BASSIN DU LAC TCHAD : LES DIRIGEANTS AFRICAINS VEULENT "RÉORIENTER LES ACTIONS" ANTITERRORISTES


BASSIN DU LAC TCHAD : LES DIRIGEANTS AFRICAINS VEULENT "RÉORIENTER LES ACTIONS" ANTITERRORISTES
Les chefs d’Etat des pays africains engagés dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram ont décidé, samedi, à Abuja, de "réorienter les actions futures contre le terrorisme dans le continent, notamment autour du bassin du lac Tchad".
Réunis dans la capitale fédérale nigériane pour un sommet régional sur la sécurité en Afrique, ils ont réaffirmé leur engagement à "travailler ensemble, par la coopération régionale (…) pour venir à bout de la secte islamiste la plus meurtrière".
Les chefs d’Etat ont profité de cette rencontre pour évaluer les actions menées à la suite du sommet tenu à Paris il y a deux ans.
"Comme résultats du premier sommet de Paris, nous nous sommes engagés à combattre Boko Haram. Aujourd’hui, nous voila réunis à Abuja pour sûrement évaluer le chemin parcouru et naturellement envisager les perspectives sous un autre prisme", a dit le chef d’Etat tchadien Idriss Déby.
"Boko Haram reste le [groupe le] plus meurtrier, le plus criminel que l’Afrique a connu", a dit M. Déby, dont le pays fait partie des plus touchés par les attaques du groupe djihadiste.
Il dit se réjouir des résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme dans la région, tout en affirmant ne pas être dans un "un optimisme excessif".
"Le coût d’une guerre est très élevé. Et les Etats seuls du lac Tchad et le Bénin ne peuvent pas supporter le financement" de la lutte contre Boko Haram, a souligné le président tchadien.
"La capacité de nuisance de Boko Haram est réduite même si la menace demeure", a-t-il ajouté.
Ses homologues du Cameroun, de la France, du Gabon, du Niger, du Nigeria et du Sénégal, qui participaient au sommet sur la sécurité, ont eux aussi réaffirmé leur volonté d’anéantir le groupe Boko Haram.
"Nous sommes astreints à plus de vigilance, à plus d’engagement et de sacrifices", a lancé le président nigérian, Muhammadu Buhari, l’hôte du sommet régional.
"Le déplacement de dizaines de milliers de populations riveraines, la déstructuration massive de leurs moyens de subsistance, du tissu économique et financier des Etats, les conséquences environnementales sur le lac Tchad sont autant de défis à relever", a affirmé M. Buhari.
La Chine, la Commission européenne, la France et le Royaume-Uni ont fait part de leur volonté de "rendre pérennes les rencontres de concertation entre les responsables de défense" des pays concernés par la menace terroriste.
Représentés au sommet d’Abuja, ils ont ensemble manifesté le désir d’"établir des passerelles pour la circulation des informations et des renseignements, la mise en place d’une force multinationale mixte".
Ils ont pris l’engagement avec les dirigeants africains d’avoir une "coopération forte", d’apporter "un soutien financier plus significatif" et de mener "des actions plus concertées pour venir à bout de Boko Haram".
Le premier sommet sur la sécurité en Afrique, tenu en mai 2014 à Paris, a permis de faire "des progrès significatifs dans le démantèlement du dispositif opérationnel du groupe Boko Haram", affirment les partenaires.
Basé au Nigeria, ce groupe armé islamiste commet de nombreuses attaques meurtrières dans ce pays depuis 2009.
Il a ensuite étendu ses exactions au Cameroun, au Niger et au Tchad. Ces pays dits du Bassin du lac Tchad ont décidé, avec le soutien du Bénin, de constituer une force multinationale pour anéantir Boko Haram.
Depuis près d’un an, les attaques de ce groupe armé se réclamant de l’islam sont devenues sporadiques. Il détient encore quelque 200 filles enlevées dans un lycée du nord du Nigeria, où il a ses bases.
ADL/ESF
Dimanche 15 Mai 2016
Dakaractu




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