Au Pouvoir, vouloir n’est pas… pouvoir De quoi demain sera fait pour le Pouvoir ?


Au Pouvoir, vouloir n’est pas… pouvoir  De quoi demain sera fait pour le Pouvoir ?
C’est un paradoxe que de tenir le pouvoir sans vraiment…pouvoir. Macky Sall et ses proches l’ont appris hier, à leurs dépens. Face à un vieux renard politique que Senghor à juste titre avait surnommé ''Laye Niombor'', Macky qui ne maîtrise pas le ''Maquis politique'' a commis beaucoup d'erreurs communicationnelles, stratégiques et même d’appréciations. Wade qui a tenu le pouvoir, tout en voulant...y rester, ou le léguer à son fils, mais sans pouvoir, le moins que le puisse dire renaît de ses cendres, galvanisé par cette mobilisation monstre ayant marqué son retour hier.
Comment gérer ‘’le retour d’un Wade’’ : Ces cas d’école sous Diouf.
Cette mobilisation pourtant n’est pas un coup d’essai ou du hasard, mais bien un domaine qu’il (Wade) maîtrise à souhait et ceux qui comme Diouf le successeur de Senghor le connaissent, savaient plus ou moins comment ‘’gérer’’ leur principal opposant. Deux rappels, pour illustrer ces propos, pourront édifier sur ces erreurs du Pouvoir. Abdou Diouf, alors que Wade de retour d’un long séjour voulait un retour triomphal, n’a laissé faire aucun tintamarre autour de sa venue, l’a accueilli (ou plutôt fait accueillir) par des éléments de la Sécurité qui après ‘’accolade’’ l’ont engouffré dans une voiture banalisé, pour illico presto, le ramener à son domicile. Certes le paysage médiatique était moins fourni en ce moment que de nos jours, mais c’est plutôt le fait d’avoir banalisé sa venue pour mieux le ‘’piéger’’ qui a fait bruire les chaumières et autres lieux de causerie. Et après rigolades, les commentaires tournaient autour ces mots : « Diouf Say-Say la (Diouf est un espiègle politique), mais en politique, il faut des fois être espiègle ». Après que la démocratie se soit raffermie et la naissance d’autres médias et supports médiatiques, pareillement ‘’coup’’ n’étant plus possible, quand l’histoire a voulu bégayer, Diouf changeant de stratégie, a laissé Wade prendre son bain de foule en plein jour. Le lendemain, il ne restait que le bruissement des commentaires. Wade l’a rappelé hier. Malheureusement pour Diouf, en 2000, lui qui tenait le Pouvoir avait la volonté de Vouloir rester...sans pouvoir.
Ces erreurs d’appréciation ou de communication du régime et de ses alliés
Dès l’annonce officielle ou officieuse d’un jugement de Karim, Me Wade avait annoncé son retour et déroulé sa stratégie de médiatisation sans aucune réaction de l’APR ou de ses alliés. Pas un jour depuis ne s’est passé sans que journaux, radios et télévisions n’en parlent, pendant que le Pouvoir et ses alliés semblaient subitement aphones. Pourtant des leviers ou canaux, pour rappeler au peuple le pourquoi son choix était là avec des images, paroles et faits ayant entachés lourdement l’alternance, et même le pourquoi de ce retour annoncé. Mais rien. Dès lors, libre cours était laissé à Wade de peaufiner, jouer et perdre (relire Dakaractu), puis rebondir pour une mobilisation monstre de son retour. Les images parlent d’elles-mêmes.
De quoi demain sera fait pour le Pouvoir ?
Il est indéniable que le retour de Wade aura eu le mérite de faire resurgir certaines figures de ‘’l’ancien PDS’’ mais aussi de redonner du courage à certains militants déroutés ou à court de financement. Le Sénégalais, fatigué, ‘’conjoncturé’’ est en perpétuel changement de choix, voire même versatile. La chanson du duo ‘’Pape et Cheikh’’ dénommée ‘’Gorgui doyalouniou’’ (traduite approximativement ‘’Wade, tu nous manques’’) semblait comme avoir été conçue pour ce jour du retour. Idrissa Seck à coup sûr réserve à Macky une lourde armada pour les élections locales. Il est depuis plus d’un an, un allié de moins parmi ceux qui ont aidé à faire déguerpir Wade. Le Wade qui soit dit en passant, avait en 2007 assombri son destin présidentiel. Car Idy alors tout puissant numéro 2 du PDS au Pouvoir, avait clairement exprimé son Vouloir d'être 4é Président...sans malheureusement pouvoir.
Dans sa propre coalition (bizarrement muette, exceptée Macky 2012), des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer une boulimie de l’APR, qui paradoxalement a besoin de savoir combien elle pèse en dehors de ses 65% voix récoltés durant la présidentielle, dont elle se leurre inutilement. Car son poids le plus sûr est celui qui l'amené au second tour, un peu plus de 25%. Seul Niasse reste son plus sûr soutien, mais n'a aucun intérêt à laisser végéter son parti ou le laisser en décrépitude
Autant de faits qui nous poussent à nous poser cette question. Face à Idy, Wade et même à sa propre coalition, de quoi ‘’demain’’ sera-t-il fait pour Macky et l’APR ? Demain… le jour des élections locales. Ces élections locales qui en 2009 avaient plaçé Me Wade sur la trajectoire de son départ du pouvoir. Décidément, il semble se préciser que c'est quand on tient les gouvernails d'une Nation qu'on est édifié que Vouloir n'est vraiment pas… Pouvoir !
Samedi 26 Avril 2014




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