CAN 2015 : les dix joueurs à suivre

Si la Coupe d’Afrique permet à des joueurs méconnus de se révéler, elle est aussi l’occasion pour des éléments plus confirmés de briller


CAN 2015 : les dix joueurs à suivre

Garnir son palmarès d’un trophée international avec son pays est un aboutissement pour tout joueur de football. Jusqu’ici, la hiérarchie du foot mondial a souvent relégué les nations africaines au second plan, notamment lors des Coupes du monde. Dans ce contexte, la Coupe d’Afrique des nations revêt une chance unique pour certains grands d’accrocher un titre. Tour d’horizon avec dix d’entre eux qui, c’est sûr, seront attendus au tournant pour cette édition 2015.

 

Pierre-Emerick Aubameyang, 25 ans, Gabon

Avant d’être reconnu comme l’un des attaquants les plus rapides de la planète, "Aubame" a d’abord cultivé le paradoxe. Détecté très jeune par le grand Milan des années 2000, avec qui il a signé son premier contrat pro mais pour lequel il n’a jamais joué en compétition officielle en 4 ans (2007-2011), il a multiplié les tentatives infructueuses en prêt (Dijon, Lille, Monaco) avant de trouver sa plénitude à Saint-Étienne. Avec les Verts, il allie enfin la précision et l’efficacité à ses qualités d’explosivité et finit par quitter le Forez pour rejoindre le Borussia Dortmund, alors finaliste sortant de la Ligue des champions. Dans le dur avec le club de la Ruhr cette saison, Aubameyang devra assumer son statut avec les Panthères du Gabon, dont il est le joueur phare.

 

Wilfried Bony, 26 ans, Côte d’Ivoire

Wilfried Bony s’impose d’ores et déjà comme la sensation du mercato hivernal. Lui qui faisait le bonheur de Swansea depuis l’été 2013 (54 matches de Premier League, 25 buts) a brusquement changé de dimension en rejoignant Manchester City contre 38,5 millions d’euros. Une somme supérieure à celle que Chelsea avait déboursée pour faire venir son compatriote Didier Drogba de l’Olympique de Marseille en 2004. Drogba, qu’il a progressivement supplanté à la pointe de l’attaque des Éléphants de Côte d’Ivoire. Entrevu lors du Mondial 2014, durant lequel il a marqué 2 fois, Bony sera l’arme offensive principale des Ivoiriens durant le tournoi.

 

Yacine Brahimi, 24 ans, Algérie

Si l’Algérie s’est refait une place parmi les grands du continent, elle le doit en partie à l’éclosion de Yacine Brahimi. Alors qu’il n’a jamais réussi à crever l’écran en Ligue 1, ce milieu polyvalent passé par l’INF Clairefontaine et devenu professionnel à Rennes a dû attendre l’exil à Grenade pour prendre son envol. En Liga, il accomplit son exercice le plus abouti et gagne sa place au sein de la sélection algérienne pour le Mondial 2014. Un tournoi réussi qui lui vaut de taper dans l’œil avisé des recruteurs du FC Porto. Son début de saison avec les Dragons confirme la bonne pioche : acheté 6 millions d’euros, Brahimi possède désormais une clause libératoire à 50 millions d’euros.

 

Papiss Cissé, 29 ans, Sénégal

L’attaquant de Newcastle est certainement, à l’heure actuelle, l’un des buteurs africains les plus racés. Lancé en France (Metz, Cherbourg, Chateauroux), Papiss Cissé a explosé en Allemagne à Fribourg avant de répondre aux sirènes de la Premier League. Avec les Magpies, il n’a pas toujours été titulaire mais son ratio (101 matches, 39 buts) en fait tout de même l’une des valeurs sûres du club, comme il l’a récemment prouvé en inscrivant un doublé qui faisait tomber Chelsea pour la première fois de la saison. Attaquant de surface capable aussi de partir balle au pied, Cissé dispute seulement, à presque 30 ans, sa 2e CAN avec les Lions de la Terenga.

 

Seydou Doumbia, 27 ans, Côte d’Ivoire

Installé en Russie depuis 2010 où il fait le bonheur du CSKA Moscou (élu deux fois meilleur joueur du championnat en 2011 et 2014), Seydou Doumbia arrive à la croisée des chemins. Autrefois barré par Drogba en sélection, il n’avait pas les faveurs de l’ancien sélectionneur Sabri Lamouchi qui lui a préféré Wilfried Bony pour la Coupe du monde 2014. Revenu dans le coup avec Hervé Renard, Doumbia n’a plus de temps à perdre. S’il veut s’imposer comme l’une des valeurs sûres de la sélection ivoirienne, il devra marquer les esprits durant la CAN comme il l’a fait avec le CSKA lors de ses apparitions en Ligue des champions (10 buts en 15 matches de C1).

 

Sofiane Feghouli, 25 ans, Algérie

Né à Levallois-Perret, révélé à Grenoble avec qui il a fait ses débuts en Ligue 1 à 18 ans, Sofiane Feghouli symbolise cette génération de joueurs binationaux qui ont choisi leur pays d’origine. Les gros clubs européens ont très vite eu ce milieu offensif dans le viseur, mais c’est à Valence qu’il a choisi de s’émanciper, quittant la France à seulement 19 ans avec à peine 30 matches de L1 dans les jambes. Un choix judicieux : après un an d’adaptation dont 6 mois en prêt à Almeria, il finit par prendre son envol et devient un élément incontournable de l’équipe (30 matches de Liga en moyenne sur les 3 dernières saisons). Un rendement qu’il maintient avec la sélection algérienne, qu’il a choisie malgré quelques sélections avec les jeunes de l’équipe de France (2 avec les U18, 3 avec les Espoirs).

