Assises de l’Entreprise : Le lapsus de Baïdy Agne


Assises de l’Entreprise : Le lapsus de Baïdy Agne
Hier, dans son discours kilométrique à l'occasion de l'ouverture des assises de l'Entreprise, Baïdy Agne, le Président du Conseil national du patronat (Cnp) s'est emmêlé les pinceaux. Certainement tenaillé par la longueur de son discours, Baïdy Agne a confondu chef d'entreprise et chef d'Etat. Voici ce qu'il a dit : « Mon combat, et je sais que vous y êtes sensible, est qu’aucun Chef d’entreprise ne puisse faire l’objet d’un mandat de dépôt. Ce plaidoyer n’entache en rien que le droit soit dit ensuite par le juge. Nous devons mettre fin à la correctionnalisation des « affaires purement commerciales » qui ont pour conséquence l’emprisonnement abusif de chefs d'Etat » (comprenez qu'il voulait dire chefs d’entreprise). Eh bien ! Ce lapsus a vraiment égayé l'atmosphère dans la salle, étant donné que beaucoup de participants s'ennuyaient déjà. Mais Baïdy Agne tout souriant s'est empressé de préciser : « j'ai bien dit chef d'entreprise ».
Mais le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne qui a le sens de la formule de lui lancer : « Le mandat de dépôt des chefs d’entreprise. J’ai bien entendu le sens de votre plaidoyer. Le Sénégal est un Etat de droit. J’ai saisi le Garde des sceaux, ministre de la Justice, sur cette question de la correctionnalisation des affaires purement commerciales. Nous y apporterons un traitement approprié », a rassuré le Pm. Et ce n'est pas tout. Il a aussi annoncé de bonnes nouvelles. « Vous avez récemment entendu parler d'une signature à Johannesburg en marge du forum Chine-Afrique pour prêter 200 milliards de francs Cfa à l'Etat. En réalité, il s'agit d'un tronçon d'autoroute Aibd- Thiès, mais également des autoroutes numériques que nous allons mettre en place. De la fibre optique que nous allons mettre en place dans ce pays »
Mardi 15 Décembre 2015
Dakar actu




1.Posté par Souleymane Faye le 15/12/2015 09:45
La prise en otage du Sénégal par des procureurs trop « procurés »

Le sens étymologique du mot Procureur vient du verbe latin Procurare qui veut dire administrer ou mieux, prendre soin de…le cura prenant sons nouveau sens voulant dire curatif. Dans le minimum de logique, on peut diviser le mot procureur en deux, pro et cureur. Le pro montrant l’aspect avant- gardiste et prévisionnel que doit avoir un procureur, et le cureur pour l’aspect conciliant, guérissant et trouveur de solutions que doit avoir un procureur.

Je sais que beaucoup de personnes sont surpris en lisant cet article, mais c’est hélas la vérité. Des tonnes de questions se posent de Dakar, comme dans les salons VIP des aéroports du monde, en région comme dans toutes les capitales où se trouvent les immigrés sénégalais. Le plus grave est que ce sont les étrangers de notre cher pays de la teranga qui se posent le plus de questions. Comment en sommes-nous arrivés là, à qui la faute? et quels sont les dangers d’un tel fonctionnement dans un pays en voie de développement comme le Sénégal?

Il serait trop prétentieux de ma part de vouloir disserter ou situer les fautes sur comment nous en sommes arrivés là, mais il m’est quand même simple de réaliser que cette fonction était peu ou presque inconnue de nos parents de l’époque du président Senghor jusqu’à la fin du règne d’Abdou Diouf. Ce n’est qu’à partir du Président Abdoulaye Wade que cette fonction a évolué en ce que nous en connaissons aujourd’hui.

La justice de notre pays a connu et continue à connaitre des éminents procureurs, dont les vertus sont connues et appréciées au niveau international, mais nous en sommes arrivés à un point où beaucoup de nos procureurs ont une médiocrité qui dépasse tout entendement dû à leur pouvoir excessif. La loi est appliquée à leurs guises et les déferrements faits sous leurs demandes et sous des pressions incroyables. Personne n’ose en parler de peur de subir leurs représailles. On ne sait par quelle magie ils sont devenus tous puissants et sans aucun système n’est sensé les surveiller. Vous savez, il y’a un proverbe français qui dit « qui vole un œuf, vole un bœuf », soyez rassurés, je ne veux pas dire qu’un procureur peut voler parce que c’est en principe impossible. Mais celui qui a le courage, la capacité et le pouvoir de mettre un petit innocent en prison peut en mettre un grand.

