CASAMANCE : Wade a-t-il lu Napoléon ? ( Décryptage Par Babacar Justin NDIAYE )


CASAMANCE : Wade a-t-il lu Napoléon ? ( Décryptage Par Babacar Justin NDIAYE )
La fin de l’année 2011, est en passe de devenir, le moment des chevauchées militaires les plus meurtrières du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), sur un théâtre d’opérations élargi simultanément aux deux zones militaires et mitoyennes de Ziguinchor et de Kolda. Après le cantonnement de Kabeumb qui a été balayé le mardi 13 décembre, c’est au tour des positons militaires de Diégoune et de Tandième, d’être sérieusement tâtées par de fortes colonnes de maquisards, le mardi 20. Soit une semaine, jour pour jour. Et toujours à 6 heures du matin. Preuve que le Mfdc a retrouvé sa vigueur opérationnelle.

En Casamance, l’Histoire se répète ou bégaie. Car la pugnacité actuelle de la rébellion, rappelle les revers de l’armée au cours des années 90 ; notamment à Babonda où une section du 3e Bataillon de Kaolack, mise en mouvement par feu le Commandant Sané, avait perdu (presque) la totalité de ses effectifs. Y compris son chef, le Lieutenant Diouf.

Rebelote quelques années plus tard, dans le terrible triangle de Madinamancagne, Tamp et Guidel (trois hameaux de la conurbation ziguinchoroise) qui furent, entre 1997 et 1998, un enfer pour les soldats. Singulièrement Madina Mancagne qui avait englouti une vingtaine d’hommes d’élite appartenant aux Commandos de recherche et d’action en profondeur (Crap) du capitaine Sow. Les trois Madina (Madina Mancagne, Madina Chérif et Madina Thierno) ont été une sorte de Triangle des Bermudes pour les Jambars.

Aujourd’hui, de très bonnes sources indiquent que ce sont conjointement les hommes de Salif Sadio et les éléments du chef (émergent) de maquis Abdoulaye Diallo, – qui écument, tels deux vases communicants, les départements de Bounkiling et de Bignona. Et avec quelle audace ! Il faut assurément une grande témérité et des renseignements de qualité pour s’approcher puis attaquer, de façon synchronisée, deux cantonnements situés respectivement à 7 et 15 kilomètres de la commune Bignona. Laquelle abrite, une unité du Génie, le 25e Bataillon de reconnaissance et d’appui (le Bra et ses blindés) et une Légion de gendarmerie. Visiblement, les lignes bougent au détriment de l’armée.

Certes, Diégoune et de Tandième sont deux symboles psychologiquement très forts dans la région. Le premier est le village natal de Nkrumah Sané ; tandis que le second a vu naître feu Emile Badiane, l’homme fort de la Casamance, sous le régime de Senghor. Mais le culte du symbole ne garantit ni la puissance de feu ni l’aisance tactique. Le secret du regain de dynamisme opérationnel du Mfdc est à chercher au moins dans quatre directions : le moral de l’armée nationale ; le volume de ses effectifs, le renseignement opérationnel et la doctrine du gouvernement sur la crise casamançaise.

Premièrement, le moral de l’armée n’est pas au talon, mais il est fluctuant eu égard au contexte truffé de problèmes. Lesquels pivotent autour de l’intendance – au sens plein du terme – avec son cortège de ravitaillement et d’indemnités. A cela, s’ajoute l’angoisse qui tutoie et questionne l’avenir. Vu sous cet angle, le sort actuel des militaires invalides qui manifestent à Dakar, pour être soulagés financièrement par la nation, n’est pas de nature à fouetter l’ardeur et / ou à requinquer le moral de ceux-là, qui affrontent les maquisards.

Par ailleurs, un certain nombre de dépenses inopportunément effectuées dans le domaine politique par le chef de l’Etat et chef des armées – conclave coûteux et controversé sur une Constitution déjà plébiscitée par référendum ; générosité financière au profit des magistrats et transhumance politique chèrement facturée – ne sont pas sans répercussions sur le moral d’un contingent formé des soldats titulaires du baccalauréat. Faut-il hurler aux oreilles des décideurs sénégalais que le soldat de 2011 n’a rien à voir avec son grand-père tirailleur, le « poilu » de la guerre 1914-1918 ?

