Bonne année, même aux pyromanes de la République. (Amadou Fall)


Bonne année, même aux pyromanes de la République. (Amadou Fall)
Bonne année : c’est cette belle formule que nous nous lançons – chaque fois - les uns les autres à la fin de chaque année civile. Pourtant, elle n’est en rien banale, elle ne devait avoir rien de si ordinaire car elle doit aller au-delà des simples parures superficielles dont nous enveloppons –parfois de manière égoïstes – nos décrépites civilités de la vie courante et nos râpées rapports interindividuels.
Bonne année pour se reprendre car nous glissons lentement mais sûrement vers les abîmes obscurs de la déliquescence sociale ; pour s’interroger courageusement sur le statut machiavélique que prennent les choses dans notre pays ; pour comprendre à la fin que le libéralisme sauvage que nous vivons sous nos toits a un prix ; n’en déplaise à tous ceux qui applaudissent sans discernement, les yeux fermés, au nom d’un arrivisme dégradant et d’intérêts particuliers et partisans, la tournure des orientations et des pratiques politico-économiques depuis un peu plus d’une décennie dans notre pays.
Bonne année pour « tappe xol yi » comme savait le dire si majestueusement nos regretté le *waaliyu Kaamil* Abdoul Aziz Sy Daabaax le Grand Visionnaire. Parce que justement, la communion des cœurs, nous en avons bigrement besoin pour nous reprendre et reprendre notre cher « Sunugaal » entre de belles mains. En tout cas, des mains autres que celles des Pyromanes de la Républiques qui nous gouvernent si médiocrement depuis 2000 ! Bonne année pour faire une volte-face salutaire et revenir aux vertus primaire et fondamentales qui érigent de manière durable, et l’Etat de Droit, et le partage équitable des richesses nationales, et enfin l’administration équidistante de la justice entre les citoyens.
Bonne année pour Revisiter Senghor et puis, Abdou Diouf (malgré qu’ils aient – chacun en ce qui le concerne – une part non négligeable dans nos travers) parce que justement ils ont su nous léguer un beau pays, grandiose et flamboyant malgré la modicité de nos richesses. Je sais que l’on peine actuellement à retrouver tout l’arsenal juridico-politique SENGHORIEN qui faisait de nous un pays respecté et estimé dans le monde. Je constate que nous avons – car nous sommes en droit de bien les avoir - véritablement des appréhensions face à la disparition de l’Etat de droit, du Mythe Protecteur et Salvateur de nos Institutions et de l’Equidistance de l’Etat entre les composantes de la NATION que nous nous sommes administrés sous DIOUF. Oui, car la cassure est là, bien présente et bien pesante, visible à l’œil nu et ressentie au plus profond des âmes pour tout citoyen épris de paix et de justice sociale.
Bonne année pour le Peuple opprimé par des Gens qu’il avait portés au pouvoir en 2000 avec beaucoup d’espoir ; pour ce Grand Peuple drôlement pris en otage et amèrement plongé dans un perpétuel cycle de turbulence et de continuelle campagne électorale déguisée. Les coups de forces prennent trop souvent le dessus sur les actions concertées, sur les actions régaliennes de l’Etat. Chaque jour que DIEU fait le pouvoir en place – depuis presque douze ans - pose un nouveau jalon dans la recrudescence de l’incompréhension et de la discorde. Tous ceux qui ne roulent pas pour les intérêts de l’Etat- PDS doivent se démettre ou se taire à jamais : on peine sérieusement dans notre pays à différencier actuellement les propriétés régaliennes de l’état avec celles partisanes du parti au pouvoir.
Bonne année à Maam Booy*à l’ego surdimensionné et qui nous dit « après moi, c’est le chaos » ; au Maître du « je » dont le « jeu » éventé risque de mettre le feu aux poudres ; à « Wax waxeet » pour qui le Sénégal se résume à sa famille biologique et à ses affidés sans scrupules ; à la seule constante dont l’incrédulité absolu autorise les zouaves, les guignols et les marionnettes qui l’entourent à l’idéaliser jusqu’au blasphème ; au Père de Karim (le Sénégalais ( ?) le plus intelligent et le plus apte) qui nous vaut un km de route bitumée à 10 milliards et le plan Takkatuma* à prés de 400 milliards , de Sindièli que tous les prestataires du dernier Fesman cherchent désespérément pour renter dans leurs fonds : au mari chéri de VIVI, la reine ou le rat du Palais qui fouine partout et qui ajoute son trop de sel dans toutes les cuisines de la République.
