BURUNDI : Comment faire face au génocide rampant ?

Le Président burundais, Pierre Nkurunziza, se dit chargé d'une mission divine ! Voici ce que lui sert le Haut Commissaire aux Droits de l'Homme des Nations Unies : "Il est désormais tout à fait clair qu’une enquête indépendante, approfondie, crédible et impartiale est nécessaire sans délai", dans un communiqué reçu par ContinentPremier.


Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a averti, ce vendredi 15 janvier 2015, que de nouvelles tendances très préoccupantes étaient en train d’émerger au Burundi, y compris des violences sexuelles commises par des membres des forces de sécurité et une forte augmentation des disparitions forcées et des tortures. Il a aussi réclamé une enquête urgente sur les événements qui se sont déroulés à Bujumbura les 11 et 12 décembre 2015, y compris sur l’existence possible d’au moins neuf charniers.

« Les attaques du 11 décembre contre trois camps militaires et les violations des droits de l’homme à grande échelle qui ont suivi semblent avoir déclenché des tendances nouvelles et profondément perturbantes de violations des droits de l’homme », a déclaré le Haut-Commissaire.

Zeid Ra’ad Al Hussein a déclaré que, selon de multiples témoins, de nombreuses dépouilles auraient été transportées hors des quartiers où se sont déroulées les opérations de recherche des 11-12 décembre pour être emmenées vers des lieux inconnus. De plus, a-t-il dit, des témoins ont rapporté qu’au moins neuf charniers existeraient à Bujumbura et dans ses environs, y compris un dans un camp militaire, et qu’ils contiendraient au moins 100 corps, tous de personnes qui auraient été tuées le 11 décembre 2015. 

Il a aussi été signalé que, dans certains cas, des membres des Imbonerakure auraient forcé des personnes à creuser des fosses, soit sous la menace d’être elles-mêmes exécutées, soit avec la promesse d’être payées. Des rapports indiquent aussi que certaines d’entre elles auraient ensuite été effectivement exécutées. « Mon organisation est en train d’analyser des images satellite afin d’apporter des éclaircissements sur ces allégations très graves ». « Tous les signaux d’alarme, y compris celui d’une dimension de plus en plus ethnique de la crise, sont en train de virer au rouge », a martelé Zeid Ra’ad Al Hussein, selon la même source. 

Rappelons qu'Adama Dieng, le Conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la prévention du génocide, confiait, en marge de la tenue d'une session spéciale sur le Burundi, être « très inquiet de la manipulation de l’ethnicité à la fois par le gouvernement et l’opposition », dans le but de dresser hutus et tutsis les uns contre les autres. Dans un entretien accordé à Alpha Diallo de la Radio des Nations-Unies, à Genève, Adama Dieng plus que préoccupé, ne mâchait pas ses mots : " les discours de haine et la rhétorique utilisés actuellement au Burundi ressemblaient à ceux observés au Rwanda voisin avant le génocide de 1994".

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, directeur du Magazine panafricain en ligne www.ContinentPremier.Com
Vendredi 15 Janvier 2016
Dakaractu




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