CARBURANT TOXIQUE : L’analyse qui accable Vivo Energy

Vivo Energy Sénégal a contesté les accusations de l’Ong Public Eye. Pourtant, les auteurs du rapport ne se sont pas limités à de simples déclarations.


CARBURANT TOXIQUE : L’analyse qui accable Vivo Energy
Les responsables de Vivo Energy ont affirmé hier que, contrairement à ce qu’a révélé l’enquête de l’Ong Public Eye, le carburant qu’ils commercialisent au Sénégal est de bonne qualité. La Société africaine de raffinage (SAR) est aussi venue au secours des pétroliers. Ce, sans même faire des prélèvements à la source et les analyses comme le demande de Momar Ndao, président de l’association des consommateurs (ASCOCEN). L’Ong ne s’est pas seulement contentée de faire des déclarations gratuites. Dans son rapport que Libération a consulté, il a analysé des échantillons avant d’en tirer des conséquences.
Pour le cas de Vivo Energy Sénégal par exemple, Public Eye soutient en effet que les prélèvements ont révélé que la teneur en souffre des échantillons de diesel analysés étaient supérieure aux valeurs européennes moyennes.
N’est-il pas nécessaire, face à la gravité de telles accusations qui visent aussi d’autres négociants, que l’Etat ordonne des analyses indépendantes ?
Comme nous l’écrivions, «Dirty Diesel», l’enquête de l’Ong Public Eye (Ex Déclaration de Berlin) établit que des négociants suisses de pétrole distribuent en Afrique des carburants dont la vente serait strictement interdite en Europe. Ces sociétés préparent, pour le seul marché africain, des mélanges d’essence et de diesel néfastes pour la santé et l’environne- ment.
Entre 2013 et 2015, Public 
Eye a prélevé des échantillons dans des stations-service de huit pays du continent africain.
L’Angola a été le point de départ de cette tournée destinée à connaître la teneur en soufre et autres substances toxiques du diesel et de l’essence vendus par les négociants helvétiques. Le rapport d’enquête étalé sur 28 pages éclabousse, au Sénégal, Trafigura et Puma Energy mais aussi Shell (Vivo Energy) et Oryx, comme l’a constaté Libération.
Des échantillons de carburant prélevé et analysé par l’Ong auprès de ces sociétés au Sénégal révèlent la présence de produits extrêmement toxiques. «Sur les quatre échantillons prélevés, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tous contenaient du Mmt, à base de manganèse, un métal neurotoxique», renseignent les enquêteurs.
«Nos analyses ont aussi permis de détecter d’autres substances nocives pour la santé à des doses inquiétantes. Prés de trois quarts de nos échantillons contiennent une teneur en benzène, classé cancérogène avéré pour l’homme, supérieure à 1 pour cent du volume, le seuil à ne pas dépasser au sein de l’Union européenne. Nous avons aussi trouvé dans l’essence un additif utilisé comme substitut du plomb, le Mmt, à base de manganèse, un métal neurotoxique. Sur les quatre échantillons prélevés, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tous contenaient du Mmt», indique le document.
Dans un communiqué rendu public hier, Vivo Energy conteste : «Au Sénégal, tous les distributeurs pétroliers achètent leurs produits prioritaire- ment auprès de la SAR. (...) Une partie minoritaire des produits pétroliers est importée par certains distributeurs pour sécuriser davantage l’approvisionnement en carburant. Ces importations sont nécessairement autorisées par le Ministère de l’Energie et les produits sont contrôlés systématiquement à leur arrivée par des organismes agréés pour attester qu’ils sont conformes aux spécifications locales (cf. décret n°2014-961).
Vivo Energy Sénégal est conscient que les clients exigent des produits de la plus haute qualité. Les produits Shell que nous distribuons bénéficient des dernières innovations pour proposer les meilleurs carburants sur le marché sénégalais. Nous sommes les pionniers dans ce domaine au Sénégal et avons lancé en 2015 nos carburants différenciés Shell Fuel Save, des produits appréciés par les consommateurs grâce à leurs performances.
Nos produits sont testés sur toute la chaîne d’approvisionnement. Ainsi, nous contrôlons les produits dans nos dépôts mais également dans nos stations-service, avec notre laboratoire mobile de contrôle qualité. Nous tenons donc à rassurer les consommateurs et partenaires que le carburant vendu dans nos stations-service et à nos clients Entreprises est conforme aux spécifications nationales et est de qualité.» Quid du silence suspect des autres mis en cause, en l’occurrence Trafigura et Oryx ?

 
Samedi 17 Septembre 2016
Dakaractu



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