Attentat à Gao : Un nouveau bilan fait état de 60 morts

Un véhicule a explosé ce mercredi dans un camp militaire de Gao, dans le nord du Mali, faisant des dizaines de victimes. Le camp abrite des membres de divers groupes armés, qui effectuent ensemble des patrouilles mixtes dans la ville, en vertu d’un accord de paix soutenu par les Nations unies.


En visant le Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Gao, les assaillants d’al-Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) qui ont revendiqué l’attentat hier soir, ont directement visé, mercredi matin, le mécanisme de paix dans le nord du Mali.

L’attaque, à la voiture piégée (le véhicule était peint aux couleurs du MOC, selon des rescapés) a eu lieu à l’intérieur du camp où étaient rassemblés des éléments de la CMA et de la Plateforme, les deux groupes armés associés à ce mécanisme. Les miliciens étaient rassemblés pour la cérémonie du lever des couleurs avant leur départ en patrouille. Ce camp accueille 600 personnes.

Selon des sources onusiennes, l’attaque a fait au moins 60 morts et des dizaines de blessés. "C’est une boucherie", a commenté un responsable de la MINUSMA (mission onusienne au Mali) joint par téléphone. Pour sa part, le gouvernement a annoncé 47 morts dont 5 kamikazes. L’attaque aurait aussi fait 115 blessés. Un deuil national de trois jours a été décrété par le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.

Le camp français n’a pas été touché, a précisé l’EMA à Paris. La force Barkhane va apporter une assistance aux forces armées maliennes et à la MINUSMA en prenant en charge des blessés à son hôpital de Gao (role 2).

Cette attaque intervient alors que Paris envisage de proposer au Conseil de sécurité de l'Onu une résolution qui sanctionnerait ceux qui, au Mali, entravent la mise en oeuvre de l’accord de paix.

Processus de paix

Le MOC est chargé de planifier et de conduire les patrouilles mixtes incluant proportionnellement des éléments des FDSM, des éléments de la CMA et de la Plateforme avec, si nécessaire et si possible, l’appui de la MINUSMA et des forces internationales en présence. Les patrouilles conjointes ont redémarré la semaine dernièreaprès plusieurs semaines de blocage.

Ce mécanisme a été créé sous l’égide de la Commission Technique de Sécurité (CTS), selon les dispositions de l’accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger.

Le MOC conduit le redéploiement progressif des Forces de Défense et de Sécurité du Mali (FDSM) dans l’ensemble des régions du Nord. Ces forces redéployées intègrent un nombre significatif de personnes originaires des régions du Nord, y compris dans le commandement.

Fin novembre, la plate-forme de Gao avait déjà été visée par un attentat, également revendiqué par Aqmi, avec deux véhicules piégés. Ces VBIED bourrés d’explosifs visaient les infrastructures onusiennes.

ouest-france
Mercredi 18 Janvier 2017
Dakaractu




Dans la même rubrique :