Bonne année aux Républicains qui pensaient que le Sénégal avait dépassé le stade de République Bananière où toute les Institutions, où tous les autres Pouvoirs (législatifs et judiciaires) sont inféodés au bon vouloir d’un Leader Suprême pour qui, seule la sécurité du fils biologique (futur héritier) et de ses réalisations pharaoniques et contreversées, compte vraiment dans la jungle Sunugalienne* dont il a fini de faire notre belle Nation. Bonne année aux NTS du M23 qui se battent - dans la douleur de l’obstruction, de l’ostracisme du pouvoir- pour faire respecter le droit et l’Etat de droit en protégeant la Charte Nationale.
Bonne année aux multiples victimes de la violence d’Etat, de la violence de l’Etat wadien* ; aux orphelins – comme ceux de Malick Ba de Sangalkam – qui pleurent leurs parents brutalement arrachés à l’expression de leur innocence immaculée ; aux mères de famille qui se lamentent sur les dépouilles de leurs progénitures traîtreusement précipitées vers la tombe ; aux épouses qui s’inclinent impuissantes sur les cadavres de maris partis au travail sans jamais revenir ; aux pères de familles qui s’affalent piteusement devant le décès brutal de l’héritier tombé sous les balles des forces de sécurité effectivement équipées pour brimer de l’opposant et ou du manifestant.
Bonne année aux souffre-douleur, aux parias de la banlieue dakaroise qui barbotent dans la boue infecte, dans les eaux fétides des inondations chroniques ; aux braves femmes qui défient l’insécurité de l’aube sous les délestages ininterrompus, panier sur la tête, pour gagner une vie qui se refuse impitoyablement à elles ; aux femmes de ménages que l’on humilie au quotidien pour une modique somme qui ne saurait payer convenablement la plus petite goutte de sueur des nababs qui nous gouvernent si lamentablement ; aux artisans qui croisent éternellement les doigts en priant le ciel pour un petit instant de courant électrique ; aux paysans qui courent derrière les bons impayés de la précédente campagne agricole ; aux cultivateurs dont les récoltes – jamais écoulées à bon escient - pourrissent sur place faute de moyens de transport ou de conservation ; aux écoliers qui passent plus de temps dans la rue que dans les classes ; aux étudiants dont les campus sont devenus des arènes de combat perpétuel avec les forces de l’ordre ; aux enseignants à qui l’on a sciemment ôté toute dignité ; aux malades qui succombent aux portes et dans les couloirs froids des hôpitaux plus malades que leurs patients ; aux ménagères qui se noient dans la cherté des produits du marché, aux soutiens de famille que le prix onéreux du sac de riz, de l’huile, du sucre et du savon hante le sommeil, aux désoeuvrés diplômés qui traquent un hypothétique premier emploi qui ne vient jamais, aux boulangers que la farine à ruiner, aux chauffeurs que l’essence et le gasoil effarouchent et épouvantent…
Bonne année aux grooms, aux saltimbanques et aux clowns appelés Ministres et qui font retourner Senghor dans sa tombe chaque fois que l’un d’entre eux franchissent la porte de la salle du Conseil des Ministres ; aux bouffons appelés Députés et qui défendent au prix de leur vie les sales combines de la Galaxie Wadienne* au détriment des intérêts du Peuple qui les avait élus (même s’ils sont mal élus avec un peu mois de 40% de taux de participation) ; aux paillasses du Sénat qui s’accrochent aux bonbons distribués par sa Majesté sans se soucier des manquements de la République ; aux jeunes de l’UJTL qui s’évertuent à réélire un vieillard de 90 ans pour un mandat de trop à tous les égards ; aux dames à qui l’on achète pour cent francs pièce une carte (ma carte/ma caution) pour payer la caution d’un candidat qui aspire à violer notre Constitution ; aux automates du PDS et de ses séides que l’on transporte comme du bétail pour meubler les processions organisées à l’honneur d’un demi Dieu appelé Wade himself.
Bonne année aux bénéficiaires de l’immunité, de l’impunité gratuite que seule sait accorder la proximité du camp mafieux au pouvoir ; aux mafiosis qui détournent nos maigres finances publiques pour se taper de grosses cylindrés dignes des stars de Hollywood et pour construire des palaces les pieds dans l’eau ; aux caïmans de la Républiques qui se prostituent et prostituent leur savoir à l’autel des intérets partisans pour des prébendes gracieusement distribué par Baayu Kariim*, aux kafirs* appelés marabouts qui vendent et réadaptent honteusement les sourates infaillibles du Coran au bon vouloir de la Galaxie Njomboorienne* ; aux lutteurs que l’on envoie mourir stoïquement comme nervis au solde des bandits de grands chemins du PDS et de ses satellites.
