause le caractère et le statut même de société nationale de la Lonase, cela ne relève plus des tribunaux de commerce. Donc la référence du tribunal de commerce n’était pas une bonne référence. Et je pense que si la Lonase va au Conseil d’Etat, elle va gagner son procès.

Et vous parlez de privatisation de la Lonase, êtes-vous d’accord pour une telle option ?
Moi j’ai toujours dit que les sociétés de jeu doivent rester de sociétés nationales et qu’il ne faudrait pas qu’elles soient des sociétés privées. Surtout dans nos Etats. Puisque le jeu comme on le sait, c’est un vice que tout le monde condamne, mais qui est un vice nécessaire qui doit être encadré par le pouvoir public. Donc c’est pourquoi dans tous les pays civilisés, c’est l’Etat qui organise les jeux et qui fixe les règles pour qu’il y ait une certaine déontologie pour qu’il y ait une certaine propreté des jeux, que la population soit protégée, les mineurs. Les gens qui sont pris par le vice et qui jouent toute leur fortune doivent être protégés en leurs interdisant le jeu, etc. Or, dans nos Etats, ce qu’on a constaté, ce sont les étrangers qui viennent acheter les sociétés de jeu et qui corrompent les gens d’une manière ou d’une autre. Parce que la condition c’est quoi ? De venir acheter une société de jeu et qu’on ne puisse pas contrôler le mode de fonctionnement. Et ça peut servir de prétexte pour des transferts d’argent qui constituent un blanchiment. On peut gagner ailleurs de l’argent de façon malhonnête, l’introduire dans le système et le ressortir comme de l’argent propre, alors que ça provient d’activités illicites. Donc c’est pourquoi on ne doit pas le faire.

Est-ce vrai, comme le disent certains que la Lonase ne fait pas de profits ?
Une société comme la Lonase ne peut pas travailler à perte. On dit qu’il y a des pertes qu’elle n’est pas bénéficiaire, mais c’est faux. La Lonase est nécessairement bénéficiaire. Quand vous avez une structure qui a un chiffre d’affaires important, et que ce chiffre d’affaires soit réparti par la réglementation de façon précise, 60% aux souscripteurs, 20% à la structure, 13% pour l’Etat, une petite portion réservée aux courses hippiques etc., vous ne pouvez pas avoir de pertes. Il peut y avoir une mauvaise gestion telle que les 20% qui sont destinés au fonctionnement de la Lonase ne soient pas suffisants, et que la Lonase prenne sur les 13% de l’Etat, pour compléter ses ressources ou sa trésorerie pour faire face à ses charges. Cela provient de la mauvaise gestion.
Au Sénégal ce qui s’est toujours passé, c’est que les politiciens, se sont toujours mêlés de la gestion de la Lonase, ont obligé les Directeurs généraux à recruter du personnel dont ils n’ont pas besoin, ou à faire face à d’autres charges qui ne relèvent pas de la Lonase, de sorte qu’il y a des problèmes d’équilibre.

Les bénéfices vont ailleurs alors, comme dans la poche des politiciens par exemple ?
Oui, c’est ça les questions que je pose. Aujourd’hui on a vu dans des livres et des journaux des déclarations qui n’ont jamais été démenties. Comme par exemple, l’ancien directeur a versé 2 milliards aux politiciens aux élections de 2007. Personne ne l’a démenti. Et pourtant la justice n’a rien fait et personne n’a rien fait. Comment peut-on prendre 2 milliards de l’argent public et les donner à des politiciens pour financer une campagne électorale. Ce sont des choses comme ça qui font qu’il y a des problèmes. Depuis 2004, il paraît qu’il y a énormément de personnes qui se trouvent au niveau de la Lonase qui perçoivent de l’argent, qui viennent récupérer leurs salaires tous les mois, qui ne sont même pas à l’intérieur de la structure, qui sont à la Présidence ou une des épouses, des sœurs ou des parents des gens de la Présidence, qui sont inscrits comme personnel. C’est ce qui fait que les charges sont supérieures aux recettes. Il n’y a rien qui peut justifier la privatisation de la Lonase.

