Attentats de Paris : un des tireurs identifié

Selon les premiers éléments de l'enquête, le sang-froid des assaillants prouve que ce sont des professionnels entraînés. Ils auraient le profil de djihadistes revenus des zones de combat.


Depuis vendredi soir, la fine fleur de la police française est lancée dans une enquête hors norme pour identifier les auteurs des attentats multiples qui ont, selon un dernier bilan, fait 128 morts et 300 blessés dont 80 dans un état critique.
Par ailleurs, une traque est menée pour retrouver les éventuels complices et des co-auteurs des terroristes abattus. Dès vendredi soir, le procureur de la République de Paris François Molins n'avait pas écarté cette hypothèse. Selon une source informée, au moins une dizaine de suspects seraient activement recherchés dans Paris, tandis que des opérations se seraient intensifiées dans certains secteurs de la couronne parisienne, notamment les Hauts-de-Seine, les Yvelines ou encore la Seine-Saint-Denis.
Un lien entre un homme arrêté en Allemagne la semaine dernière en possession d'armes automatiques et d'explosifs et les attentats de Paris est «fondé», a assuré samedi le ministre-président de Bavière, Horst Seehofer. Le suspect viendrait du Montenegro et aurait gardé le silence lors de sa garde à vue, sans prendre d'avocat pour se défendre.

Un incroyable sang-froid

Les policiers en sont persuadés : les islamistes qui ont déclenché l'apocalypse au nom de Daech qui a revendiqué les attentats ayant ensanglanté Paris et les abords du stade de France sont des professionnels, très coordonnés, agissant avec des méthodes commando et un incroyable sang-froid. En clair, le profil de jeunes vétérans revenus des zones de combat.
«Ce n'était pas des personnes qui ont découvert hier le maniement des armes de guerre. C'était des hommes extrêmement déterminés, qui rechargeaient méthodiquement leurs fusils d'assaut. Sans états d'âme», a raconté Julien Pearce, un journaliste d'Europe 1 qui se trouvait au Bataclan et a décrit un des assaillants comme «une machine à tuer», qui «abattait méthodiquement les gens à terre». Une source policière a révélé samedi matin qu'un passeport syrien a été retrouvé, aux abords du stade de France, sur le cadavre d'un des assaillants.

2200 enquêteurs, une centaine de témoins

Alors que l'unité de coordination de lutte antiterroriste a été mise en alerte maximale, la direction de la PJ parisienne au 36 quai des Orfèvres a rappelé les 2200 limiers qui la composent. Pour chacune des six scènes de crime, une méthodologie de travail spécifique a été mise en place. Sous la houlette d'un groupe de la section antiterroriste de la brigade criminelle, saisie de l'enquête aux côtés de la Direction générale de la sécurité intérieure, des policiers des districts territoriaux affectés dans les arrondissements mais aussi la proche couronne se livrent aux constatations, aux auditions de témoins et recueillent les bandes de vidéosurveillance des banques et des commerces environnants. Depuis plus de quinze heures, les experts de l'identité judiciaire tentent de prélever dans les bains de sang des échantillons biologiques ainsi que des traces papillaires permettant d'identifier les auteurs. Un des tueurs, un Français a priori connu des services, a été identifié selon des sources concordantes, grâce à ses empreintes digitales de la salle de spectacle.
Les artificiers du laboratoire central de la préfecture de police exploitent de leur côté les armes de guerre de type kalachnikov retrouvées aux côtés des quatre terroristes neutralisés par la Brigade de recherche et d'intervention (Bri) au Bataclan. Par ailleurs, des résidus d'explosifs utilisés dans les ceintures de kamikazes sont recherchés en vue d'analyses. Les restes des corps des kamikazes qui se sont faits exploser boulevard Voltaire, au Bataclan et au Stade de France, devaient quant à eux être ramenés à l'Institut médico-légal (IML).
Une centaine de témoins impliqué dans le carnage du Bataclan ont défilé dans la nuit de vendredi à samedi au Quai des Orfèvres pour être entendu par les hommes des Brigades centrales en charge de la répression du banditisme, du proxénétisme, des trafics de stupéfiants ou encore de la protection des mineurs.
De leur côté, les services de renseignements tournent à plein régime pour passer au crible les «cibles» djihadistes placés dans leurs fichiers, soit notamment 1700 individus particulièrement venimeux pris en compte par la DGSI et quelque 2000 radicaux potentiels suivi par le service central du renseignement territorial.
Samedi 14 Novembre 2015
Dakaractu




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