Bonne année aux adeptes de Dakar by night et du jet set qui ne savent plus sur quelle musique danser ; aux hommes qui changent d’orientation sexuelle pour quelques euros savamment distribués par des touristes inqualifiables ; aux jeunes femmes fardées qui adoptent et assimilent de nouvelles expériences (lesbianismes et extorsions de fond par le chantage) inconnues du bataillon ; aux pubères qui se font violer et détourner car ayant déserter leurs luppu yaay* ; à tous ceux qui ont perdu un être cher sous les balles ou la lame des agresseurs de rue.
Bonne année aux détenus ayant volé une poule alors que ceux qui ont vidé les caisses de l’Etat se la coulent douce ; à ceux qui ont de la prison pour une banale histoire de menace à Magistrat alors que ceux qui ont lâchement abattu Maître Sèye défilent langoureusement dans les rue de Dakar ; à ceux qui se battent dans les couloirs des palais de justice pour démonter leur innocence alors que les vrais coupables sont amnistiés ou protégés. Bonne année aux xaadi* dont les 2/3 alimenteront la géhenne promise aux mécréants (parole de Daabaax Sy Malick).
Bonne année à Diaz fils qui prend un billet pour Rebeuss pour avoir tuer un Nervi du camp intouchable de Sa Majesté. Parce que justement la vie un nervi affilié au PDS et à ses spoutniks vaut plus que celle d’un manifestant (un honnête citoyen qui se bat pour ses droits consacrés par la Constitution). Il suffit de voir comment « l’imbécile casqué » de Sangalkam est protégé par la notion de légitime défense pour y voir clair : il a plus le droit de défendre sa vie, les locaux de la gendarmerie que Barth pour sa vie et pour sa mairie. Quelle offense ! Dis, Oussou, vos nervis sont-ils sacrés ? Dis, Jules, quand vous envoyez vos mercenaires de la mort, les citoyens visés doivent-ils faire comme Talla Sylla c’est-à-dire croiser les bras docilement et se laisser massacrer tout bonnement ?
Bonne année aux forces de l’ordre qui se muent doucement mais sûrement en milices privées du PDS et du Pouvoir Wadien. Jamais dans l’histoire de notre jeune Nation, la Police n’a ramé aussi bas : elle donne l’impression de ne s’occuper que de ceux qui sont hors des rouages du Pouvoir et du Clan des libéraux ; la DIC est d’une promptitude suspecte pour les opposants, les journalistes et pour les émeutiers qui ont menacé les intérêts égoïstes des barons de la Galaxie Wadienne !
Bonne année aux magistrats que Sa Majesté assimile aux esclaves qui refusent Systématiquement de s’affranchir. Il faudra beaucoup de courage et de dextérité aux cinq sages pour se sortir du piège tendu par Laye Njombar* comme disait Senghor. Les indemnités colossales (cinq millions) vont avec la patate chaude du troisième mandat, celui de trop. En tout cas, le Peuple, debout comme un seul Homme, vous écoute et vous dit « ku ñuy jiiñ ndëmm, deesula fekk ngay socoo yeelu liir ».
Bonne année à tous ceux qui prennent leurs plumes et qui travaillent inlassablement à l’émergence du citoyen nouveau, à cette icône capable d’en découdre avec les fossoyeurs de sa liberté et de son épanouissement global ; à ceux qui nous accompagnent par leurs écrits dans nos efforts de survie, dans notre quête d’une nouvelle citoyenneté seule gage d’un SENEGAL émergent et réellement démocratique ; à ceux qui nous envoie quotidiennement la bonne parole, cette angélique parole qui éduque, enseigne et informe ; bref ce verbe qui fait mûrir et grandir.
Bonne année à Mody Niang, à Latif Coulibaly, à Mandiaye Gaye et les autres…..
Bonne année à tous !
Amadou Fall Enseignant à GUINGUINEO
TEL : 775457544/766887279
Zemaria64@yahoo.fr/zemazia64@hotmail.fr




Vendredi 30 Décembre 2011
amadou fall




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