Tous ces aspects vont contribuer à précipiter la Lonase dans le gouffre ?
Bien sûr. Et il arrive un moment où, dépensant plus qu’elle n’en gagne, la Lonase se trouvera dans l’impossibilité de faire face à ses charges normales, pas de personnel, mais à des charges par exemple relatives aux dépenses des fournisseurs.

Parlant des politiciens, quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du pays ?
Me Wade est mon ami. Quel que soit le problème, l’attitude que j’ai par rapport à lui, je le connais depuis les années 1968 où il était mon professeur à l’université. Depuis 1978, politiquement je l’appuie, parce que j’ai fait adhérer mon neveu à son parti dès sa création. C’est lui qui tenait la permanence du Pds à sa création et qui a délivré les premières cartes d’adhésion dont celle de Me Wade. Donc je suis avec lui depuis cette date-là. Pendant toutes les élections de 1978 à 2000, j’étais en contact avec lui pour discuter des problèmes de sécurité, de ceci et de cela. Donc on se connaît bien.
Il n’était pas parti pour être comme il est. Malheureusement, ce côté affairiste là, c’est ça qui fait qu’il y a eu problème. Mais en lui-même, c’est un homme qui aime son pays, qui avait une grande vision et qui pense même bien travailler, malgré ce qu’il fait là.

Qu'est ce qu'il fait ?
Il pense qu’il travaille bien. Alors qu’il ne travaille pas bien. Ce qu’il fait n’est pas normal. Le libéralisme ne veut pas dire spolier les gens, faire ce qu’on veut, prendre les terres des gens pour les vendre, prendre les mines du Sénégal, les phosphates de Matam en faire une propriété privée. Il n’y a aucune raison. Vouloir faire disparaître la Sonatel qui est une structure de très grande valeur pour notre économie. Vouloir faire disparaître les réserves de l’Ipres en les encourageant à faire de mauvais investissement comme acheter les terres de Yoff. L’histoire de sa statue là, les Ics qu’ils ont déstabilisées, la Sar, la Senelec. Tout ça, ce sont des actions délibérées du régime de Wade.

Seriez-vous de ceux qui réclament son départ ?
Maintenant je pense que c’est un mauvais régime et qu’il n’y a aucune raison de le laisser continuer. Parce que même si il est réélu, il ne peut faire que ce qu’il sait faire. C'est-à-dire dépenser, et chercher toujours de l’argent, alors que ce n’est pas cela le but de la manœuvre. Le but, c’est d’avoir une croissance utile qui peut augmenter la richesse du pays, mais non pas faire ce qu’il fait, qui va conduire le Sénégal à sa perte économique et sociale.

Est-ce que cette opposition qui tarde à faire l’union peut évincer Me Wade ?
Nécessairement il faut que Me Wade quitte le pouvoir. Il peut faire ça de lui-même, et ça pourrait permettre aux autres de tenter leurs chances et même dans son parti. Et cela pourrait le présenter comme un grand homme, parce qu’il aura compris que le fait d’insister, pour rester, peut porter préjudice au pays. S’il ne renonce pas de lui-même, il se peut que le Conseil constitutionnel dise qu’il ne peut pas se présenter. Et là aussi, il y a problème. Parce que ses partisans qui sont avec lui jusqu’au dernier moment et qui n’ont pas une alternative, ne pourront pas accepter que le Pds n’ait pas un autre candidat. Et s’il se présente, le fait même de se présenter constitue une violence par rapport au peuple, et une violence par rapport au Sénégal. Par rapport à cette violence, il risque d’y avoir une autre violence, de la rue, qui va répondre à ça. Mais même au-delà de cela, le régime actuel politiquement peut être facilement écarté si les gens s’entendent. Le Parti socialiste qui a un bon ancrage veut être leader. Je n’en veux pas à Tanor Dieng, mais je ne pense pas que les gens accepteraient que Tanor vienne diriger ce pays-là. Dans tous les cas pas maintenant. Et le Ps n’acceptera pas que Niasse dirige l’opposition. Ça aussi légitimement, ils ne peuvent pas l’accepter. Mais ils doivent tous comprendre qu’il ne s’agit pas de Ps, de l’Afp ou même de la Ld. Il s’agit du pays et la nécessité d’être ensemble pour bouter dehors le Pds. Parce que le Pds est un parti destructeur. En dix ans, ils ont détruit ce pays, détruit moralement, matériellement, financièrement, économiquement dans tous les domaines, administrativement, dans l’organisation de l’Etat, dans la gouvernance. Peut-être par ignorance, mais surtout par cupidité. Donc je pense qu’il faut les écarter. Pour ça Bennoo ne doit pas être l’Afp et le Ps.

