Business autour d’une denrée de première nécessité : Ça ne « riz » pas toujours chez les importateurs

Les importateurs de riz font encore parler d’eux. Hier, Moustapha Tall et Aziz Ndiaye. Aujourd’hui, Bocar Samba Dièye. Ce dernier, célèbre homme d’affaires, se retrouve dans un imbroglio judiciaire. Il est reproché au vieil importateur la « vente de produit impropre à la consommation ». Ce qui lui a valu un contrôle judiciaire. Son fournisseur indien a, quant à lui, été placé sous mandat de dépôt après son inculpation. La quantité du riz est estimée à 2 000 tonnes.


Business autour d’une denrée de première nécessité : Ça ne « riz » pas toujours chez les importateurs
Cette affaire « Bocar Samba Dièye » rappelle à nouveau d’autres « scandales » qui ont été dévoilés dans ce cercle restreint des importateurs de riz au Sénégal. En 2014, la famille du célèbre promoteur de lutte Aziz Ndiaye a été impliquée dans une affaire de « recel de riz ». Sur cette question, EnQuete révélait que tout était parti d’une plainte que la société Bamby avait déposée après avoir vu sa cargaison de riz volée. Malheureusement, il s’est révélé que le riz que recherchait la société Bamby avait transité par les locaux de la société « Aziz Business Compagny » (ABC) qui appartient au célèbre promoteur de lutte Aziz Ndiaye.
Ainsi, ce dernier, son père Alé Ndiaye et son grand frère Massata avaient été convoqués. Même si Aziz Ndiaye et son papa avaient échappé à une inculpation, ce ne fut pas le cas de Massata Ndiaye qui avait finalement été placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Rebeuss, pour recel de riz.
 
Un préjudice de 3 milliards de F CFA
 
 Pour le Président directeur général du holding Tall Company, on se rappelle qu’il a eu, par le passé, un contentieux avec une société de trading dénommé Nidera. Moustapha Tall, surnommé « Obama riz », avait accusé cette société néerlandaise d’avoir « empoché la prime d’assurance d’une de ses cargaisons de riz, perdue en mer en mars 2008 ». En outre, l’hebdomadaire Jeune Afrique rappelait dans l’une de ses éditions que l’un des plus grands importateurs de riz au Sénégal avait même porté plainte contre la société néerlandaise. Cette dernière avait aussi annulé deux contrats de l’homme d’affaires sénégalais, ce qui lui avait valu un préjudice qu’il estimait à 4,7 millions d’euros (près de 3 milliards de F CFA).
 
Ensuite, l’importateur de riz Moustapha Tall s’est encore retrouvé au-devant de la scène médiatique en 2008. C’était en pleine crise alimentaire. Il a été soupçonné d’être l’un des principaux responsables de la flambée des prix de riz à Dakar. Pis, il avait été accusé, la même année, d’avoir fait transiter du riz subventionné par des pays voisins, pour le vendre à un prix fort. Mais il s’en était bien sorti.
 
Quoi qu’il en soit, un vrai business se construit autour de l’une des denrées les plus prisées des Sénégalais. Et tout récemment, la Brigade de la gendarmerie territoriale de Thiaroye a saisi 464,45 tonnes de riz impropre à la consommation. Les auteurs voulaient profiter des failles du système pour mettre sur le marché ce riz ‘’Rambo’’ dont la date de péremption était en juin 2015. Une enquête est toujours en cours pour identifier le propriétaire du stock qui a été découvert.
 
EnQuête
Mercredi 13 Avril 2016
Dakar actu




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