Une présence remarquable à la cérémonie d'ouverture du 10ème congrès confédéral de la CNTS : celle de Cheikh Diop qui, en 2001, crée la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Force du changement (CNTS/FC), à l'issue d'un congrès émaillé de violences dans lesquelles un militant, Moussa Aw, perd la vie.
Parmi les invités de marque de la centrale syndicale, on aperçoit de grosses pointures du mouvement syndical sénégalais : Mademba Sock, secrétaire général de l'Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS), Mamadou Diouf, celui de la Confédération des syndicats autonomes (CSA), Malamine Ndiaye de l'Union démocratique des travailleurs du Sénégal (UDTS), pour ne citer que ceux-là.
Au nom de la Coalition des centrales syndicales du Sénégal (CCSS), portée sur les fonts baptismaux en septembre dernier par la CSA, la CNTS/FC, la CNTS, l’UNSAS et l’UDTS, Mademba Sock décrète la fin de la "division syndicale".
D'un mouvement de bras, la voix élevée autant qu'il en peut, le syndicaliste harangue les nombreux congressistes. Il dénonce "les crises d'identité et de légitimité" et "les déserts syndicaux" qui ont déchiré le mouvement syndical sénégalais, ces dernières années.
Mademba Sock prêche, dans un discours salué par un tonnerre d'applaudissements, "les solidarités renforcées et renouvelées" et "un mouvement syndical fort pour faire face aux agressions qui ne manqueront pas".
M. Sock a lancé l'idée d'une "organisation de toutes les centrales syndicales", "un mouvement syndical réunifié" porté surtout par les jeunes et les femmes.
A la tribune, l'ancien syndicaliste et ex-ministre Assane Diop se rappelle d'abord de cette CNTS qui l'a "forgé" en plus de lui avoir "tout donné". M. Diop, ancien Directeur exécutif du Bureau international du travail (BIT), abonde ensuite dans le même sens que Mademba Sock, en disant son "espoir de voir le mouvement syndical sénégalais se réunifier, dans l'intérêt des travailleurs".
M. Diop, présenté au public comme "l'invité spécial" du congrès de la CNTS, en vrai congressiste, délaisse le français et s'adresse aux délégués venus des 14 régions en ces termes, en wolof : "Je vous exhorte à réélire Mody Guiro pour l'intérêt du Sénégal. Un appel entendu du public, des jeunes surtout, qui s'écrient: "Guiro ! Guiro ! Guiro !"
A la tribune, la présidente du Comité national des femmes de la CNTS, Fatou Bintou Yaffa, donne lecture d'une d'"une motion" proposant "la réélection du camarade Mody Guiro". En poste depuis 2001, M. Guiro a déjà épuisé deux mandats consécutifs et s'attend un nouveau bail avec la première centrale syndicale sénégalaise.
Après lecture du texte, Mansour Sy, ministre de la Fonction publique, du Travail et des Relations avec les institutions, venu présider le congrès, lance le vote, en demandant aux congressistes s'il y a parmi eux un ou des candidats au poste mis en jeu.
Sitôt la question posée, dans la salle du Grand Théâtre de Dakar bondée de monde, des congressistes tournent le regard les uns vers les autres. Une partie du public se déchaîne, chantant en wolof : ''Amoul !''. Traduction : "Il n'y en a pas !". Par acclamation, Mody Guiro est réélu, aucun délégué n'ayant levé la main pour s'abstenir ou voter contre l'unique candidat.
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