En quoi faisant ?
Bennoo, c’est l’ensemble du peuple contre les leaders. Même si l’Afp et le Ps s’entendent pour choisir un candidat, on va aller aux élections avec un candidat du Pds Abdoulaye Wade, de Rewmi Idrissa Seck, de l’Apr Macky Sall et de Bennoo. Il est certain que Macky et Me Wade risquent d’être les deux au deuxième tour. Sinon c’est Idy et Me Wade. Pour que Bennoo soit au second tour, il faut nécessairement qu’il soit constitué de l’ensemble des autres partis et du peuple, la société civile et tout le monde. C’est ça qui peut permettre à Bennoo d’aller au second tour. Sinon il n’y sera même pas. Avec la présence de Wade, d’Idrissa Seck et de Macky Sall, Bennoo risque de ne pas aller au second tour, s’ils ne s’entendent pas. C’est pourquoi il est nécessaire que Bennoo s’assemble et cherche un candidat, même de la société civile, qui soit assez charismatique, pour que les Sénégalais comprennent qu’il est possible avec celui-là, de faire quelque chose, de changer et de faire mieux que Wade. C’est une nécessité absolue. Parce que si Wade et Macky vont au second tour, les gens vont s’aligner derrière Macky. Or il faut déjà discuter avec Macky pour savoir ce qu’il va faire. Parce que Macky est un libéral. S’il fait la même chose que Wade, ce n’est pas la peine. Idrissa Seck n’en parlons pas. Parce que lui, il n’a de leçon à donner à personne. Il faut qu’il nous justifie d’abord la provenance de sa richesse. Ce qu’il a dit, ça ne marche pas. Moi je sais. Et peut être il sait que je sais. Sinon je peux, s’il me téléphone, lui dire que je sais. Je peux lui donner des détails sur ça. Parce que je sais. Si c’est ce qu’il dit, que c’est des fonds politiques qu’on lui a confiés et qu’il en a pris, quelqu’un comme ça ne peut pas venir nous diriger. C’est dire que j’ai pris des choses qui ne m’appartiennent pas, donc il faudrait qu’il nous le justifie.
Youssouph SANE

( Le Populaire )
Jeudi 17 Novembre 2011




1.Posté par Abdoulaye Diouf le 17/11/2011 15:52
Merci de votre éclairage mon colonel. Cela prouve qu'au Sénégal il y'a des hommes de valeur donc des raisons d'espérer. En effet on a beau être avec Wade, il faut comprendre que l'heure est grave et tous les patriotes de quelque bord qu'ils puissent être doivent se prononcer clairement sur la situation du pays pour aider la grande masse à comprendre quel attitude avoir pour les élections à venir.
Il s'y ajoute que la proposition du colonel Omar Ndiaye doit inspirer les facilitateurs de benno à rechercher un autre candidat sans parti comme Lamine Diack par exemple pour d'une part débloquer la situation et d'autre part donner le maximum de chance à l'opposition traditionnelle réunie au sein de benno.
Le Sénégal négocie le virage le plus dangereux de son histoire, c'est pourquoi aucune propositions n'est de trop.

2.Posté par ABBA le 17/11/2011 20:23
Au Senegal,il n'y a pas plus honnete et plus integre que ce Monsieur,c'est a dire le COLONEL OMAR NDIAYE.
Si wade voulait vraiment travailler pour le Senegal,il allait s'entourer de MONSIEUR comme OMAR NDIAYE.Dommage pour notre cher Senegal.

3.Posté par mansaly le 18/11/2011 01:15
Ou pourquoi ne mettrait-ils pas devant l'un des jeunes de Benno qui peuvent en découdre avec les candidat "PDS -Frustre"?Je verrais mal Idrissa Seck tenir un argument devant un Mamadou Lamine Diallo,le gars a tout ce que Idy prétend détenir : savoir, diplôme, expérience,et on ne lui connait pas de cas de détournement.....Ou meme Cheickh Bamba Dieye ou tant d'autres....



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