CE QUE JE PENSE


CE QUE JE PENSE
Le choix du prochain coach de l’équipe nationale de football agite les esprits et soulève des passions. C’est une question d’actualité et une réelle préoccupation dans le pays. A notre avis une halte s’impose et il ne servirait à rien de vouloir continuer comme cela se fait depuis plus de dix ans sans succès. Que ce soit avec un expatrié ou avec un entraineur local nous estimons qu’il est impératif de rompre avec le pilotage à vue qui consiste à se lancer toujours dans une course vers des qualifications sans lendemain parce qu’ayant toutes accouché d’échecs traumatisants et à des sempiternelles remises en question.
Une halte s’impose pour engager la réflexion autour du développement de notre football national parce que nous n’avons pas encore emprunté la bonne voie. Que voulons-nous pour notre football ?  Comment y parvenir ? Il semble important de se livrer à cet exercice avant de
décider du sort de l’équipe nationale et de l’opportunité de trouver le prototype d’homme à sa tête.
Après Asmara en 1968 et la disette de dix sept ans qui s’en est suivie, nous avons connu un traumatisme inégalé au Caire en 1986. Mais des patriotes courageux comme les Mawade Wade, Joe Diop, Youssou Touré etc… ont aidé le football à se relever difficilement certes, mais il fallait le faire car à l’époque, ceux qui osaient encore parler de football aux sénégalais n’étaient pas nombreux.
Bref le défi était relevé et le Sénégal revenait au niveau de l’élite africaine dés 1990. Depuis lors beaucoup de changements sont intervenus entre organes d’exception à la place d’une fédération mais surtout autour du profil de l’entraineur ou du sélectionneur national. Cette question n’est donc pas une nouveauté et vingt cinq ans après nous ne pouvons plus nous permettre de la remettre sur la table sans au préalable opérer cette halte autour de la question à savoir ce que
nous voulons faire de et pour notre football national. Le chemin actuel que nous avons emprunté ressemble à une course sans fin que nous avons tantôt assimilée à un pilotage à vue sans tableau de bord.
Nos dirigeants semblent confondre tableau de bord et objectif. Il y’ a toujours dans leurs propos des objectifs visés mais la grosse carence c’est l’absence d’une volonté de construction avec une option résolue de s’inscrire dans la durée. Le temps de la construction ne peut être substitué par le tâtonnement et l’amateurisme qui font qu’aujourd’hui nous subissons toujours des revers et continuons de courir derrière un titre africain impossible à réaliser tant que l’on ne s’inscrira pas
dans un travail de profondeur et dans la durée avec des programmes ambitieux de détection de talents de formation et de perfectionnement des cadres du sport. Nous reviendrons prochainement sur ces aspects qui nous paraissent très importants et déterminants pour l’essor de notre football national.
Les idées sont là et les compétences existent pour développer notre football et pour le hisser au haut niveau et espérer conquérir l’Afrique et le monde.
Pour le moment nous préférons nous prononcer sur l’actualité autour du prochain choix de l’entraineur de l’équipe nationale.  Nous disions que depuis au moins vingt cinq ans nous avons tout essayé en termes d’options à la tête de notre équipe nationale de football. Entre 1990 et 2015, exception faite de la parenthèse 2002 nous avons connu des échecs et des désillusions que nombre de spécialistes ne parviennent pas à expliquer.
En ce qui concerne les entraineurs étrangers nous retenons le passage des allemands qui ont été à la base de l’émergence de deux générations exceptionnelles. Otto Pfister était à l’origine de la grande équipe de 1986 et Peter Schnitger a offert à Metsu l’équipe de rêve de 2002.
Au demeurant tous les expatriés français dans leur totalité ont mordu la poussière et pourtant ce sont eux qui ont bénéficié de conditions exceptionnelles et optimales de préparation. Si pour Claude Leroy en 1992 la génération des Teuw Bocandé Gueye Sène était vieillissante, pour les autres Kasperzack, Guy Stéphan et Giresse pour ne pas les citer, il faut reconnaître qu’ils ont fait preuve de carences criardes qui ont largement contribué à leur échec.
Pour notre part donc la problématique entre l'expertise nationale ou les expatriés ne se pose plus. Notre préférence va pour l'expertise nationale parce que les compétences existent et il faudra simplement accepter de mettre ces derniers dans les mêmes conditions que celles qui vaillent dès lors qu'il s'agit des étrangers.   Dans ce cas de figure il faut faire un pari sur un entraineur national chevronné, qualifié et reconnu par ses pairs.
A notre humble avis il ne faut surtout pas se focaliser sur la carrière de footballeur des postulants. Le cas Alain Giresse est patent et nous ne pouvons pas oublier les échecs de Locotte, Bocandé, Lamine Ndiaye et Amara Traoré pour ne pas les citer. Sous d’autres cieux nombre de grands joueurs ont aussi échoué en tant qu’entraineurs au moment où des joueurs moyens se révélaient de grands  entraineurs et d’extraordinaires meneurs d’hommes. Ici chez nous les Mawade et autres Joe Diop et ailleurs Yeo Martial l’ivoirien, Mahmut El Gohary l’égyptien et outre atlantique ce sont les Helmut Schoen, Weisweiler , Cesar Menotti , Trapatoni etc… tous ont marqué l’histoire du football de leur pays mais aussi du monde comme des techniciens hors du commun.
Entre le joueur et l’entraineur de football il y’a un fossé énorme et aucune carrière si réussie fut-elle ne peut servir de passe-droit pour le poste d’entraineur.  C’est un métier avec des exigences de compétences plurielles et  de connaissances technico-tactiques prouvées à l’épreuve du terrain sur un banc de touche derrière une ou plusieurs  équipes. L’équipe nationale ne saurait être une station pour l’apprentissage. Par conséquent ceux qui doivent prétendre aux destinées de notre équipe nationale ne doivent se prévaloir d’aucun passe-droit et ont l’obligation de prouver leur savoir faire dans ce métier et étoffer leurs connaissances par un vécu sur le banc aussi riche que leur carrière de footballeur.

Il ne s’agit point d’une querelle de chapelles faite aux anciens footballeurs mais plutôt un rejet de toute forme de passe-droit et un appel à une réflexion en profondeur sur ce que nous voulons pour la vitrine de notre football.

SPORTIVEMENT

PLK Papis
Lundi 16 Février 2015
Dakaractu




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