BURKINA FASO : Début du procès ministère public et CBAO contre Zongo Hamidou et 13 autres inculpés


Au Burkina, le procès ministère public et CBAO contre Zongo Hamidou et 13 autres inculpés pour complicité de falsification de documents informatisés, de complicité d’escroquerie et de recel, a entamé sa quatrième audience jeudi 29 juin 2017.
Après de longues et interminables heures de plaidoiries des avocats de la partie civile et de la défense et de la réquisition du parquet, c’est à 1h 15 minutes ce vendredi 30 juin que le tribunal a clos les débats.
Le délibéré a été renvoyé au vendredi 21 juillet prochain. Compte tenu du manque de salle et des vacances judiciaires qui démarrent ce samedi 1 juillet, le tribunal correctionnel de Ouagadougou voulait évacuer les débats de cette affaire ce jeudi 29 juin 2017.
Volonté qui a amené les différentes parties à continuer les débats, débutés à 8 heures, jusqu’à 1 h 15 du matin de ce vendredi. Après l’écoute d’un témoin, le tribunal a donné la parole aux avocats pour leurs plaidoiries et au parquet pour sa réquisition.
Les avocats de la banque constituée partie civile ont démarré l’étape des plaidoiries. Me Pros- per Farama et Me Issa Diallo ont tour à tour tenté de démontrer la culpabilité des 14 prévenus. Pour ces derniers, il y aurait assez d’éléments dans le dossier qui prouvent que les accusés sont effectivement coupables des faits à eux reprochés à savoir la complicité de falsification de documents informatisés, la complicité d’escroquerie et de recel. Pour cela donc, au plan pénal ils ont demandé au tribunal de suivre la requête du procureur.
Sur le plan civil, ils ont demandé la somme de 250 millions de F CFA à payer solidairement entre les accusés pour le préjudice subi par la banque. Ils ont aussi réclamé le payement de 10 millions au titre du remboursement des frais engendrés par le procès et le remboursement des différentes sommes déjà retirées dans les comptes CBAO par les prévenus.
A la suite de la partie civile, le tribunal a donné la parole au procureur du Faso pour sa réquisition. Pour ce dernier, les accusés « sont tous coupables » au regard des preuves et du dé- roulé des faits. Par conséquent, estimant que les faits « sont assez graves », il a requis 5 ans de prison ferme contre chacun des accusés et une amende de 1,5 million de FCFA par personne. A l’issue de cela, place a été donnée aux avocats des prévenus pour leur plaidoiries.
Débutée vers 17 heures, c’est à 00h 32 qu’ont pris fin les différentes plaidoiries des conseils de la défense. Tour à tour, chaque avocat a tenté de démonter les arguments et les indices de l’accusation.
Pour eux, il est inadmissible que l’on puisse condamner des gens sur la simple base d’indice et sans preuve apparente. Ils ont tous demandé la relaxe de leurs clients pour infraction non constituée pour certains et pour bénéfice du doute pour d’autres. Aussi, certains avocats ont demandé le sursis au cas où le tribunal viendrait « malgré tout » à reconnaitre la culpabilité de leurs clients.
En sus, Me Mamadou Keïta, l’un des avocats de Sayouba Zidwemba allias Will Télécom, a de- mandé au tribunal le rejet de la constitution de partie civile de la banque CBAO car ladite banque a déjà entamé une procédure au niveau de tribunal de commerce.
A l’issue des plaidoiries de la défense, le tribunal a écouté individuellement chaque prévenu. Ils ont une fois de plus clamé leur innocence tout en demandant aux trois juges de les acquitter afin qu’ils reprennent leurs activités restées en suspens depuis leur incarcération à la maison d’arrêt depuis quatre mois.
Après l’écoute des différents accusés, le tribunal a décidé de renvoyer le délibéré pour le vendredi 21 juillet prochain. C’est à cette date donc que l’ensemble des prévenus seront situés sur leur sort. L’audience a été levée à une 1 heures 15 ce vendredi.
Me Issa Diallo, avocat de la banque, espère que la culpabilité des prévenus sera reconnue par le tribunal à cette date : « Je suis pour le fait qu’on les retienne dans les liens de la prévention en les déclarant coupable en les condamnant. C’est le tribunal qui décide de la peine souverainement et je souhaite qu’ils soient condamnés ».
Pour Me Christophe Birba, l’un des avocats de la défense, aucun élément apporté, tant par le parquet que la partie civile, ne prouve la culpabilité des prévenus. Par conséquent, il espère que le 21 juillet prochain, ils seront relaxés pour infractions non constituées : « Nous pensons très humblement avoir démonté les indices que l’accusation avait apporté pour soutenir que les infractions reprochées étaient constituées. Nous sommes confiants et nous espérons que le 21 juillet 2017, ils vont regagner leurs familles ».
Mercredi 5 Juillet 2017
Dakaractu



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