Assemblée générale des mécaniciens de l’Ancienne piste : « On n’a pas l’autorisation de porter des armes, mais avec 1 litre de lubrifiant, on peut faire chambouler tout un pays! »

«On a un plan de riposte, mais on ne le dévoilera que le moment venu. Même si Barthélémy Dias ne cache pas ses intentions, en ce qui nous concerne, on l’attend de pied ferme. On n’a pas l’autorisation de porter des armes mais on a 1 litre de lubrifiant qui peut faire chambouler tout un pays». C’est du moins la déclaration faite par le chargé de revendications du Syndicat national des routiers du Sénégal, affilé à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cntfc), à l’issue de l’Assemblée générale des mécaniciens de l’Ancienne piste qui s’est tenue, hier.


Assemblée générale des mécaniciens de l’Ancienne piste : « On n’a pas l’autorisation de porter des armes, mais avec 1 litre de lubrifiant, on peut faire chambouler tout un pays! »
C'est un tollé de menaces et d'avertissements qui sont sortis de l’Assemblée générale des mécaniciens de l’Ancienne piste qui a eu lieu, hier, dans la capitale sénégalaise.
En effet, depuis la descente du maire de la commune de Mermoz-Sacré-Cœur sur les lieux, pour leur apprendre leur déguerpissement d’ici au 10 janvier, les mécaniciens ne dorment plus à tête reposée. C’est tantôt des réunions internes ou des Assemblées générales.
Ainsi, les plans de riposte vont bon train depuis que Barthélémy Dias a maintenu sa décision de les faire partir non sans promettre de tout brûler en cas de résistance. Ce qui a le don d’énerver le chargé de revendications du Syndicat national des routiers du Sénégal affilé à la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cntfc).
«Barthélémy Dias est venu ici. Il n’a donné aucune sommation. Il est uniquement venu pour dire qu’il avait besoin du terrain, qu’il a un titre foncier. Il faut qu’il nous montre des papiers», signale El Hadji Mansour Ndir d’emblée.
Et d’expliquer que le terrain en question avait été offert par l’ancien maire de Dakar, Mamadou Diop. «Barthélémy Dias ne sait pas les conditions par lesquelles nous sommes entrés ici, donc il ne peut pas se lever du jour au lendemain pour nous faire partir. Il a l’habitude de sortir son revolver partout où il passe, il a tiré deux balles en l’air quand il est venu ici. Il faut que ça cesse, nous lui transmettons ce message pour lui faire savoir que ce n’est pas en tirant des balles qu’il va résoudre le problème. Autrement, qu’il sache qu’on a pas l’autorisation de porter des armes mais on a 1 litre de lubrifiant qui peut faire chambouler tout un pays», menacer M. Ndir, ajoutant que l’ultimatum donné par le responsable socialiste sonnera plutôt sa fin.
Pour ce qui est du dédommagement de 60 millions FCfa, le chargé de revendication du syndicat des routiers de dire : «Il n’a qu’à prouver à qui il les a remis, qu’il sorte la décharge. Il raconte du n’importe quoi. On a un plan de riposte, mais on ne le dévoilera que le moment venu. Même si Barthélémy Dias ne cache pas ses intentions, en ce qui nous concerne, nous dirons rien de ce qu’on lui prépare. Il dit qu’il va revenir, on l’attend de pied ferme», fait-il savoir.
Toutefois, il ne manque de souligner qu’ils ne refusent pas de sortir mais que tout doit se passer dans les règles de l’art. «Quelqu’un qui a fait ici 23 voire 25 ans ne peut pas se lever un bon jour pour ensuite se retrouver dans la rue. Ce n’est pas possible. Beaucoup d’entre nous qui disposons d’ateliers, avons appris le métier ici», tempère-t-il.
El Hadji Mansour Ndir d’inviter l’Etat du Sénégal à réagir rapidement avant que les choses ne prennent une autre tournure, si ce n’est pas le cas déjà.
De son côté, le président de l’association des mécaniciens, Seydou Diallo, estime que le maire de Mermoz-Sacré-Cœur n’a rien d’un responsable. «Il dit qu’il y’a des prostituées ici, des fumeurs de chanvre indien. Je peux vous assurer que je suis là depuis 16 ans, la police n’a jamais débarqué ici pour chercher qui que ce soit. Ce sont des propos mal placés qu’il a tenus. Ce qui n’est pas du tout un comportement digne», peste-t-il. «Il dit qu’il a remis de l’argent aux mécaniciens. Tel n’est pas le cas. Je prends à témoin le propriétaire du terrain. Je demande à Ben en qui j’ai confiance, de parler avec Barthélémy. Parce qu’il dit des choses qu’il ne maîtrise même pas», clame-t-il.
Samedi 9 Janvier 2016
Dakaractu




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