Prenons le cas de certains chefs d’entreprises ou grands commerçants qui ont été mis en prison préventive comme ils le disent, le tribunal du commerce au Sénégal n’a jamais eu à faire son travail, ce sont nos procureurs normaux des tribunaux régionaux ou départementaux qui s’auto saisissent, chose qui est anormal dans la mesure où tout ce qui est de transactions commerciales est civil et doit être régi par le tribunal du commerce. MAIS OU EST-IL et Pourquoi laisse-t-il les autres procureurs monter au créneau à sa place ? Y’a-t-il quelle chose qu’on cache aux sénégalais ?

Les sénégalais sont conscients et convaincus que ces procureurs, même hors de leur juridiction originelle ont surement des raisons valables de vouloir mettre ces gens en prison s’ils sont présumés avoir commis des infractions. Mais ils sont convaincus aussi que les chefs d’entreprises doivent bénéficier de circonstances atténuantes du fait que leurs vies soient étroitement liées à d’autres qui pourraient pâtir de toute décision. C’est ainsi que dans leur fougue et jeunesse, ils envoient en prison, sans conditions, explications, ni possibilité de préserver sa dignité et son entreprise, des patrons qui embauchent des dizaines, parfois des centaines d’employés, et surtout sans se soucier du futur de l’entreprise sans leur patron, ni de comment vont finir les employés futurs chômeurs. Même si ces excès de pouvoir visibles dans ce cas-ci sont moins graves par rapport aux autres cas que je ne préfère pas discuter aujourd’hui, les conséquences sur notre pays sont drastiques.

Ce fléau juridique ne se voit qu’au Sénégal pour le moment et il est en train d’embraser tout le pays à un point qu’il affecte sérieusement notre pays au niveau économique alors que dans l’aveuglement et la peur de dénoncer ces choses, les gens disent « deuk bi daffa Macky », quelle désolation et manque d’honnêteté intellectuelle !!! Dans certains cas c’est de l’ignorance totale. Nous sénégalais devons nous rendre à l’évidence qu’une bonne partie des patrons de notre pays (sénégalais comme étrangers), aussi petits soient-ils, sont en prison pendant que les autres, pris de peur et se sentant menacés ont fui, leurs sociétés fermées et leurs employés dans la galère. Ces patrons payaient des salaires (aux employés qui sont des pères et des mères de familles), des loyers (aux propriétaires des locaux), des taxes et impôts (à l’état), plus les IPRES et Sécurité sociales et autres charges incompressibles d’une entreprise en plein fonctionnement.

Cette manne financière dont bénéficiait le pays en fonctionnement normal ne sera plus disponible parce que les créateurs d’emplois sont emprisonnés ou en fuite alors que ces procureurs continuent à percevoir leurs salaires qui, ironiquement provenaient des impôts, TVA, autres taxes et douanes etc…payés par les contribuables (patrons et employés ensemble). Etant donné que ces procureurs ne se rendent même pas compte des dégâts qu’ils sont en train de causer ni de la sale réputation en affaires qu’ils sont en train de donner à notre pays, il est temps que le Président de la république prenne ses responsabilités et que des investigations secrètes soient faites afin de situer les problèmes au niveau de notre justice boulimique en pouvoir et en indépendance. Mais dans un premier temps, pour relancer l’économie du Sénégal et faire revenir les investisseurs chez nous, sans crainte, réhabilitez le tribunal du commerce dans tous ses droits et vous verrez tous les businessmen d’Abidjan, et du restant de la sous-région, jusqu’en Europe et aux USA venir investir en toute sécurité et tous ceux qui ont fui reviendront.
1- Notre justice nous prouve qu’elle n’a pas encore atteint ce niveau de maturité ou on peut la laisser agir toute seule et n’importe comment.
2- Souvenez-vous Mr le Président de la République que dès que les choses ne vont pas bien dans ce pays, vous êtes le premier accusé.
3- C’est avec la même vitesse que ces procureurs décident de donner un coup dans l’économie de notre pays, sans sourciller, que vous Mr le Président de la République devez décider de leurs sorts.

Vous savez Mr le Président de la République, chacun ne doit faire que ce qu’il connait, et dans son domaine de juridiction et de prédilection. La justice ne doit pas, sauf cas sérieux, se mêler des affaires civiles. Le Sénégal jusque-là était reconnu comme un pays capitaliste et de libre entreprise, et le capitalisme est un « écosystème économique » qui se gère tout seul et qui ne s’épanouie que dans son autonomie. Tout ce qui sera déplacé de force, reviendra à sa place normale en un temps record. Et il s’il n’arrive pas à revenir à sa place normale c’est la mort du système tôt ou tard, ce n’est plus qu’une question de temps. N’en arrivons pas là où nous n’avons jamais souhaité. Arrêtons l’hémorragie et retraçons une histoire plus prospère et invitante.

En conclusion c’est vous Mr le Président de la République, qui devez gérer ces procureurs avant qu’il ne soit trop tard. Dès que le problème sera réglé, tous les investisseurs se sentiront plus en sécurité pour revenir au pays et le reste s’en suivra naturellement.



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