BURKINA FASO - Du palais de Kosyam à la Haute Cour de justice : Blaise Compaoré en 12 dates

Le procès de Blaise Compaoré et de son gouvernement s’ouvre jeudi 27 avril devant la Haute Cour de justice de Ouagadougou. Les 32 ministres et l’ancien chef d'Etat sont poursuivis pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire qui avait conduit à la chute du régime. Retour sur l'itinéraire de l’ancien homme fort du Bukina Faso.


1951 : Naissance le 3 février à Ouagadougou. Fils d’un père engagé dans l’armée française en tant que tirailleur sénégalais et d’une mère femme au foyer, le jeune Blaise rêve du métier des armes.

1973 : Admission à l’Ecole militaire inter-armées du Cameroun où il effectue sa formation de futur gradé, ponctuée de stages professionnels dans des écoles militaires en Europe et en Afrique.

1978-1983 : Début de la carrière militaire de Compaoré au sein de la Compagnie d’intervention aéroportée de Bobo-Dioulasso d’abord, puis comme patron de la direction du Centre national d’entraînement commando de Pô où il succède à un certain… Thomas Sankara.

1983 : Soulèvement d’une faction de l’armée avec à sa tête Boukari Lingani, Henri Zongo et Blaise Compaoré contre le gouvernement militaire au pouvoir à Ouagadougou depuis la démission en 1966 de Maurice Yaméogo, qui fut le premier président du pays après l’indépendance. Mise en place d’un Conseil national de la révolution dirigé par le capitaine Thomas Sankara. Blaise Compaoré et Thomas Sankara, qui s’étaient liés d’amitié lors d’un stage d’instructeur parachutiste à Rabat en 1978, sont à l’origine d’un Mouvement des jeunes officiers radicaux au sein de l’armée. Ils veulent promouvoir « l’édification de l’Etat de démocratie populaire ».

1987 : Coup d’Etat de Blaise Compaoré et assassinat de Sankara. Ce dernier est accusé par son ancien compère d’avoir voulu donner une direction élitiste à la révolution. Début du « processus de rectification » impulsé par Blaise Compaoré, désormais l’homme fort du pays.

1991 : Adoption par le Burkina Faso, à la suite du discours de la Baule de François Mitterrand, d’une nouvelle Constitution instaurant le multipartisme. Fin du régime militaire et élection à la présidence de Blaise Compaoré lors d’un scrutin au suffrage universel boycotté par l’opposition.

1997 : Victoire écrasante aux législatives du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), formation créée par Blaise Compaoré pour garder sa mainmise sur la vie politique du pays.

1998 : Eclatement d’une grave crise sociale, suite à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo qui enquêtait sur la mort dans des circonstances mystérieuses du chauffeur du frère cadet de Compaoré. Ambiance quasi insurrectionnelle à travers le pays provoquée par « l’affaire Zongo ».

2002 : Blaise Compaoré, médiateur ou déstabilisateur ? Ses ingérences dans les affaires intérieures des pays de l’Afrique de l’Ouest sont pointées par les médias qui signalent le rôle trouble du Burkina dans sept crises ouest-africaines : au Liberia, en Sierra Leone, au Niger, au Togo, en Côte d’Ivoire et au Mali. Le gouvernement de Laurent Gbagbo accuse ainsi le président burkinabè d’avoir déstabilisé la Côte d’Ivoire en finançant une rébellion dans le nord du pays qui finira par amener au pouvoir l'actuel président Alassane Ouattara, avec l'aide de la France.

2011 : Escalade de violences, suite à des mutineries et manifestations populaires, forçant le président à quitter momentanément la capitale.

2014 : Annonce en octobre d’un projet de révision constitutionnelle, qui aurait permis à Blaise Compaoré de se représenter à la présidentielle en 2015 pour un cinquième mandat. Elle plonge le pays dans une nouvelle phase de violences, avec l’Assemblée nationale incendiée et la télévision publique prise d’assaut par la population refusant « un président à vie ». Effondrement du régime, suite à la démission et la fuite à l’étranger du président Compaoré. Selon l’expert indépendant ouest-africain Gilles Yabi, le Burkina Faso sous Blaise Compaoré était devenu un allié important de l’Occident dans la région, mais « la France comme les Etats-Unis (avaient) assez clairement donné le signal qu’ils ne le soutiendraient pas » s’il s’obstinait à rester au pouvoir contre la volonté populaire. En revanche, la France participe à son évacuation vers la Côte d’Ivoire où le président Ouattara accueille à bras ouverts celui qui a joué un rôle important dans son accession au pouvoir. Début de l'exil doré de la famille Compaoré à Yamoussoukro, puis à Abidjan.

2017 : Ouverture du procès à partir du 27 avril de Blaise Compaoré et son gouvernement devant la Haute Cour de Justice du Burkina Faso pour la répression de l’insurrection populaire des 30 et
31 octobre 2014, qui avait fait 33 morts et 625 blessés. Citoyen ivoirien depuis 2016, Blaise Compaoré ne peut être extradé vers son pays d’origine. 
Mercredi 26 Avril 2017
Dakaractu




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