En clair, le moral fluctuant s’impose parmi les explications dominantes du faible rendement des troupes. Sinon comment comprendre que des rebelles issus des rangs de l’armée avec des grades subalternes (cas des défunts Sidy Badji et Léopold Sagna) ou sortis du collège Arfang Bessire de Bignona avec ou sans le Dfem (cas de Salif Sadio) puissent contrer si efficacement une armée équipée, entraînée… et commandée par des saint-cyriens ou assimilés ? Dont certains sont diplômés de l’Ecole de Guerre.

Deuxièmement, il devient de plus en plus injustifiable qu’on mobilise et fige des contingents sénégalais sous la bannière de l’Onu, au moment où l’on constate tragiquement un maillage insuffisant d’une Casamance qui couvre environ 28 350 km2, soit 1/7ème du territoire national. Pour le maintien de l’ordre international, l’armée sénégalaise est pionnière. Dès 1960, déjà, un bataillon de l’armée fédérale du Mali (dont une composante sénégalaise) était présent au Katanga, sous les ordres du Colonel Claude Mademba Sy et du Capitaine Soya Cissokho. C’est dire que les Jambars n’ont plus rien à prouver hors des frontières nationales.

Or, dans un contexte de guérilla, des effectifs massifs produisent chez l’ennemi, un effet massivement dissuasif. Ce qui dispense le commandement de l’envoi de renforts qui tombent dans des embuscades faciles à tendre non loin des villages où les civils sont complices de gré ou de force, de maquisards soucieux d’évoluer, parmi les populations, comme des poissons dans l’eau. C’est pourquoi, les pertes enregistrées par l’armée sont très souvent consécutives aux assauts du Mfdc. Et par conséquent, touchent davantage les renforts que les défenseurs de la position assaillie.

Dans cet ordre d’idées, la gendarmerie équipée en armements et étoffée en effectifs, doit prendre part aux actions en profondeur. Après tout, les combattants du Mfdc sont des citoyens hors-la-loi qui opèrent à l’intérieur du pays, à l’image d’un groupe de coupeurs de route tapis sur l’axe Kaffrine-Koungheul. Qui mieux que la gendarmerie – un corps hybride situé au carrefour des appareils militaire et judiciaire – doit les neutraliser ? Sinon dans un système démocratique avancé comme le notre, la gendarmerie risque d’apparaître comme une garde prétorienne. En Corse, ce sont les gendarmes mobiles qui traquent les nationalistes. Et non la Légion Etrangère dont le 2e Régiment de Parachutistes (celui qui avait sauté sur Kolwezi en 1978) est pourtant basé à Calvi.

Troisièmement, l’armée peine à trouver ses marques dans la contre-guérilla, un type de guerre pour lequel elle n’a pas été originellement façonnée. Conséquence : l’infanterie semble plus performante que le renseignement sur le terrain. Ce qui constitue un déséquilibre fatal ; puisque dans les cantonnements, les jeunes militaires se mêlent aux jeunes villageois et villageoises qui sont des sources potentielles voire réelles d’informations tactiques pour le Mfdc. Avant les Jambars en Casamance, les soldats français et américains ont été confrontés à ce Talon d’Achille au Vietnam et en Algérie.

Quatrièmement, la doctrine du gouvernement a manifestement besoin d’un supplément de limpidité. Clausewitz enseignait les conditions de la victoire : « Le gouvernement fixe les objectifs de la guerre, l’armée combat et les populations s’enthousiasment ». En Casamance, les militaires comme les observateurs, se demandent, parfois, quels sont les objectifs des Pouvoirs publics ? Aucun dessein clair, aucune ferme décision. Au contraire, c’est la confusion choquante qu’illustra une émission de télévision au cours de laquelle, un ancien ministre déclara avoir fourni un téléviseur, du riz et de l’argent aux rebelles, dans le cadre d’une négociation interminable et…stérile.

Bref, il urge que le défi du séparatisme armé soit relevé. Voilà un agenda qui doit éclipser l’agenda successoral et son lot de congrès, de meeting, de marches de soutien, d’inaugurations etc. La dégradation de la situation militaire l’exige. La défensive tue les armées, c’est l’offensive qui les vivifie. Malgré le travail de la Dirpa qui recadre les bilans des victimes, la démoralisation de la nation ne saurait être indéfiniment différée. On peut pardonner aux généraux de gagner la guerre avec des pertes ; mais on ne peut pas leur pardonner de la perdre avec des pertes. D’où l’impérieuse nécessité pour Abdoulaye Wade de revisiter Napoléon qui disait à ses généraux : « Demandez-moi tout ; je vous donne tout ; sauf du temps ».

