Arrêté puis malmené par la gendarmerie mauritanienne, le rappeur Yéro Gaynako réclame un procès


Victime d’un agression « humiliante et sauvage » des éléments de la gendarmerie mauritanienne le 16 Août dernier, le rappeur Yéro Gaynaka dit Yéro Abdoulaye Sow, après avoir porté plainte devant le procureur, attend toujours son procès. Un procès qui tarde à venir. Et ce d’autant plus, explique-t-il, qu’il n’y a aucun avancement perceptible depuis le dépôt de sa plainte. 
« Je n’ai pas retiré ma plainte et je poursuivrais la procédure en dépit des lenteurs systémiques ou volontairement induites pour me décourager. Cette démarche est pour moi un moyen de mettre la justice mauritanienne devant ses responsabilités », s’engage Yéro qui rappelle que « la Mauritanie a ratifié des conventions internationales contre la torture et même mis en place un mécanisme national de prévention de la torture, mais elle est loin d'un pays où peuvent vivre aisément les défenseurs des droits humains qui se font torturer et sont victimes de menaces quotidiennes. C’est un moyen pour le pouvoir de les museler et intimider afin qu’ils renoncent à leur combat contre les violations des droits humains. La justice mauritanienne prouve au monde de jour en jour son manque d’indépendance car les dernières condamnations des militants anti-esclavagistes à des peines allant de 3 à 15 ans, sont une preuve irréfutable que nous vivons dans un pays où le régime policier veut maintenir le peuple dans la terreur. »
Il ajoutera toujours dans sa plaidoirie que « la liberté d’expression agonise dans ce pays où les médias sont contrôlés par le pouvoir exécutif et rares sont les journalistes qui osent approcher les victimes par peur d’être licenciés, à l’exemple de ma dernière intervention à l'antenne datant de plus d’une année lors de laquelle j’ai été interrompu en direct et l’animateur de l’émission chassé de la chaîne télévisée ». 
 
Ayant le soutien du FONADH, Yéro Abdoulaye Sow dit détenir un témoin clé durant sa mésaventure en la personne d’un conseiller municipal de la commune de Boghé, qui a pris le courage de témoigner à la gendarmerie de Toujinine.
 
Pour finir, il ne manquera pas de demander aux organisations nationales et internationales soucieuses du respect des droits de prendre conscience de la situation en Mauritanie qui va de mal en pis et ainsi prévenir un désastre, car si la jeunesse et les victimes n’ont plus de possibilité de s’exprimer pacifiquement et dans les marges de la loi, le pire sera à craindre. « La radicalisation peut survenir du fait que le régime politique ne répond pas aux besoins de la société », prévient Yero Abdoulaye Sow.
Mardi 20 Septembre 2016
Dakar actu



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