 

Asamoah Gyan, 29 ans, Ghana

Son passage au Stade rennais (2008-2010) ne laissait pas forcément augurer de la place qu’il prendrait dans l’histoire du football africain. Car dans chaque club par lequel il est passé (Udinese, Modène, Rennes, Sunderland), c’est surtout par son irrégularité et son trop faible ratio occasions/buts qu’il s’est distingué. Mais comme d’autres avant lui, Gyan Asamoah a choisi de construire sa légende avec l’équipe nationale. Par la désillusion d’abord, lorsqu’en 2010 il manque ce penalty à la 120e minute du quart de finale de Coupe du monde entre le Ghana et l’Uruguay, manquant de propulser pour la première fois un pays africain dans le dernier carré d’un Mondial. Par la gloire 4 ans plus tard, lorsqu’il égale puis dépasse Roger Milla comme meilleur buteur africain en Coupe du monde avec 6 buts. Exilé à Al Ain depuis 2011, Gyan, bientôt 30 ans et jamais vainqueur de la CAN (finaliste en 2008, 3e en 2010) attend toujours de porter les Blacks Stars vers un succès continental.

 

Seydou Keita, 35 ans, Mali

Keita est comme le bon vin, meilleur au fur et à mesure que les années passent. À désormais 35 ans, il incarne l’expérience et la sagesse, celle du joueur de devoir respectueux du maillot qu’il porte. Devenu incontournable en Ligue 1 après ses passages à Marseille, Lorient et Lens, il a pris une dimension supplémentaire en Liga, à Séville puis au FC Barcelone. Son intermède en Chine (Dalian Aerbin) n’a pas eu raison de ses qualités naturelles de métronome et de meneur d’hommes. Valence puis la Roma lui ont fait les yeux doux, preuve de son inaltérable capacité à évoluer au plus haut niveau malgré son âge. Avec la sélection du Mali, il est l’homme à tout faire, capitaine, récupérateur et même buteur. Lui qui disputera sa 7e CAN en Guinée équatoriale a déjà mené son pays à la 3e place lors des deux dernières éditions (2012, 2013). Il devrait battre durant le tournoi le record de sélections détenu par Mahamadou Sidibé (99).

 

Jonathan Pitroipa, 28 ans, Burkina Faso

Ses fulgurances lors du dernier tournoi avaient permis au Burkina Faso, encore jamais titré, d’atteindre la finale. Et si les Étalons avaient fini par céder face au Nigeria (0-1), cela n’avait pas empêché Jonathan Pitroipa d’être élu, à juste titre, meilleur joueur de la compétition. Une distinction qui n’a malheureusement pas permis à l’ancien Rennais de donner un nouveau souffle à sa carrière. Que ce soit en Allemagne, où il a percé (Fribourg, Hambourg), ou en France avec Rennes, Pitroipa n’a jamais su allier la régularité à ses qualités naturelles, faites de dribble et de percussion. Parti évoluer aux Émirats après une triste fin en Bretagne, "Pit" sera attendu comme l’un des meneurs du Burkina, finaliste sortant.

 

Yaya Touré, 31 ans, Côte d’Ivoire

Il règne depuis des années sur le football continental, en attestent ses 4 titres consécutifs de meilleur joueur africain de l’année (2011, 2012, 2013, 2014). Mais à 31 ans, il manque à Yaya Touré, comme à d’autres étoiles ivoiriennes, l’ivresse d’un titre international. Passé tout près en 2006 et 2012 (finales de CAN perdues contre l’Égypte puis la Zambie aux tirs au but), Touré n’a plus beaucoup de marge. Celui qui a récemment dépassé la barre des 100 sélections sort d’une saison monstrueuse avec Manchester City, avec qui il a conquis deux des trois derniers titres en Premier League et dont il est le facteur X. En Guinée équatoriale, il sera certainement le joueur le plus observé et attendu. Et pour cause : récupérateur, buteur, organisateur…, il sait tout faire. Reste à ponctuer le tout d’un trophée que la Côte d’Ivoire attend depuis 1992.

 

Un œil sur eux…

Ils ne sont pas (encore ?) les grandes stars, mais pourraient profiter de la CAN 2015 pour prendre un peu plus d’épaisseur. Transféré de Lorient au FC Porto,Vincent Aboubakar aura la lourde tâche de faire oublier Samuel Eto’o à la pointe de l’attaque camerounaise. Il partagera cette responsabilité avec Éric Choupo-Moting, qui s’affirme cette saison du côté de Schalke 04 (9 buts en Bundesliga). Déjà en vue lors du dernier tournoi, Yousef Msakni portera les espoirs de la Tunisie, pas favorite mais régulière, car seule équipe à avoir disputé toutes les éditions depuis 1990. Les suiveurs de la Ligue 1 connaissent déjà Papy Djilobodji(Sénégal) et Prince Oniangué (Reims), dont la progression s’accélère depuis un an. Pour eux, la CAN est une occasion de voir leur réputation dépasser les frontières de l’Hexagone.

Samedi 17 Janvier 2015
Dakaractu




Dans la même rubrique :