Effectivement, le temps s’écoule en Casamance au détriment de l’unité et de la cohésion nationale. Pire, le temps referme sur l’armée, le piège de l’enlisement sanglant dans les forêts et les rizières. Et de son corollaire : l’extinction de la volonté nationale.

(  Décryptage Par Babacar Justin NDIAYE )
Vendredi 23 Décembre 2011




1.Posté par CITOYEN le 23/12/2011 11:17
TU es un grand connaisseur vide avec un bavardage inutile !!!

2.Posté par yakh boureuy le 23/12/2011 12:10
Face à l’agression gambienne et d’atika revenons à l’esprit ceddo
Notre pays souffre depuis l’indépendance de l’alliance du marabout, du niénio et du français d’origine sénégalaise. Toutes ces trois catégories d’individus n’ont aucune vocation de guerriers. Le nienio et le marabout ont comme credo la paix à tout prix, l’un au nom de la religion, l’autre par atavisme et héritage. Les français d’origine sénégalaise qui nous gouvernent par contre ne rêvent que de paix à tout prix enfin d’achever leurs missions maçonniques de déstructuration de notre société.
Ce trio ne se battra jamais efficacement contre les rebelles diolas et leur chef le despote gambien Yaya Diamé .Peux t on s’imaginer le « ndaanane» Madické Niang tenir un langage de fermeté face à egnab Yaya diamé
A l’indépendance se trouva à la tête de notre pays le français d’origine sénégalaise Léopold Sédar Senghor. Appartenant à une religion minoritaire, Senghor était obnubilé par le front intérieur. Il refusa de s’associer avec le Maroc pour se partager la Mauritanie, pire avec sa théorie du « dialogue » il accepta de partager le fleuve Sénégal avec les maures. Quand en 1965 l’Angleterre proposa au Sénégal d’annexer la Gambie au moment de l’indépendance Senghor refusa. Son programme essentiel était de faire des sénégalais de mauvais musulmans de les laïciser ; d’éliminer de purger des cadres des forces de défenses et de sécurité les officiers originaires des castes guerrières du Nord pour les remplacer par d’autres officiers d’origine bissau guinéennes ou appartenant a des castes niénios non guerrières du nord
Senghor fut remplacé par Abdou Diouf un autre français formé à l’Ecole Administration de la France d’Outre Mer (il a rejoint sa vraie patrie la France après sa défaite en 2000).Abdou Diouf confia toutes les questions nationales de sécurité à un l’agent secret français Jean Collin qui n’était obnubilé que par la problématique de maintien du pouvoir néocolonial hostile au système islamowolof . C’est à cette période qu’apparut l’irrédentisme diola , une ethnie que ces compradores avaient favorisé du fait de son acéphalisme et l’absence de castes. Avec Abdou Diouf le Sénégal avait une opportunité exceptionnelle d’annexer la Gambie mais nos gouvernants étaient plus intéresses à combattre le modèle islamowolof en essayant de pervertir nos marabouts et en faisant de nos saltimbanques et troubadours des notables et des officiers.
L’armée sénégalaise est enlisée en Casamance à cause d’abord d’un manque de doctrine d’une orientation politique. Depuis nos indépendances négociées les régimes successifs à la tête de notre pays ne sont jamais évertués à mettre en place une politique de défense nationale face à des pays voisins hostiles comme la Mauritanie, la Gambie et la Guinée-Bissao.
Actuellement pour face à l’agression gambienne, notre pays devra renforcer ses forces armées autour de cette enclave au cœur du Sénégal. Et surtout créer un mouvement armé subversif de gambiens mandingues exilés. L’état sénégalais pourra recruter des centaines de chiens de guerre libériens et sierra leonais qui pourront à travers des braquages des poses de mines déstabiliser complètement l’économie gambienne basée sur le tourisme. Tous ces agents pourront trouver leur refuge et protection en territoire sénégalais. Toutes ces actions permettront de rompre les soutiens au MFDC.
Quand au combat contre la rébellion diola il faudra créer des milices diola mandingues et balantes qui pourront faire le sale boulot de contre guérilla que notre armée régulière ne peut faire.
Pour mener toutes ces actions il faudra qu’on revoit la doctrine, le Sénégal peut être un pays guerrier c’est le pays des légions omariennes qui ont conquis le Mali le pays des guerriers Alboury Ndiaye Lat –Dior et Maba Diakhou BA.
Face à Yaya Diameh et Atika Vivement un front national inspiré de l’esprit ceddo



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